Archives for the month of: mars, 2011

Publication : Alter Echos, n° 311, secteur : Territoires, rubrique : Actualité, date : le 07.03.2011

Par Jacques Remacle

Etats généraux bis ? Prélude à une régionalisation de la Culture ? Un nouveau débat sur le plan culturel de Bruxelles ? Beaucoup de questions entourent le lancement de ces assises du développement culturel territorial.

Le Théâtre de la Place des Martyrs est bien rempli ce samedi 19 février. L’événement est de taille. On y lance les assises du développement territorial culturel. A l’arrière de la tribune, un zoom sur un plan de Bruxelles agrandissant l’avenue Louise… Faute de goût, car on va, on doit, beaucoup parler des quartiers populaires !

Lier développement territorial et politique culturelle ? L’idée n’est pas neuve. Elle est même recommandée dans la stratégie de Lisbonne : l’Agenda 21 pour la Culture invite les collectivités à analyser les spécificités de leur territoire. Articuler les politiques culturelles sur les territoires en Belgique ? Pas facile dans une réalité institutionnelle faite de Régions et de Communautés même si la thématique est présente dans la plupart des déclarations de politique régionales et communautaires depuis plusieurs législatures.

« La question dépasse donc largement la Communauté française. Les territoires sont différents selon qu’ils soient urbains ou ruraux, selon les populations et les catégories socio-économiques qui y habitent. Les problèmes des villes millionnaires sont en général assez proches alors qu’elles sont éloignées », commente Roland Van der Hoeven, inspecteur-directeur à la Communauté française, une des chevilles ouvrières de ces assises.

Etablir un diagnostic partagé

Les assises devraient se faire sur l’ensemble de la Communauté française, territoire par territoire. « L’objectif est de dresser un diagnostic des territoires. La méthodologie sera répétée : partir d’une analyse socioéconomique, présenter les données détenues par l’administration et permettre aux opérateurs d’apporter leurs commentaires. Ce diagnostic se veut partagé entre les différents pouvoirs publics, les opérateurs et les publics, même si ce dernier point est plus difficile », décrit le fonctionnaire.

Après la phase de lancement, des groupes de travail seront constitués autour de trois axes : les populations, les territoires (avec une réflexion autour de l’attractivité) et un axe plus méthodologique sur la gouvernance dont l’objectif sera de renforcer les synergies. L’unité choisie en Wallonie est l’arrondissement administratif. « Ce niveau permet néanmoins de recouper certaines statistiques », explique l’inspecteur. A Bruxelles, choisie comme premier territoire, ce n’était évidemment pas possible : on aurait du étudier BHV ! A propos, pourquoi Bruxelles pour commencer ? Emir Kir (PS), ministre de la Cocof en charge de la Culture, s’en est pour sa part félicité. « Bruxelles représente l’offre culturelle la plus dense ; les défis y sont nombreux et particuliers : boom démographique, diversité culturelle, taux de chômage élevé, taux important de jeunes », souligne-t-il en ouverture des assises. Roland Van der Hoeven va dans le même sens. « Des préalables existaient. La Cocof et nous travaillions sur la cartographie depuis un certain temps1. Nous avions déjà établi un répertoire des opérateurs. Des données socio-économiques étaient en préparation. Une agglomération wallonne et une zone plus rurale vont suivre rapidement », explique-t-il.

Aucune volonté de régionaliser la culture

« Qu’on n’y voie aucune velléité de régionalisation de la culture », insiste d’emblée Fadila Laanan (PS), ministre de la Culture de la Communauté française. « Mais le fait territorial ne peut être nié. Bruxelles a ses particularités : son aspect cosmopolite, la présence importante de primo-arrivants. Les politiques culturelles doivent tenir compte de ces disparités », soutient la ministre. Autre point important de ces assises : la transversalité. « Excepté le service de l’inspection, l’organisation du ministère est articulée autour des secteurs. La transversalité doit être mise en lumière et elle peut se faire autour des territoires », nous dit-elle. La multiplicité des acteurs et pouvoirs publics est encore soulignée. « On doit faire le lien avec les autres politiques comme l’emploi et la mobilité. Je vous donne un exemple. Je suis compétente pour le cinéma, mais les dispositifs régionaux existants comme Bruxellimage et Wallimage ainsi que le Tax Shelter fédéral ont une importance cruciale pour le secteur », souligne la ministre.

