Tram 33 était un tram de nuit bruxellois. C’est aujourd’hui un projet transmédia qui explore les parts d’ombre de la mobilité à Bruxelles. Un projet initié par l’Ecole universitaire de journalisme de Bruxelles (ULB) et Le Soir ; avec la participation d’une cinquantaine d’étudiants de l’ULB en Journalisme, Romanes, STIC, Informatique et Arts du Spectacle ainsi que des étudiants de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles(Département de Communication visuelle) et la collaboration active de BX1et Radio Campus.

Durant plusieurs mois d’enquêtes, les étudiants se sont penchés, par groupes, sur l’impact du partenariat public/privé (PPP) sur les caisses publiques, se sont intéressés aux communautés nomades et à leur appropriation de l’espace urbain bruxellois. Ils se sont aussi interrogés sur la protection des données privées et sur les manières de pister le citoyen, via la carte Mobib (Stib), par exemple.

Leur travail est à explorer sur le site tram33.lesoir.be/.

Auteur: rédaction en ligne
Source: Le Soir (mis en ligne le 9/05/2016)

Depuis quelques semaines, un mouvement est né à Bruxelles: la vague #sprouttobebrussels. « A l’instar du chou, Bruxelles est une ville qu’il faut apprendre à apprécier. Elle possède autant de facettes qu’un chou possède de feuilles », a expliqué aujourd’hui lors d’une conférence de presse Geert Potargent, l’un des initiateurs du concept. Les personnes qui sont à la genèse de ce projet pour « réaligner l’image de Bruxelles » et celles qui le soutiennent, soit plus de 100 partenaires multisectoriels, ont présenté mardi les ambitions et les raisons de l’impulsion mettant en scène un chou de Bruxelles.

Les commerçants ont rapidement et spontanément demandé à participer à l’action en apposant des autocollants sur leur devanture puisque 24.000 badges et 30.000 autocollants ont déjà été distribués. #sprouttobebrussels se veut un mouvement « fédérateur, populaire et open-source » dont l’idée est de montrer sa fierté et son attachement à Bruxelles. L’ambition est de rassembler un maximum d’acteurs afin d’élaborer des initiatives sur le long terme pour améliorer l’image de Bruxelles, que ce soit au niveau local, national ou international, à l’instar des marques « I Amsterdam » ou « I Love New York ». Le mouvement réunit déjà aujourd’hui une soixantaine de commerçants (restaurants, fritkots, libraires, magasins de luxe, brasseurs, bouchers…), une douzaine d’établissements culturels, une quinzaine de partenaires académiques, une dizaine de médias, une vingtaine de grandes entreprises, cinq associations, six agences de communication, Atrium et Visit.brussels. La page Facebook compte plus de 18.000 abonnés tandis que les hashtag ont fleuri sur Instagram et Twitter alors que les premiers signes de l’opération sont apparus début mai. Depuis mercredi, les amoureux de Bruxelles peuvent également partager leur choux sur la plate-forme www.sprouttobebrussels.be

Auteur: Agence Belga
Source: Le Soir (mis en ligne le 25/05/2016)

La Conseil d’administration du Théâtre National a choisi lundi, Fabrice Murgia parmi 5 candidats (Alexandre Caputo, Matthieu Goeury, Isabelle Pousseur et Serge Rangoni) pour succéder dès juillet à Jean-Louis Colinet comme directeur du National pour un mandat de cinq ans renouvelable.

A 32 ans à peine, Fabrice Murgia, frère du comédien David Murgia, poursuit ainsi une carrière météorique d’enfant prodige des scènes.

Il est né à Verviers en octobre 1983 et a été formé au Conservatoire de Liège par Jacques Delcuvellerie. Auteur, acteur et metteur en scène, il dirige la compagnie Artara.

Il s’est fait connaître en 2009 par « Le chagrin des ogres » sans cesse rejoué depuis (encore cet été à la Biennale de Venise). Repéré par Jean-Louis Colinet, il devenait artiste associé au National. Depuis les spectacles s’enchaînent (parfois trop vite) et tournent partout : Life:Reset, Exils, Ghost Road, Children of Nowhere, Notre peur de n’être (joué dans le In à Avignon), Karbon Kabaret à Liège, etc., jusqu’à Black Clouds qui sera créé fin juin à Naples.

