Il y a eu 92 dossiers de candidatures de bureaux d’architectes belges et internationaux pour la reconversion du garage Citroën Yser, le long du canal au centre de Bruxelles en mégamusée: 35000 m2, 125 millions d’euros de travaux (sans compter la TVA de 21 % et les honoraires d’architectes forfaitairement fixés à 13 % de 125 millions).

« C’est un très bon succès, on aura l’embarras du choix », commente Kristiaan Borret le Bouwmeester de Bruxelles. On peut lire la liste complète des candidats ici.

On y retrouve tous les grands noms belges bien entendu (Robbrecht et Daem, Hebbelinck et De Wit, Samyn, Beel, De Geyter, etc.) mais aussi tout le Gotha mondial des « stars architectes »: Coop Himmelb(l)au, Chipperfield, Ricciotti, Diller et Scofidio, Eisenman, Foster, OMA (Koolhaas), Jakob+MacFarlane, Lacaton & Vassal, Miralles Tagliabue, Neutelings- Riedijk, Sanaa, Shigeru Ban, Steve Holl, Zaha Hadid, Snohetta, etc… On y retrouve les auteurs de quasi tous les grands musées récents depuis le Louvre, le Pompidou Metz, le Mas, les Confluences à Lyon, etc. Impressionnant.

Un comité de sélection composé de deux experts architectes, deux experts en muséologie, Kristiaan Borret, un représentant du Centre Pompidou associé au projet, un membre de l’urbanisme régional et Yves Goldstein chargé de projet Citroën, fera un premier tri et dressera pour juillet une liste de sept bureaux (ou associations) d’architectes qui devront remettre pour le 24 décembre, veille de Noël, un avant-projet très précis. Chacun sera payé pour cela 90 000 euros et la procédure sera ouverte (pas de projet anonyme), afin de permettre un dialogue poussé.

Arrivera alors le jury chargé de désigner le lauréat, sans doute pour mars 2018. Il sera présidé par le grand architecte suisse Roger Diener de Diener&Diener. On y retrouvera l’architecte français Patrick Berger (auteur de la controversée canopée des Halles à Paris) et la jeune et brillante architecte chilienne Sofia Von Ellrichshaussen, qui fait sensation avec ses maisons comme des sculptures et ses liens entre art et architecture.

Feront partie aussi du jury : le bouwmeester, le président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes, l’architecte Cédric Libert du Civa, Yves Goldstein et deux membres de l’administration.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 08/06/2017)
Le premier G7 de la culture s’est tenu à Florence les 30 et 31 mars. La communauté internationale se mobilise pour la protection du Patrimoine mondial de l’humanité dans les zones de guerre ou touchées par des catastrophes naturelles. Depuis un an, une force d’intervention spéciale est à l’œuvre, à l’initiative de l’Italie et de l’Unesco.Il faut sauver le patrimoine mondial. » C’est un peu ce mot d’ordre qui présidait au premier G7 de la culture, qui s’est tenu jeudi et vendredi à Florence. L’Italie, qui en a pris l’initiative, tenait à affirmer ainsi son rôle de premier plan en matière de défense du patrimoine mondial. « A l’origine de ce projet, il y a une évaluation que nous avons faite au gouvernement et qui montre que l’Italie dispose d’un leadership culturel dû à l’importance de son patrimoine » , a expliqué le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini. « L’Italie cherche à transformer cette force en action au plan international pour faire entrer la notion de diplomatie culturelle à l’agenda des nations » , a-t-il ajouté.

Ce G7 pionnier suit la conférence du Louvre, organisée à Paris du 20 au 24 mars. Portée par la France, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Unesco, elle visait à réunir d’ici à 2019 un fonds de 100 millions de dollars. Les trois pays organisateurs, ainsi qu’un donateur privé, ont déjà promis d’en financer les trois quarts.

Crime contre l’humanité

Comme le G7 de Florence, la conférence du Louvre a appelé à protéger le patrimoine dans toutes les zones de conflit, sans limitation géographique et pour tous types de menaces confondus (destruction, vol et pillage, trafic). Elle souligne aussi qu’attaquer des sites du patrimoine culturel ou religieux « peut constituer, dans certaines circonstances et conformément au droit international, un crime de guerre » , et les « auteurs de telles attaques doivent être poursuivis en justice » .