Objectif des assises ? « Redonner une impulsion comme les Etats généraux l’avaient fait à mon arrivée. En 2013, nous pourrions disposer d’une vision sur l’ensemble des territoires de la Communauté. Le processus se déroulera environ sur six mois dans chaque territoire », conclut Fadila Laanan.

Un plan bruxellois pour fin 2011

Un délai de six mois ? Voilà qui permettra à Emir Kir de lancer le plan culturel pour Bruxelles au programme de sa législature. Tout le monde semble accepter l’idée d’un plan. Le mérite de celui du Réseau des arts pour Bruxelles (RAB) aura en tout cas été d’accélérer les dynamiques et de mettre cette question à l’agenda politique. Interpelé au Parlement bruxellois francophone, le ministre Kir définit son timing en quatre étapes. Si la proposition de Plan culturel élaborée par le RAB est considérée comme une bonne base de travail contenant des pistes intéressantes, ce plan est néanmoins incomplet faisant l’impasse sur une partie importante de la réalité culturelle bruxelloise. Le ministre et la commission « ad hoc » du parlement bruxellois francophone ont ainsi lancé des auditions d’acteurs culturels bruxellois. Le président de cette Commission, Vincent Lurquin (Ecolo), estime que ces auditions complètent avantageusement l’information. « Nous aurons auditionné une quinzaine de personnes d’ici la fin mai et les membres de la commission se sont également invités sur le terrain dans des lieux comme le Théâtre des Martyrs ou la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale », souligne le député écolo qui pointe l’importance du lien social et de la dimension interculturelle de la culture. Troisième étape : les administrations de la Communauté française et de la Cocof ont réalisé cette cartographie commune présentée au lancement des assises. « Les conclusions du travail mené dans le cadre des Assises bruxelloises constitueront l’un des éléments importants pour le développement du Plan culturel de la Cocof », déclare Emir Kir au Parlement en réponse aux interpellations prenant le temps de souligner que des contacts bilatéraux avec certaines autorités publiques précéderont la rédaction du Plan culturel prévu pour la fin de l’année, une manière de respecter l’importance de l’investissement de la Communauté française et des communes à Bruxelles et… de ménager Fadila Laanan, membre du PS bruxellois tout comme lui. « Et puis, il faut faire apparaître « les dessous de radars », c’est-à-dire les projets qui ne sont subventionnés par personne mais qui vivent réellement sur le terrain, et les intégrer à la cartographie », plaide Vincent Lurquin.

Faut-il élargir cette cartographie à aux opérateurs flamands ? Tout le monde dit le vouloir même si des problèmes de méthodologie et des questions politiques se poseront. « L’invitation est faite. La question est difficile vu le contexte institutionnel actuel. Le pôle francophone ne va donc pas attendre pour avancer », pose Fadila Laanan. « Il faut en tout cas trouver une articulation avec la VGC », estime Vincent Lurquin.

Vers une plate-forme régionale ?