Il a vite marqué les esprits par le recours aux technologies nouvelles, à la vidéo et par la prise en compte des thèmes sociétaux contemporains. En 2014 il a reçu un Lion d’argent à Venise. Le jury : « Il a pu créer un langage original mêlant théâtre, cinéma et son, pour susciter une atmosphère qui magnétise le spectateur et l’entraîne près des profondeurs cachées de l’humain. »

Festival de l’émergence

Nous l’avons interrogé dès sa nomination. « Je me situe dans la continuité de Colinet, mais avec des préoccupations de ma génération. Je veux rapprocher le National des compagnies et artistes de la Communauté française. Ceux-ci doivent pouvoir demander des comptes au National. Je veux aussi rapprocher, au National, les métiers administratifs de la création. Et valoriser au bénéfice de la création, les métiers du National. Je veux partager avec les artistes ce que le National m’a donné et dont j’ai pu profiter. »

Parmi ses projets, il y a des festivals : « Sur le modèle du Theater festival en Flandre, organiser un festival annuel avec les grands succès publics de l’année en Communauté française ; un festival dédié à l’émergence internationale et aux jeunes artistes qui en sont à leur première ou seconde création ; accentuer encore le Festival des libertés ; continuer le festival XS partie prenante dans un projet européen et continuer la collaboration avec le KVS. Je trouve exemplaire la complicité qu’il y a eu entre Colinet et Jan Goossens. »

La saison 2016-2017 a été encore préparée par Colinet, Fabrice Murgia doit préparer la suivante. « Je veux inviter des compagnies au National, j’étudierai les possibilités et les projets. C’est fini le temps des directeurs d’institutions tout puissants. Je ferai encore au National, une création par an, moins qu’aujourd’hui mais je garde ma compagnie Artara qui ne reçoit d’ailleurs qu’une petite subvention de 120000 euros par an et qui ne me paie pas. »

Fabrice Murgia veut aussi faire profiter les artistes de la Communauté française des contacts qu’il a pu nouer à l’international.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 23/05/2016)

Le départ des Zinnodes est prévu à 15 heures.

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©Saskia Vanderstichele
    ©Saskia Vanderstichele

La Zinneke Parade revient ce samedi, pour sa 9e édition. Le départ des Zinnodes des différentes communes est prévu à 15 heures de plusieurs endroits du centre-ville pour un grand défilé qui envahira les rues de Bruxelles jusqu’à 17 heures. Les groupes d’habitants présenteront un projet artistique de rue, qu’ils auront préparé dans leurs quartiers respectifs.

Le thème de cette 9e édition est « Fragil ». Bien qu’il fasse écho aux tristes événements du 22 mars, le thème avait été choisi bien avant. Les organisateurs de la parade expliquent que, « Reconnaître que la fragilité est une grâce incontournable plus qu’une fatale faiblesse permet de déplacer les perspectives, de repenser les interdépendances et d’oser pratiquer des modes d’existence délibérément sensibles ».

L’événement sera retransmis en direct par les chaînes bruxelloises francophones et néerlandophones BX1 et Bruzz, qui présenteront ensemble une émission spéciale de 15 à 17 heures.

Auteur: C.P. (St. avec Belga)
Source: Le Soir (mis en ligne le 21/05/2016)

Coup d’envoi ce mercredi pour l’opération 100 Masters des Musées bruxellois. Durant 100 jours, jusqu’au 27 août, 100 chefs-d’œuvre des collections sont mis à l’honneur.

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Jérôme Bosh, «
L’adoration des mages
», 1510, Maison d’Erasme. © D.R.
    Jérôme Bosh, « L’adoration des mages », 1510, Maison d’Erasme. © D.R.