En septembre dernier, un djihadiste malien a été condamné à 9 ans de prison par la Cour pénale internationale de La Haye pour la destruction de mausolées protégés à Tombouctou.

« La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre. Elle est devenue une tactique de guerre visant à affaiblir les sociétés, paralyser les communautés, répandre la haine et la vengeance, dans une stratégie globale de nettoyage culturel » , a souligné Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco.

A Florence, le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, a renchéri sur cette prise de conscience : « L’attention de l’opinion publique sur la sauvegarde du patrimoine a augmenté à la suite d’événements traumatisants comme la destruction du site de Palmyre par l’organisation Etat islamique » (EI).

Point de passage durant l’Antiquité entre la Mésopotamie et la côte méditerranéenne, Palmyre regorge de vestiges antiques. Occupée par l’EI de mai 2015 à mars 2016, Palmyre fut reprise par l’armée syrienne avant de retomber aux mains des djihadistes en décembre puis d’être reprise par le régime début mars. Le groupe djihadiste y a détruit les plus beaux temples, des tours funéraires ainsi qu’un grand nombre d’œuvres d’art.

Ce cas est devenu aussi emblématique que celui de la destruction des Bouddhas géants de Bamiyan (aussi classés au Patrimoine mondial de l’Unesco) par les talibans en Afghanistan, en 2001. Depuis, en Irak, en Syrie, au Yemen ou en Libye, les guerres et organisations terroristes ont multiplié les destructions de biens culturels.

A cela se sont greffés de juteux trafics d’œuvres antiques, qui auraient rapporté à l’organisation Etat islamique entre 8 et 10 millions de dollars par an, selon les Etats-Unis.

La mobilisation de l’Italie

Cette vague de destructions et de spoliations a conduit l’Italie à lancer dès 2015 l’idée d’une force d’intervention internationale, sorte de « casques bleus de la culture », dédiée à la défense du patrimoine menacé par les conflits ou les catastrophes naturelles. De 2003 à 2006, des carabiniers italiens ont déjà participé à la reconstitution des collections du musée archéologique de Bagdad, dont 15 000 œuvres avaient été volées dans le chaos consécutif à l’intervention américaine en 2003.

L’année dernière, en février, l’Italie et l’Unesco ont constitué formellement la première force d’intervention de « casques bleus de la culture ». Elle est composée d’une soixantaine d’experts susceptibles d’intervenir partout dans le monde, à la demande de l’Unesco ou des pays concernés victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles.

Sur le terrain, avec les casques bleus de la culture italiens

L’émotion est grande dans la petite sacristie toute fissurée de l’église médiévale Saint-François à Visso (centre) : les « casques bleus » italiens venus sauver les trésors culturels de cette région dévastée par les séismes viennent de découvrir une fresque magnifique.

Les couleurs pâles, ocres et violettes, d’une crucifixion, probablement peinte par le maître Paolo de Visso au XVe siècle, se révèlent sous les décombres, derrière le grand meuble de la sacristie miraculeusement encore debout. Le sauvetage de cette œuvre est le résultat d’un travail minutieux, méthodique et surtout collectif auquel participent des carabiniers experts en patrimoine culturel, des historiens, des archéologues, des architectes…

Ils forment le corps des « Casques bleus de la culture », instauré il y a un an par l’Italie en partenariat avec l’Unesco pour protéger et secourir les monuments historiques, les vieilles églises et les œuvres d’art meurtries par les tremblements de terre.

Visso, la « perle » des monts Sibyllins, fondée en l’an 907 et qui a survécu à tous les types de pillage depuis l’empire byzantin, espère renaître même si tous les habitants ont été temporairement relogés ailleurs depuis les deux secousses de magnitude 5,5 puis 6,1 qui ont endommagé tous les bâtiments mais sans faire de victime, le 26 octobre.