Thierry Van Campenhout, directeur du Centre culturel Jacques Franck à Saint-Gilles et désormais président de la concertation des centres culturels bruxellois fut l’un des premiers opérateurs auditionnés par la Commission. « Je me suis beaucoup investi dans le Réseau des arts qui était une démarche collective qui a permis d’amener le débat à l’agenda politique. Ce n’était pas faute de ne pas y avoir pensé avant », raconte celui qui dirige le CCJF depuis treize ans. Exhumant une note rédigée en 2004 pour la défunte Association intercommunale culturelle bruxelloise, il estime que les enjeux n’ont pas profondément changé. « Une concertation est nécessaire entre tous ces décideurs. C’est la première étape. Il faut prévoir une Commission régionale de développement culturel, réunissant les différents pouvoirs publics et plates-formes d’opérateurs culturels. Son objet serait l’accompagnement d’un véritable plan régional de développement culturel », assène-t-il. Pour lui, devraient y participer la concertation qu’il préside, le Réseau des arts et son pendant néerlandophone, le BKO, ainsi que l’association réunissant les Gemeenschapcentra, le Conseil bruxellois des musées et quelques autres… « Une telle plate-forme pourrait à terme déboucher sur une agence régionale spécifique telle qu’il en a existé en Wallonie », soutient-il. Un centre culturel régional bruxellois ? L’idée est déjà apparue plusieurs fois mais ne s’est jamais concrétisée. « Il faut faire le constat que les Halles de Schaerbeek et le Botanique sont devenus des institutions totalement dédiées aux arts de la scène et aux projets, certes nobles et ambitieux, mais n’ayant plus rien à voir avec la politique de proximité des centres culturels », précise-t-il évoquant un transfert de ces institutions au secteur des Arts de la scène qui libérerait des moyens dans le secteur des centres culturels.

Pour Hamza Fassi-Fihri, député régional et échevin de la Culture de la ville de Bruxelles (CDH), la question est peut-être plus politique. Pour lui, culture et développement économique et territorial doivent être intimement liés. « Poser ce débat à Bruxelles est très compliqué. Dans les commissions, on est tout de suite hors compétence », constate-t-il en cherchant une solution qu’il pense avoir trouvée dans le Tourisme. « BITC est une asbl rassemblant tous les pouvoirs publics concernés et certains opérateurs du secteur touristique. Ce dialogue a permis de créer une politique commune forte. Je ne propose pas de créer une asbl, mais une plate-forme regroupant les pouvoirs publics qu’ils soient régionaux, communautaires ou fédéraux, en y associant des représentants du secteur », conclut-il rejoignant dans la pratique le point de vue de Thierry Van Campenhout. Plus politique néanmoins, il redoute que la Cocof y aille trop isolément. « Le ministre Kir veut faire son Plan. C’est légitime et j’adhère à ce principe contenu dans l’accord de majorité. Mais y associer la Région et la Communauté doit se faire. Se contenter de les associer aux groupes de travail des assises me paraît insuffisant », critique-t-il.

On attend désormais les conclusions de ces assises. « Notre enjeu est de cadrer le débat », souligne Roland Van der Hoeven. Le défi démographique bruxellois est certainement le phénomène le plus important. Il est évident que ce défi est culturellement très marqué par l’émergence d’une population massive d’origine musulmane. « L’offre doit s’adapter à la demande. Il est nécessaire de parler d’interculturalité et de nouvelle identité bruxelloise. Les politiques de jeunesse sont extrêmement concernées. Les réponses doivent venir des assises », conclut-il. Nous les examinerons dans six mois!

Des vides inquiétants (encadré)

La cartographie relève aussi des zones délaissées. « Il faut relativiser. Qu’il n’y ait pas d’opérateurs là où il n’y a pas d’habitants est plutôt positif, qu’il n’y en ait pas dans certaines zones aisées où la mobilité est forte n’est pas alarmant non plus. Mais qu’il n’y en ait pas dans des zones denses et populaires est un vrai problème », soulève Roland Van der Hoeven. Visées, les communes de l’ouest de Bruxelles, dont Anderlecht et Molenbeek. Municipaliste anderlechtoise, Fadila Laanan reconnaît une faiblesse liée à l’histoire de la commune. « On n’a pas assez tablé sur la Culture. Dans mon quartier de la Roue, les manques sont criants. Il faudra y travailler dans les années qui viennent », soutient-elle. Croisé à la sortie de la réunion, Claude Fafchamps, directeur de la compagnie Arsenic, théâtre itinérant : « Il n’y a pas de souci pour les zones moins desservies, l’outil itinérant est là pour cela, non ? », plaisante-t-il. Tellement vrai pourtant, une Maison des cultures itinérante est en gestation à la Cocof…

Quelques éléments statistiques

Incontestablement, le défi démographique saute aux yeux. La courbe de la croissance de la population s’est inversée depuis 1995 et s’est accompagnée d’un rajeunissement de la population, principalement des jeunes adultes et des enfants en bas âge.