Rembrandt, Breughel, Rubens, Memling, Jordaens, Khnopff, Rops, Delvaux, Horta, Bosch, Dürer, Erasme, Bacon, Alechinsky, Toulouse-Lautrec, Gustave De Smet, Théo Van Rysselberghe, Jan Fabre, Rik Wouters, James Ensor, René Magritte… Tous sont là, sous nos yeux. Et pourtant, nous ne le savons pas. Depuis des années, les expositions temporaires drainent le public dans les musées. Et les parcours permanents sont trop souvent délaissés. Nos institutions abritent pourtant des collections extraordinaires qui font de Bruxelles une véritable capitale artistique.

C’est pour le faire savoir que le Conseil bruxellois des musées a décidé de lancer une série d’actions originales dont la campagne 100 Masters doit être le fer de lance. Dès ce mercredi et jusqu’au 27 août, 100 chefs-d’œuvre des musées bruxellois sont mis en valeur dans les médias, sur le site du Conseil des musées, dans une campagne d’affichage, sur les réseaux sociaux et, surtout, dans les musées eux-mêmes.

« On a commencé par demander aux musées d’effectuer une sélection dans leurs collections, explique Leen Ochelen du Conseil bruxellois des musées. Puis, un comité de sélection a retenu 100 chefs-d’œuvre parmi les 500 pièces proposées. Des œuvres d’art mais aussi des pièces scientifiques comme des roches lunaires, des objets anciens venus d’Afrique ou d’Amérique du Sud, des armures exceptionnelles ou encore la première locomotive du continent européen. » Tous ces chefs-d’œuvre sont aujourd’hui rassemblés sur un site où chacun peut les découvrir et choisir ses coups de cœur. Ils sont aussi mis en évidence dans les musées participants par le biais de parcours spéciaux, d’animations, de parcours familiaux, etc. Ce mercredi, une vingtaine de blogueurs belges et étrangers sont conviés à visiter en un jour dix-sept de ces musées bruxellois. Un marathon comme il en existe déjà à Londres et Berlin. Pour montrer une autre facette de Bruxelles et de ses formidables trésors. Dans le monde et chez nous. Alors n’attendez plus. Découvrez ces 100 chefs-d’œuvre et faites la fête aux musées.

Musée d’Ixelles : THÉO VAN RYSSELBERGHE, « THÉ AU JARDIN », 1903

© D.R.
© D.R.

« Ce tableau de Théo Van Rysselberghe date de 1903, explique Anne Carre, responsable des collections du Musée d’Ixelles. C’est une des plus belles œuvres de la collection qui compte aussi dix ou quinze autres toiles du peintre, dont certaines de sa période marocaine et une qui représente l’église Sainte-Croix à Flagey. L’intérêt de cette œuvre réside dans la manière dont Van Rysselberghe aborde le néo-impressionnisme. C’est lui qui va introduire ce genre en Belgique. Mais les Belges ne vont jamais appliquer à la lettre la théorie de Seurat, y ajoutant leur touche personnelle. Un autre point intéressant vient du fait qu’il représente trois femmes occupées à des activités assez classiques. L’une coud, l’autre lit et la troisième semble perdue dans ses pensées. Il s’agit cependant de personnalités fortes de leur époque : la femme du peintre elle-même, une poétesse et une auteure de théâtre. »

Toute l’opération 100 Masters avec « Le Soir »

La campagne. L’action 100 Masters démarre ce mercredi 18 mai et se déroule jusqu’au 27 août.

Vos coups de cœur. Pour désigner vos coups de cœur parmi les 100 chefs-d’œuvre sélectionnés, rendez-vous sur www.lesoir.be/100masters.

Les 100 œuvres. Dès cette semaine et jusqu’au 20 août, Le Soir vous présentera chaque semaine sept des chefs-d’œuvre sélectionnés. Vous pourrez retrouver ceux-ci sur www.lesoir.be/les100masters.

Week-end d’ouverture. Ces 21 et 22 mai, grand week-end d’ouverture dans les musées bruxellois avec animations diverses, visites guidées, family day et autres initiatives originales dont une visite guidée en brusseleir au Cinquantenaire.

Infos. Sur les sites 100masters.brussels, http://www.brusselsmuseums.be (volet activité), http://www.brusselsmuseums.beet les sites des différents musées.