Dans les décombres de l’église Saint-François, une quarantaine de personnes armées de gants et de casques – jeunes volontaires, experts en art, fonctionnaires du ministère de la Culture, pompiers, membres de la Protection civile et carabiniers des casques bleus – tentent d’extraire délicatement les pièces qui ornèrent ce joyau du Moyen Age.

« C’était l’église la plus ancienne de la région des Marches, une région avec des trésors inestimables et qui comptait pas moins de 483 églises » , explique le responsable du chantier, Pierluigi Morricone, historien d’art qui travaille pour l’unité de crise mise en place par le ministère de la Culture. « Nous sauvons environ six cents œuvres d’art par jour. Soit au moins cinq mille au cours des dernières semaines » , précise-t-il avec fierté.

Libye, Syrie, Irak…

Créé en février 2016 en partenariat avec l’Unesco, le corps compte désormais trente carabiniers spécialisés et trente experts prêts à intervenir dans les zones de catastrophes ou de conflits.

La formation de quarante autres casques bleus culturels doit commencer dans quelques mois et l’Italie assure que de nombreux pays souhaitent lui emboîter le pas.

« Nous sommes préparés pour travailler dans n’importe quel pays. En Libye, en Syrie, en Irak, nous avons beaucoup d’expérience dans le domaine de la protection des biens culturels « , explique le capitaine Montorsi.

« Les carabiniers italiens comptent la sauvegarde du patrimoine parmi leurs prérogatives depuis 1969 et ont déjà formé des policiers de nombreux pays », ajoute-t-il, tout en coordonnant le départ de camions chargés de trésors en partance pour des entrepôts dont l’emplacement restera secret.

Auteur: A.Lo. (avec AFP)
Source: La Libre (mis en ligne le 01/04/2017)

« Le plus gros investissement culturel à Bruxelles depuis Léopold II », clame la Région bruxelloise.

Mercredi soir, plus de 200 représentants du monde culturel bruxellois étaient invités au garage Citroën pour une visite des lieux et un exposé des responsables du mégaprojet de « Pôle multiculturel, pluridisciplinaire » avec entre autres, deux musées. Le ministre-président Rudi Vervoort, les responsables du Centre Pompidou (Bernard Blistène, directeur du musée d’Art moderne et Denis Berthomier, DG du Pompidou), étaient là aux côtés d’Yves Goldstein chargé par la région bruxelloise de conduire ce projet et que nous avons rencontré à cette occasion.

Les participants ont pu se rendre compte que derrière le show room bien connu, il y a tout le garage avec ses immenses verrières: une vraie cathédrale à rénover.

Il s’agissait aussi de tenter de rassurer les inquiétudes nées de ce projet.

Lors de son annonce en septembre, on avait déjà indiqué que le choix serait de dédier les 35000 m2 entièrement à la culture. « C’est la première fois depuis Léopold II qu’un tel investissement culturel se fera à Bruxelles », s’enthousiasme Yves Goldstein qui nous en précise les affectations : 15000 m2 pour le futur musée d’Art moderne et contemporain, soit 8000 m2 pour l’expo permanente, 4000 m2 pour les expos temporaires -deux de front- et 3000 m2 pour l’administratif.

L’autre musée consacré à l’architecture (à partir du Civa et des archives Sint Lukas) aura 10000 m2. Les 10000 m2 restant, avec l’actuel show room et ses 21 m de hauteur de plafond et deux « rues » qui traverseront le « Pôle culturel » seront des « espaces publics » : expos, ateliers d’enfants, horeca, incubateur de start-up culturelles et des salles disponibles pour les acteurs culturels bruxellois (Goldstein cite le Kunsten, Passa Porta, RAB, etc.).

Concours international

On a appris aussi que Laurent Busine, l’ex-directeur du Mac’s au Grand Hornu, venait d’être nommé conseiller spécial d’Yves Goldstein pour l’artistique pendant la phase préparatoire. Goldstein veut ainsi marquer qu’il ne s’occupera pas directement de l’artistique. « Ce mégaprojet se réalisera, c’est maintenant clair, nous explique Busine. Autant alors faire que cela réussisse. Le bâtiment est fabuleux et l’apport du Pompidou était indispensable si on doit occuper 8000 m2 d’expo permanente alors qu’il n’y pas vraiment de collections publiques en Art moderne disponibles en Belgique. Mais je ne sais pas encore en dire plus et c’est un job part time ».