La connaissance des langues voit aussi qu’en dix ans, l’anglais a supplanté le néerlandais comme deuxième langue bien connue. L’usage des langues comme l’apparition du lingala au septième rang des langues connues à Bruxelles et l’augmentation de l’espagnol reflète une diversité culturelle renforcée de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.

L’étude montre aussi qu’une part importante du temps libre se passe au domicile et les questions d’accessibilité sont aussi liées au transport. Le RER permettra-t-il un accès renforcé ? Voici un bel exemple de question transversale ! Bruxelles compte 700 000 emplois. Environ 300 000 d’entre eux sont occupés par les navetteurs.

L’étude des flux financiers par l’administration est aussi importante à rappeler. Environ 40 % des moyens des opérateurs viennent du binôme Communauté-Cocof, 15 % du binôme Vlaamse Gemeenschap-VGC, près de 23 % des communes, 15 % du fédéral et 7 % de la Région. Le constat que l’ensemble des communes est le deuxième opérateur en matière de flux financier, n’est pas passé inaperçu…

  1. La cartographie et l’ensemble des documents de cette matinée sont disponibles à l’adresse Internet suivante : www.culture.be/index.php?id=7568.

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Contact

Jacques Remacle, correspondant Agence Alter
jacques.remacle@skynet.be

Distiller l’art contemporain à doses homéopathiques…

Outre son offre culturelle diversifiée, – expositions, théâtre jeune public, visites guidées, journées culturelles, concerts, ateliers, Fêtes romanes, Fête de la Musique… – le Centre culturel de Woluwe-Saint-Lambert possède une programmation caractérisée par la création artistique contemporaine. Rencontre avec Solange Wonner, l’animatrice-directrice du Centre culturel Wolubilis.

1. Quand le centre culturel Wolubilis a-t-il été créé ? Quels ont été les moyens mis en œuvre à l’époque ?

La création du Centre culturel Wolubilis remonte à plus de 30 ans. A l’époque, il s’agissait du Foyer culturel. Au départ, nous étions deux à occuper un bureau à la maison communale. Certaines associations, aujourd’hui reconnues comme CEC, (les Ateliers Malou et les Ateliers de la Rue Voot,…) faisaient partie du foyer culturel et participaient à la dynamique du tissu associatif de la commune.

Ensuite, l’idée a été de récupérer les pavillons de l’Athénée royal désaffectés et d’y installer le Foyer culturel et les associations socio-culturelles qui n’avaient pas de toit. Cette situation devait être provisoire. En effet, si l’Athénée avait quitté les lieux, c’est parce que les locaux étaient vieillots et encore chauffés au charbon de bois. Mais la commune a équipé les lieux, de sorte que finalement, cette situation provisoire a duré plus de 20 ans, dans un esprit de « village culturel ». Enfin, en 2005, après de nombreuses tergiversations, la commune a investi dans du « dur » et a construit un complexe culturel avec une salle de 500 places, de nombreux plateaux qui sont devenus des ateliers, des bureaux et les associations y ont retrouvé des espaces adéquats. En 2010, Wolu-Culture a été rebaptisé « Centre culturel Wolubilis ».

2. Racontez-nous vos débuts. Depuis quand travaillez-vous pour le Centre culturel Wolubilis ? Quelles motivations ont présidé à la voie actuelle ?

J’ai été engagée en 1976. Un espace d’exposition a immédiatement été mis à notre disposition, le château Malou, et nous l’avons investi sans tarder en organisant des expos thématiques. La première portait sur la Chine et l’idéologie de Mao Tsé Tung. Une dizaine d’années après, nous avons dû quitter les lieux car nous prenions un peu trop d’espace… C’est alors que la Commune a rénové la conciergerie du château. C’est ainsi qu’est née la Médiatine, dans le parc Malou, à 100 mètres de Wolubilis.