Auteur: Jean-Marie Wynants
Source: Le Soir (mis en ligne le 18/05/2016)

La nouvelle ministre de la Culture, Alda Greoli, a choisi de signer le plus rapidement possible des dossiers de subventions urgents, prêts, mais bloqués depuis longtemps. En voilà trois exemples importants.

Le MAD musée de Liège possède une belle collection de 2500 œuvres d’Art Brut contemporain dont beaucoup d’artistes déficients mentaux. En début d’année, le musée avait appris avec stupeur que la ministre de la Culture Joëlle Milquet ne pourrait plus honorer une promesse d’il y a 8 ans, de rénover et agrandir le musée au parc d’Avroy. Tout était prêt avec un beau projet et une grande urgence. La Communauté française devait y apporter 1,8 million. Cet arrêt était pour le musée une catastrophe. La nouvelle ministre, Alda Greoli, Liégeoise désormais, vient de signer la subvention promise de près de 1,8 million d’euros. Mais (cela fait-il partie du deal ?), le directeur du MAD, Pierre Muylle et deux salariés ont reçu leur préavis par mesures d’économies. Et le Créham dont dépend le Mad musée, cherche des partenariats avec le privé.

Alda Greoli qui veut signer rapidement les dossiers de subvention prêts mais en attente, a aussi accordé 2,9 millions au musée juif de Bruxelles pour doubler ses surfaces d’exposition, améliorer la scénographie et créer un auditorium.

Créé il y a un an, le Centre Keramis- Centre de la Céramique de la Fédération Wallonie-Bruxelles- à La Louvière, n’avait pas reçu les moyens d’assurer son fonctionnement annuel. Un audit de la Communauté française elle-même, l’avait démontré. Keramis attendait donc un meilleur subventionnement depuis des mois pour pouvoir payer son personnel et organiser des expositions. Alda Greoli vient de signer un subside complémentaire de 215.000 euros afin de boucler ses coûts de fonctionnement évalués en janvier dernier par cet audit.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 14/05/2016)

L’artiste transformera les chewing-gums collés sur le sol en petites oeuvres d’art.

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©Pierre-Yves Thienpont - Le Soir
    ©Pierre-Yves Thienpont – Le Soir

Le piétonnier bruxellois sera le terrain de jeu, du 31 mai au 3 juin, de l’artiste Ben Wilson, le peintre du chewing-gum. L’artiste transformera les chewing-gums collés sur le sol en petites oeuvres d’art.

La visite de Ben Wilson est programmée dans le cadre de l’évènement culturel VOLTA – Nacht van de Toekomst in Brussel. L’artiste britannique transformera des centaines de chewing-gums en peintures miniatures.

Plusieurs milliers d’oeuvres de l’artiste sont notamment visibles dans des rues de Grande-Bretagne ou ailleurs en Europe.

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La ministre démissionnaire a adressé une lettre où elle explique sa tristesse face à sa démission, mais où elle continue de se défendre bec et ongles.

En début de semaine, Joëlle Milquet a démissionné de son poste de ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance en raison de son inculpation dans le dossier des collaborateurs fantômes.

Une démission qui lui reste visiblement en travers de la gorge… Dans un communiqué où elle fait ses adieux au secteur culturel, la ministre démissionnaire en profite pour (re)taper du poing sur la table.

« Je n’ai rien à me reprocher »

Son premier paragraphe s’étend sur sa déception et sa tristesse de quitter la Culture mais, dès les premières lignes, Joëlle Milquet réfute fermement les griefs qui lui sont reprochés. Dès le deuxième paragraphe, elle déclare : « Sachez que je n’ai rien à me reprocher et j’affirme n’avoir commis aucune infraction ni aucune illégalité dans le dossier qui est instruit à ma charge et qui se limite à remettre en cause des activités jugées toujours régulières dans les cabinets. Je le démontrerai avec toute l’énergie dont je suis capable. C’est essentiel pour mon honneur car tous ceux qui me connaissent et me suivent depuis des années savent à quel point mon intégrité n’a jamais été mise en cause. »

La ministre démissionnaire finit par remercier tout le secteur, précisant que la Culture est « la première réponse que nous devons opposer à tous les extrémismes et obscurantismes qui traversent notre société ».