Au nom de la SAU, société d’aménagement urbain, propriétaire du Citroën, un concours international d’architecture sera lancé mi-avril. D’ores et déjà, dit Goldstein, les plus grands bureaux ont marqué un intérêt (Herzog&de Meuron, Koolhaas, Nouvel, etc.). L’enveloppe prévue pour les travaux est de 125 millions d’euros hors TVA et hors honoraires (au total, 170 millions d’euros). Mais on sait que pour de tels projets, les budgets sont souvent dépassés.

Un jury international présidé par un architecte choisira 7 bureaux qui présenteront des projets plus précis pour un choix final qui se ferait mi-2018. Les travaux commenceraient à l’automne 2019. Le projet sera présenté semaine prochaine, au Mipim à Cannes. Aucune date n’est avancée pour l’ouverture du nouveau Citroën

Autre échéance importante : fin avril sera mis en place un « comité d’orientation scientifique » avec entre autres des personnalités culturelles. Fin 2017, devrait être signée la convention avec le Pompidou.

De l’argent neuf

Cet été, Yves Goldstein doit sortir l’organigramme futur du Pôle culturel (beaucoup de noms circulent déjà sur son futur directeur artistique, « prématuré »).

Dès le printemps 2018, il y aura dans les locaux du Citroën encore en friche, un « phase de préfiguration », qui sera définie avec le comité d’orientation avec expos, spectacles, performances, « pour que les Bruxellois s’approprient déjà le lieu ».

Yves Goldstein a tenté de rassurer sur deux points : « Non, dit-il, le Pompidou ne viendra pas en colonisateur hégémonique. Fort de son expérience d’implication dans la ville, il travaillera avec nous, avec le monde culturel bruxellois. Le projet n’aura de sens que s’il sublime ce que Bruxelles fait déjà. Non, le projet ne prendra pas un euro aux acteur culturels actuels subsidiés surtout par les Communautés, car le budget viendra de la Région, ce qui est possible depuis la 6e réforme de l’Etat».

Sans convaincre tous les participants car beaucoup d’inconnues demeurent dont le coût de fonctionnement. La route sera encore longue. Yves Goldstein explique aussi qu’il « bétonnera » le projet pour le rendre irréversible avant les élections régionales de 2019.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 10/03/2017)

La ministre Greoli a reçu les recommandations de tous les groupes de réflexion.

Alda Greoli avait donné rendez-vous vendredi au Rockerill, à Charleroi, pour clore la phase consultative du projet « Bouger les lignes ». Initié par sa prédécesseure, Joëlle Milquet, il a pour objectif de construire la nouvelle offre culturelle du XXIe siècle.

Désormais en possession des rapports de synthèse des six coupoles thématiques précédemment établies, la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) s’est félicitée du travail accompli. Les nombreuses réunions et rencontres publiques ont rassemblé près de 4 700 participants. Deux années de réflexion et de consultations qui ont débouché sur un document de synthèse de 200 pages contenant pas moins de 804 recommandations formulées par le secteur pour proposer une offre culturelle en phase avec les évolutions de la société.

Transparence et formation

Il est évidemment impossible de toutes les passer en revue, mais certaines sont transversales. Le besoin de plus de transparence est criant. Comme l’a montré notre enquête sur la fréquentation des théâtres en Wallonie et à Bruxelles (lire « La Libre » du 2 février), il est parfois très difficile de savoir ce qui se fait en FWB en matière de culture, qui ça touche, quelles sont les aides possibles pour les acteurs du secteur, les interlocuteurs qui peuvent répondre à leurs questions, etc. Présent, Xavier Canonne, directeur du musée de la Photographie de Charleroi, n’y est pas allé par quatre chemins s’agissant de la gouvernance : « Il n’y a pas de pays au monde où il y a autant de créateurs sur un territoire aussi petit, a-t-il souligné, mais ça n’empêche qu’il y a encore trop de gabegies. » Sans le citer, il visait le Manège de Mons et les rémunérations très élevées dont ses dirigeants ont profité.