Depuis lors, nous avons toujours privilégié l’art contemporain via l’organisation d’expositions, mais aussi en développant une véritable politique de soutien à l’art émergeant. Aujourd’hui, nous sommes reconnus et nous avons un certain crédit. Nous développons plusieurs axes autour de l’art contemporain :

  • Le soutien à l’art émergent avec son pôle exposition, le Prix Médiatine, les monographies d’artistes, l’expo Truc Troc, l’Artothèque et une politique éditoriale pour les expos ;
  • L’éducation permanente articulée sur la thématique du décodage de l’art d’aujourd’hui tant pour les adultes que pour les enfants (visites guidées, ateliers, journées culturelles) ;
  • Le festival arts de rue (Fêtes romanes) ;
  • Le pôle Jeune public en collaboration avec Pierre de lune ;
  • Le théâtre ;
  • Les Ateliers du Temps Libre (plus de 30 formations hebdomadaires).

Le Centre culturel Wolubilis axe sa programmation sur le jeune public et sur les artistes de la Communauté française. Pour cela, le festival Pâques en Musiques est un formidable projet qui combine ces deux aspects prioritaires. Quant aux Fêtes romanes, elles ont lieu dans le cadre de la fête de la Communauté française du 27 septembre, et sont, depuis peu, reconnues officiellement comme festival des arts de la rue à part entière.

Mais, notre spécificité principale demeure la dimension « arts plastiques contemporains ». A ce niveau, le volet expositions nous a toujours caractérisés. Même lorsque nous étions encore attachés à la Maison communale, nous avions à disposition une salle au Château Malou. Nous y organisions déjà des expositions d’art ainsi que des conférences.

Chaque exposition donne naissance à une publication, comme les monographies, outil promotionnel important pour les artistes. Toujours dans cet objectif de soutien, nous assurons un suivi en créant un catalogue dans lequel est référencé le travail des différents artistes exposés. La politique éditoriale du Centre culturel permet donc, en tant que fil conducteur, d’apporter une certaine cohérence au parcours de l’artiste.

Aussi, nous organisons tous les ans un concours pour jeunes artistes, le Prix Médiatine, qui est reconnu sur la scène internationale. Le jury du concours est composé d’experts, notamment des journalistes et des critiques d’art représentant des institutions culturelles et artistiques. L’artiste peut alors voir son travail récompensé par ce jury, mais également la Cocof, la Communauté française, la Ville de Bruxelles, le public ou encore les écoles. Dans ce dernier cas, l’artiste « coup de cœur » a la possibilité d’être invité dans les écoles afin de présenter son travail aux enfants.

De plus, la Bissectine, sorte de salle-laboratoire au service de l’art en émergence, est mise à disposition des artistes. Nous y accueillons des jeunes qui se situent à la frontière entre les arts de la scène et les arts plastiques afin qu’ils puissent « sentir » la scène. Ensuite, quand ils sont prêts, ils sont programmés dans le théâtre de Wolubilis. Bref, le Centre culturel se veut également être un espace de création.

Parallèlement aux expos d’artistes émergents de Belgique, nous organisons également des expositions d’artistes reconnus sur la scène internationale. Par exemple, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow, ou l’artiste congolais Body Isek Kingelez, qui crée des villes imaginaires en carton, idéales et pacifiques. Ces expos internationales donnent un label de qualité au Centre culturel, ce qui est également bénéfique pour les artistes issus de la Communauté française.

3. Pouvez-vous nous en dire plus sur les missions d’éducation permanente soutenues par le Centre culturel Wolublis ?

Toutes nos expositions, nos conférences et visites contribuent à nos missions d’éducation permanente et s’articulent autour de l’apprentissage du langage de l’art et de l’image. Et ceci à l’attention du grand public, mais aussi des écoles. Nous organisons également, avec la Ligue des Familles, des visites guidées d’expositions « Enfants-parents admis » qui, comme son nom l’indique, s’adressent aux enfants accompagnés de leurs parents et qui se clôturent par un atelier. Des apéros-rencontres sont aussi mis en place avec les comités de quartier en présence des artistes.