Pour accéder au courrier, cliquez ici.

Auteur: C. TQ
Source: Le Soir (mis en ligne le 14/04/2016)

On me jugera sur mon action . »Telle était la certitude que la ministre de l’Education rappelait à « La Libre » en janvier dernier.

Son action en matière d’enseignement restera cependant interrompue « au milieu du gué«  , avant que de réels résultats puissent être engrangés et sans qu’un vrai bilan politique puisse dès lors être dressé.

Energique mais confuse

L’ère Milquet mérite pour autant d’être qualifiée. Le premier point mentionné par la majorité des acteurs est l’implication « énergique et volontaire«  de la ministre. « Elle était très présente, même lors de réunions techniques où l’on voit rarement des ministres » , mentionnait lundi Joan Lismont, président du Sel-Setca.« On avait toujours plusieurs fers au feu avec Joëlle Milquet et l’on travaillait à un rythme effréné » ,renchérissait Pascal Chardome, le président de la CGSP-Enseignement, qui redoute une difficile succession. « On perd notre capitaine. Même si l’on n’était pas toujours d’accord avec elle, elle savait ce qu’elle voulait«  , note Eugène Ernst du côté de la CSC, qui mentionne aussi son énergie lors des discussions budgétaires.

« C’est vrai que son investissement était exceptionnel. Il y avait chez elle une vraie volonté de réformer l’enseignement, et sur ce point-là, si son ou sa successeur n’a pas sa poigne, on peut craindre en effet que les réformes engagées ne s’effilochent«  , jugeait de son côté Roberto Galluccio, l’administrateur-délégué du Cpeons, l’enseignement des communes et des provinces.

Mais derrière cette énergie, se cachait une méthodologie « trop brouillonne, chaotique et même incohérente parfois«  , regrettent, dans le même souffle, de nombreux acteurs. « Elle initiait beaucoup de projets, en voulant cependant aller plus vite que la musique. De temps à autre, on apprenait lors de ses discours devant le Parlement qu’elle avait pris des décisions sur ce qui était toujours en discussion au niveau du Pacte«  , expliquait encore Joan Lismont. Cette multiplicité ne rendait pas toujours sa politique très lisible. « On ne saura jamais vraiment où elle voulait mener l’enseignement » , concluait-il.

Présente depuis 2001

« Enthousiaste«  , mais « confus e«  ou « trop brusque«  parfois, Joëlle Milquet aura donc été la ministre d’une nouvelle dynamique.

Secrétaire général de l’Enseignement catholique, Etienne Michel va cependant plus loin. Il note que Joëlle Milquet fut déjà celle qui permit de refinancer l’enseignement avec les accords de la Saint-Boniface en 2001. A l’époque, elle était présidente du PSC. « C’est elle aussi qui a rapidement conscientisé le secteur au choc démographique qui allait se produire à Bruxelles. C’est elle enfin qui, toujours en tant que présidente de parti, a offert aux pouvoirs organisateurs de participer aux accords sectoriels.« 

Si Joëlle Milquet fut donc intéressée par les dossiers touchant à l’enseignement depuis longtemps, l’histoire retiendra de ses deux années en tant que ministre les diagnostics de l’enseignement rédigé dans le cadre du Pacte, des réformes concernant le pilotage des écoles en difficulté, ou la décision d’offrir des référentiels de compétences en maternelle (deux réformes qui furent critiquées).

On retiendra enfin ses erreurs en termes de communication, par exemple lorsqu’elle évoqua la création de « safe rooms » pour favoriser la sécurité des élèves en cas d’attaque terroriste. Une sortie qui ne favorisa en tout cas pas la sérénité des parents.

Le Pacte d’excellence devrait survivre

Le Pacte. Le Pacte pour un enseignement d’excellence, c’était le grand chantier de la ministre. Réunissant de très nombreux acteurs de l’enseignement, il doit, d’ici la fin de l’année (normalement), présenter une série de réformes dans de très nombreux domaines (de la formation initiale des enseignants, aux enjeux de la gouvernance, en passant par une redéfinition des savoirs et compétences).