L’accent doit aussi être mis sur la formation et l’accompagnement, ont insisté les intervenants des coupoles. Cela ne concerne pas que les artistes mais aussi les professeurs et les acteurs de médiations, « qu’il s’agisse des animateurs des centres culturels, des associations, mais aussi des écoles des devoirs, de l’accueil extra-scolaire, etc. », a précisé Alda Greoli.

Au centre de priorités politiques

L’état des lieux dressé, les recommandations formulées, il s’agit à présent de concrétiser le tout sur le terrain. Cela prendra du temps, reconnaît la ministre de la Culture, même si certaines initiatives sont déjà en cours. C’est le cas du décret sur les arts de la scène qui a été voté, du nouveau décret sur le cinéma adopté hier en commission (lire ci-dessous) et de celui sur le prix unique du livre qui est en deuxième lecture.

Certaines évolutions ne nécessiteront parfois qu’un ordre adressé à l’administration. Pour d’autres, elles ne pourront se réaliser qu’après la mise en place d’une autre mesure. Enfin, des décisions devront faire l’objet de discussions préalables avec des ministres également compétents. Il faudra donc compter de cinq à quinze ans avant d’évaluer les changements et les plus-values apportées. D’où cette « mise en garde » d’Alda Greoli : « Il serait terrible et assassin de ne pas avoir la mémoire de ce que nous venons de faire. »

S’agissant des moyens nécessaires pour faire aboutir ces recommandations, la ministre de la Culture entend agir de façon responsable, précisant d’emblée que toute réforme ne représente pas un coût. Mais un chiffrage sérieux va être demandé.

Alda Greoli l’a répété, il s’agit désormais de « remettre la Culture au centre des priorités politiques car c’est elle qui fonde ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous serons demain ensemble ».

Auteur: Charles van Dievort
Source: La Libre (mis en ligne le 04/02/2017)

Fédéré pour sa revalorisation, le secteur a rencontré lundi la ministre Alda Greoli.

Tous en scène pour l’emploi artistique ! » Le mot d’ordre, lancé vendredi par la CPEPAS (Chambre patronale des employeurs permanents des arts de la scène) et la Conpeas (Concertation permanente des employeurs des arts de la scène), invitait le secteur à se réunir place Surlet de Chokier, lundi – jour symbolique où devaient être rentrés tous les dossiers de demande de contrat-programme.

En prélude au rassemblement (150 personnes environ) et à la rencontre d’une délégation avec la ministre de la Culture, des représentants de plusieurs associations professionnelles ont fait le point sur l’état des lieux et des revendications.

Pas de pré carré

Si des divergences demeurent (LLB du 13 janvier), le ton lundi est à la solidarité. « Nous ne sommes pas ici pour défendre un pré carré », affirme Philippe Sireuil, directeur artistique du Théâtre des Martyrs. « Compagnies comme institutions, on va tous être examinés sous une loupe beaucoup plus chiffrée », relève Serge Rangoni, directeur du Théâtre de Liège. « La pression monte, d’un côté comme de l’autre. Les problèmes sont globaux. »

En effet, si le cabinet de Mme Greoli remet sur une même ligne de départ toutes les structures (dossiers déposés le 16 janvier, examinés ensuite, et décisions rendues pour tous), celles-ci continuent de déplorer la précarisation croissante des professions liées aux arts de la scène.

Pour rappel, le secteur dénonce la non-indexation de ses subventions depuis 2008 (ce qui, en neuf ans, « représente 15 % en moins pour fonctionner », souligne Michel Kacenelenbogen, directeur du Théâtre le Public) : une lacune répercutée essentiellement sur la part artistique. Ce gel s’est assorti en 2015 d’une réduction linéaire de 1 % de l’enveloppe dévolue aux arts de la scène, soit l’équivalent de 400 000 euros.

Des actes en plus des paroles

Pierre Dherte, comédien et illusionniste, intervient en tant que représentant de l’Union des Artistes : « De longue date, l’emploi artistique est notre priorité, assortie de l’exigence d’avoir enfin un vrai statut social et légal pour les intermittents. Au cours des deux dernières législatures, l’offre d’emploi a baissé, et les conditions d’accès au statut d’artiste, donc au chômage, se sont durcies. » Une sorte de double peine… Au Guichet des arts, symptomatiquement, les demandes d’information et de conseils ont considérablement augmenté. « On ne peut pas ne pas chauffer une salle, éclairer un plateau… Mais l’artiste, lui, représente un poste budgétaire facilement compressible », ajoute-t-il, déplorant comme bien d’autres le sensible rétrécissement des distributions.

Si le secteur a des raisons de se lamenter, il veut surtout avancer. « Nous défendons l’idée d’un accord intersectoriel », insiste Inès Rabadan, présidente du Comité belge de la SACD. « Nous demandons que le décret, outre les paroles, se traduise en actes. Les artistes font la preuve tous les jours qu’ils sont capables d’efforts et d’économies, qu’ils bougent les lignes de leu rs pratiques. » A la Fédération Wallonie-Bruxelles, maintenant, d’en faire autant, renchérit Frédéric Young (SACD).

« J’ai la chance de vivre, comme ministre, un moment où les interlocuteurs ont envie de se structurer », dira quant à elle Mme Greoli, vivement attachée « à la concertation sociale » . Pour la ministre, les demandes exprimées par le secteur ne sont pas extravagantes. A son agenda figurent donc la concertation, l’indexation (incluse dans le décret dès 2019 mais qu’elle appuyera autant que possible dès cette année), le statut de l’artiste, et enfin les compagnies et les institutions, qu’en aucun cas, dit-elle, elle ne veut opposer.

Auteur: Marie Baudet
Source: La Libre (mis en ligne le 16/01/2017)

La ministre de la Culture comprend l’inquiétude, mais n’entend pas se faire dicter l’agenda.

La prochaine remise à plat de toutes les aides publiques aux arts de la scène (les centaines de dossiers doivent être introduits avant mardi) crée une inquiétude que la ministre de la Culture, Alda Greoli, dit comprendre. On a vu un directeur de théâtre (le Public) appeler à manifester lundi devant son cabinet contre les économies imposées au secteur et les compagnies théâtrales réclamer un rééquilibrage des moyens en leur faveur par rapport aux moyens pour les théâtres.

La ministre ne veut pas se laisser dicter son agenda et fera sa rentrée le 3 février à la salle Rockerill de Charleroi, en guise de clôture après deux ans de l’opération « Bouger les lignes ». Mais elle a répondu mercredi à des questions parlementaires sur ces sujets et sera ce jeudi en commission pour donner son avis sur le rapport Kurt Salmon, qui étudie les chiffres économiques des théâtres.

On peut résumer ses prises de positions comme suit. A propos des économies 2017 dans le secteur, le 1 % de moins est la simple prolongation de celui décidé en 2015, il n’y a pas cumul. Et la non-indexation des subsides prendra fin dès 2018 avec les nouveaux contrats-programmes. Elle annonce qu’elle se battra lors de l’ajustement budgétaire pour obtenir cette réindexation dès 2017.

Refus des fusions

On sait aussi que l’octroi unilatéral, alors qu’on est en pleine remise à plat, d’un million supplémentaire à Charleroi et d’un million et demi à Mons, avait suscité beaucoup d’émoi. Alda Greoli assume ses choix, mais elle a précisé que pour Charleroi le montant pérenne serait étudié comme le reste par les commissions d’avis et qu’il n’y aurait pas de passe-droit. Et pour Mons, ce n’est pas un montant pour l’ex-Manège, mais pour des projets en 2017 qui concerneront toute la Communauté française et prolongeront l’impact de Mons 2015.

Enfin, pour la ministre, le rapport Salmon a utilement insisté, dans la ligne du décret, sur les mutualisations possibles comme pistes d’économies, et les projets reçus sont nombreux à en tenir compte. Par contre, elle a toujours dit qu’elle refusait les fusions imposées d’institutions, piste ébauchée par Kurt Salmon, étant farouchement attachée à la liberté d’association.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 12/01/2017)

On trouvera ci-joint le texte complet de l’audit demandé par le Conseil communal de Mons à la Fédération Wallonie -Bruxelles en février dernier, après l’annonce de 19 licenciements au Manège.Mons.