Les travaux. La dynamique du Pacte devrait survivre au mandat de Joëlle Milquet. Les acteurs craignent néanmoins que les ambitions soient revues à la baisse. Le chantier est en effet énorme et beaucoup voyaient dans la volonté de la ministre le gage de son bon déroulement.

Le tournant. Le moment est d’ailleurs crucial pour le Pacte. C’est cette semaine que doit être rédigée une note de synthèse qui sera soumise au gouvernement. Jusqu’à ce jour, par ailleurs, les participants ont pu ouvrir des réflexions très diverses, ce qui a contribué à la richesse du Pacte. Il est cependant venu le temps d’opérer des arbitrages politiques en fonction de l’orientation que l’on souhaite désormais lui donner, et en fonction des contraintes budgétaires. Pour beaucoup, la démission survient dès lors à un très mauvais moment.

Un « premier couteau » qui n’a pas ou peu servi

Le secteur culturel, ravi de se découvrir un représentant de poids, n’a pas eu le temps d’en profiter. Retour au point mort.

Je m’exprime de cet endroit-là parce que j’ai encore la chance de pouvoir faire mon métier. » Juillet 2014, Avignon. Fabrice Murgia prend la parole à l’issue du spectacle qu’il a mis en scène, « Notre peur de n’être ». Il exprime les craintes ressenties par tout un secteur. Il est question de financements, toujours plus difficiles à obtenir. Il est aussi question de déconsidération.

Joëlle Milquet est à peine nommée ministre de la Culture que la réalité lui est collée sous le nez. Statut de l’artiste revu à la baisse, réduction des budgets, non-indexation répétée des contrats-programmes, sur l’établi qui sera celui de la première CDH occupant le poste depuis 1981 : les outils à rafistoler sont nombreux.

Une experte… de la politique

Concédant tout de go ne pas être experte en la matière, Joëlle Milquet a pour elle d’être un poids lourd de la vie politique, un « premier couteau » comme la qualifie alors Guy Duplat dans ces colonnes.

La réduction budgétaire annoncée d’entrée (-3 %) ne lui cause pas de préjudice, tant le milieu culturel francophone est conscient que cette économie est minime par rapport à ce qu’entendent imposer la Flandre (-7 %) et le fédéral (-16 %). Son programme tient en cinq points : remettre le curseur sur les artistes, élaborer une stratégie numérique, démocratiser, instaurer une nouvelle gouvernance des politiques culturelles et allier culture et école. Tiens, l’école ?

C’est que Joëlle Milquet n’est pas « que » ministre de la Culture. Elle a aussi, et surtout, hérité du portefeuille de l’Enseignement (lire ci-contre). L’addition apparaissait ambitieuse. Sans doute le fut-elle trop.

Absorbée par la confection du Pacte d’excellence, Joëlle Milquet ne fut que peu présente sur le terrain culturel. Confrontée à l’épineux dossier des contrats-programmes après avoir annoncé « moins de saupoudrage, des choix mieux ciblés, plus clairs, des décloisonnements et des mutualisations », elle se contente de prolonger, mi-2015, tous les contrats existants jusque fin 2016. En modulant les montants à percevoir de -5 % à +5 %, elle annonce toutefois la couleur tout en laissant aux moins bien lotis« une chance de prouver leur nécessité et de s’adapter ». Mais c’est à un regard neuf qu’il incombera d’examiner ces « preuves ». Et sans perdre un instant.

Auteurs: Gilles Milecan et BDO
Source: La Libre (mis en ligne le 12/04/2016)

La ministre de l’Education et de la Culture est soupçonnée d’avoir recruté des personnes à son cabinet pour assurer sa campagne électorale de 2014.

On s’y attendait, c’est fait. Ce lundi matin, la vice-présidente de la Communauté française, ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance Joëlle Milquet (CDH), a annoncé sa démission suite au dossier des collaborateurs fantômes : «  Il est temps de sortir publiquement de la réserve. Je remets mon mandat entre les mains du Parlement ».

La vie politique mouvementée de Madame «non»: notre ligne du temps

Flanquée de ses avocats Adrien Masset et Laurent Kennes, la Bruxelloise a organisé une conférence de presse lundi matin. Expliquant avoir vécu tout cela comme une «  attaque politique  » à son égard, la ministre a signalé avoir reçu un acte d’inculpation en fin de semaine dernière.