Cet audit terminé en août dernier n’avait jusqu’ici pas encore « fuit ». Vendredi matin, le journal « La Province » relayé par Belga, annonçait que Mauro Del Borello et Yves Vasseur, respectivement ancien directeur général et ancien administrateur général de Mons 2015, représentaient un coût de 20.000 euros par mois pour chacun d’eux, sans tenir compte de leur voiture de société. Si l’audit estime que c’est logique dans le cas d’Yves Vasseur, qui était commissaire général de la capitale européenne de la culture, il fustige les émoluments de Mauro Del Borrello. « Le coût annuel de l’administrateur général atteignait à lui seul quasi l’équivalent de la subvention annuelle de deux centres culturels locaux », souligne l’audit.

On lira ci-dessous que ce n’est qu’un des éléments, certes « choc », de l’audit et qui, de plus, avait déjà été révélé en janvier dernier. La lecture de l’audit montre comment la nécessité de Mons 2015 -une bonne chose-a entraîné des structures et des coûts qui seront aussi la cause des déboires futurs. Depuis janvier, le Manège a licencié » 20 personnes, a coupé ses liens avec Maubeuge et s’est transformé en une nouvelle structure avec le nouveau nom de « Mars » , dirigée par Philippe Degeneffe, tirant déjà les conséquences de bien des remarques de l’audit.

Retrouvez le texte complet de l’audit ici.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 16/12/2016)

BPS22, musée de la photo, théâtre de l’Ancre et salle Rockerill, sont fortement augmentés.

Ce vendredi n’était pas le jour de Saint-Nicolas, mais ce fut néanmoins l’heure des cadeaux justifiés pour quatre grandes institutions culturelles de Charleroi. La ministre de la Culture Alda Greoli (CDH), accompagnée du bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS) a annoncé la bonne nouvelle dans les salles du BPS 22, le centre d’art contemporain.

Dans le cadre du plan de redéploiement de la ville qui mise en particulier sur la culture comme vecteur d’émancipation sociale, la ministre refinance fortement, dès 2017, les quatre institutions phares que Magnette avait mises en avant :

-Le BPS22 était sans moyens suffisants dans son nouveau et très beau bâtiment. Il demandait que sa subvention de la Communauté augmente de 300000 euros. Il les obtient et ce sera pérenne.

-Idem pour le le beau Musée de la photographie qui avait dû, faute de moyens, réduire sa programmation à deux expos par an. Il reçoit 200000 euros de plus et la possibilité de se remettre à niveau.

-Le Théâtre de l’Ancre qui va recevoir d’ici trois ans une toute nouvelle salle de 400 places dans un nouveau bâtiment devait avoir davantage de moyens pour s’y préparer. Ses subsides de 800000 euros par an sont augmentés de 300000 euros dès 2017 et cet apport reste acquis pour les futurs contrats-programme.

-Enfin, la salle Rockerill sur le site des anciennes forges de la Providence est une scène de musique alternative et de résidences d’artistes. Elle reçoit aussi 200000 euros de plus.

Rééquilibrage

Au total, Charleroi reçoit donc un million d’euros de plus pour sa culture de la part de la ministre de la Culture. « J’ai travaillé, nous dit-elle, en étroite symbiose avec le ministre-président Rudy Demotte (PS). J’ai eu la chance de voir mon budget culture augmenter de 3 % pour 2017. Peu de ministres de la culture en Europe peuvent avoir cette chance. Et j’utilise une partie de cela pour répondre dès 2017 aux besoins de Charleroi. Cet argent n’est donc repris à personne. Je ne voulais pas non plus saupoudrer cette somme et préférais de vrais choix en répondant à un plan de redéploiement qui s’adresse aussi aux jeunes, au public autour de Charleroi et qui aide les institutions de Charleroi à se produire hors des frontières ».

C’est la ville qui a fait le choix de ces quatre institutions et n’y pas mis par exemple Charleroi/Danses ou le PBA/Eden.

On peut voir aussi dans cette annonce un effet du rééquilibrage demandé par rapport à Mons 2015 mais aussi par rapport aux budgets culturels alloués à des villes comme Liège et La Louvière.

Pierre-Olivier Rollin du BPS22, Xavier Canonne du musée de la photographie et Jean-Michel Van den Eeyden du théâtre de l’Ancre avaient trouvé un relais chez Paul Magnette, le président du gouvernement wallon mais aussi le bourgmestre en titre de Charleroi pour remettre à plat ces aspects régionaux de la politique culturelle, surtout dans le contexte de l’après Mons 2015 et des moyens qui pourraient ainsi se dégager.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 25/11/2016)

Le centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne s’avoue pas vaincu.

Suite à la décision du conseil communal de la Ville de Bruxelles prise lundi soir, à huis clos, majorité contre opposition (majorité socialiste libérale – 24 pour et opposition CDH, Ecolo, Défi, N-VA – 15 contre), d’attribuer la concession du Cirque royal à partir du 30 juin 2017 à Brussels Expo, le centre culturel du Botanique a décidé d’entrer une requête en suspension d’extrême urgence auprès du Conseil d’Etat. L’action vise à priver d’effet la décision qui a été prise et à empêcher toute conclusion de contrat en faveur de Brussels Expo. Pour rappel, le Cirque royal est géré, depuis 1999, par le Botanique, centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles – qui n’a pas démérité, produisant 600 groupes par an et 250 concerts.

En 2015, la Ville, propriétaire de la salle et désireuse de la reprendre dans son giron, résilie le contrat d’exploitation. Avant d’être obligée, en raison d’un recours du Botanique, de lancer un appel à projets. Le Botanique et la société Sportpaleis (en initiative conjointe), d’une part, Brussels Expo, de l’autre, y répondent. Cette dernière est retenue. Sans grande surprise peut-on dire, puisqu’il s’agit d’une ASBL de la Ville – dont le président du CA est l’échevin Philippe Close.

Deux causes principales sont invoquées (parmi de nombreuses autres répertoriées) par le Botanique. La première concerne un conflit d’intérêt. Il vise le bourgmestre Yvan Mayeur et un échevin, Philippe Close, respectivement membre et président du conseil d’administration de l’association qui a été choisie – Brussels Expo. La seconde concerne des points évoqués lors de l’appel d’offres. Alors que dans un premier temps, il aurait été question de faire de Bruxelles une capitale musicale, les termes auraient été requalifiés en « développements pluridisciplinaires ». Les critères auraient-ils été changés en cours de procédure ? C’est la question que se pose le Botanique, qui parle d’« injustice » ainsi que de confusion entre le rôle d’un exercice de gestion de la cité et la reprise d’activité à un opérateur, le Botanique, qui semble avoir fait ses preuves. Affaire à suivre. Encore et toujours.

Auteur: Marie-Anne Georges
Source: La Libre (mis en ligne le 22/11/2016)

Un an après les attentats de Paris, les différentes institutions culturelles bruxelloises n’ont toujours pas retrouvé les mêmes niveaux de fréquentation qu’avant les attaques, selon la ministre de la Culture, Alda Greoli.

Interrogée mercredi en plénière du Parlement par le député Dimitri Legasse (PS) sur le sujet, la ministre centriste a indiqué que les attentats de Paris, le « lock down » qui a suivi à Bruxelles et le climat de peur générale qui a suivi ont entraîné une réduction moyenne de 40% des rentrées pour les institutions culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le phénomène a touché autant les cinémas que les théâtres ou les musées.

Un an plus tard, si le secteur culturel a globalement retrouvé ses niveaux de fréquentation pré-attentats en Wallonie, la situation reste toutefois toujours difficile dans la capitale, a-t-elle reconnu.

Interrogée sur le soutien que la Fédération pouvait apporter à ce secteur meurtri, Mme Greoli a répondu ne pas être compétente pour l’octroi d’une aide financière directe. Elle a toutefois dit étudier d’autres voies pour soutenir le secteur.

Auteur: Agence Belga
Source: La Libre (mis en ligne le 16/11/2016)