L’affaire avait été révélée par le magazine Le Vif/l’Express en février 2014.

« Il ne s’agit absolument pas d’emplois fictifs »

Pour rappel, une instruction judiciaire avait été ouverte en avril 2015. Joëlle Milquet est soupçonnée d’avoir utilisé des fonds des cabinets de l’Intérieur et de l’Egalité des chances (sous le précédent gouvernement) pour engager huit collaborateurs six mois avant les élections de 2014. Pour le magistrat instructeur, ces personnes auraient travaillé à la campagne électorale de la ministre. En juin 2015, des perquisitions avaient été menées au cabinet de la ministre et au domicile de certains de ses collaborateurs.

«  La loi autorise les recrutements, a exposé la ministre lundi matin. Il ne s’agit absolument pas d’emplois fictifs dans cette affaire.  » Elle poursuit : « Cinq collaborateurs sur huit m’ont suivie au ministère de l’Éducation ».

Milquet et ses avocats ont fait valoir qu’un collaborateur de cabinet n’est pas un agent de l’Etat, soumis au devoir de neutralité. Un cabinet est une cellule politique et il suppose que les personnes qui y travaillent accomplissent un travail politique.

«  En conclusion, je n’ai rien à me reprocher et n’ai commis aucune infraction. Il s’agit de griefs non fondés. Je le prouverai  », a martelé la ministre évoquant encore «  des conséquences humaines difficiles à vivre  ».

Cinq indices ont mené à l’inculpation

Après avoir remercié les acteurs de l’enseignement et ses enfants – «  J’aurai enfin du temps à leur consacrer  » – la ministre a laissé la parole à ses avocats.

Sur l’inculpation de Joëlle Milquet, ils estiment que «  l’intérêt privé que la ministre aurait défendu serait en fait un intérêt politique  ». Concernant l’acte d’inculpation en lui-même Me Adrien Masset et Me Laurent Kennes assurent qu’il concerne essentiellement le fonctionnement global des cabinets politiques : «  Ce qui nous a frappés en tant qu’avocats, c’est que cela ne concerne pas forcément Joëlle Milquet. »

Pour les conseils de la ministre, il est «  normal  » qu’un homme politique fasse campagne, et que ses collaborateurs y participent. «  Or, pour Joëlle Milquet, c’est jugé suspect  », estiment-ils. Ce qui n’a pas empêché le duo de revenir précisément sur «  les cinq indices  » qui ont mené à l’inculpation de leur cliente. Parmi eux, les octrois de congés, des SMS suspects, et des questions sur les origines des collaborateurs.

Rappel des faits

Le Vif avait publié les profils de fonctions de ces nouveaux collaborateurs, issus pour la plupart de communes bruxelloises et de minorités ethniques, déjà mandataires communaux qui allaient se retrouver comme candidats du CDH sur les listes régionales ou fédérales. Ces profils de fonction leur assignaient des tâches préélectorales, ce qui est contraire à la législation électorale qui interdit de mener campagne en bénéficiant de l’appui de cabinets ou d’administrations.

Ces collaborateurs auraient notamment été chargés de repérer dans les agendas culturels de la Région bruxelloise les événements susceptibles de faire l’objet de la campagne. L’un de ces nouveaux engagés aurait ainsi été impliqué dans l’organisation d’une fête célébrant, en présence du président turc Erdogan, le 50e anniversaire de l’immigration turque. Le Vif précisait que les invitations à cet événement auraient été confectionnées au cabinet. Joëlle Milquet avait protesté : « C’est à la limite de la calomnie et c’est surtout stigmatisant pour les collaborateurs concernés. Je ne regarde pas les origines mais la compétence des gens avant d’engager qui que ce soit  ». Lors de l’ouverture de l’information judiciaire, elle avait estimé que celle-ci mettrait «  un terme aux rumeurs  ».

Auteurs: Valentine Antoine, Pierre Bouillon, David Coppi
Source: Le Soir (mis en ligne le 11/04/2016)