4. Parlez-nous de l’Artothèque

L’Artothèque est une galerie de prêt d’œuvres d’art qui, depuis 2010, est rattachée au Centre culturel Wolubilis. Ce service renforce le pôle artistique de nos actions : les Prix Médiatine sont notamment intégrés à la collection. Le principe est simple : des artistes y déposent leurs œuvres d’art, qui sont dès lors mises à disposition du public. Le montant de la location – les prix sont démocratiques –  d’une œuvre revient directement à l’artiste. L’Artothèque conserve également le patrimoine d’œuvres plastiques de la Commune.

Tous les courants artistiques y sont représentés. On peut alors utiliser ce service à des fins pédagogiques pour, par exemple, expliquer aux plus jeunes la différence entre le figuratif et l’abstraction.

5. Qui sont vos partenaires ?

Nous entretenons des collaborations avec plusieurs associations, dans un esprit de complicité et de complémentarité que ce soit pour la Fête de la Musique, les Fêtes romanes, l’Académie d’été, le festival Pâques en Musiques, les visites guidées de nos expos, etc. Chaque association apporte sa spécificité et son énergie.

Le Centre d’expression et de créativité (CEC) Ateliers du Temps Libre est l’un des collaborateurs privilégiés de Wolubilis car la structure porteuse du CEC est le Centre culturel. Cette association s’appuie sur des pratiques qui mettent en présence des amateurs entourés de professionnels.

6. Quel regard portez-vous sur l’évolution des publics qui participent aux activités du Centre culturel ? Quelles actions de proximité ont été engagées auprès des populations fragilisées ?

Le public qui venait lorsque nous étions toujours dans les pavillons préfabriqués était un peu différent de celui qui vient à l’heure actuelle. Est venu s’ajouter un public beaucoup plus « huppé ».

Ceci dit, les Fêtes romanes, par exemple, sont très populaires. Elles ouvrent les espaces et désacralisent les bâtiments du Centre culturel. De plus, nous essayons à tout moment d’être attentifs au tissu associatif et à nos missions d’éducation permanente, notamment par le développement d’activités spécifiques avec les comités de quartier, le CPAS, etc.

7. Quelles sont les personnes impliquées dans les projets du Centre culturel ?

Les fonctions : Solange Wonner (directrice), Murielle Tanter (animatrice Artothèque), Bob Van der Auwera (animateur Artothèque), Francine Brunin (Animatrice CEC Ateliers du Temps Libre), Daphné Liberatore  (Théâtre, Arts de Rue, publication du Culturescope), Catherine Husson  (Communication, Presse, expo Truc Troc), Paul Gonze (Responsable « arts plastiques »), Virginie Cordier (Responsable de l’éducation permanente), France Deblaere (Musique, Arts de Rue), Alexandre M’Rabet (Secrétaire)

8. Pouvez-nous nous faire partager une anecdote ou un souvenir particulier ?

Ce qui m’a le plus marqué tout au long de ma carrière, ce sont les rencontres que j’ai pu faire. Je pense notamment à des personnalités telles que le sculpteur Ousmane Sow. Il s’agit de personnes qui ont eu un parcours international, et qui ont su garder la simplicité qui caractérise les grands hommes. Je pense aussi à ces personnes que je vois en début d’année à nos ateliers et qui sont métamorphosées en fin d’année grâce à la confiance qu’elles ont retrouvé en participant à ces formations, ou aux regards d’enfants devant un tableau.

Comme anecdote, je citerai le mail d’un artiste à propos de l’expo « Truc Troc » que nous organisons au Palais des Beaux-Arts. Pour rappel, le principe de cette expo réside dans le fait que toutes les œuvres exposées sont susceptibles d’être échangées contre toute proposition, sauf de l’argent. Les visiteurs ont la possibilité de faire part de leurs propositions de trocs à l’artiste via un post-it qu’ils apposent à côté de l’œuvre souhaitée. Lors de la dernière édition, une dame avait posé un post-it à côté d’une œuvre, sur lequel il était noté : “J’ai passé deux magnifiques heures en compagnie de votre œuvre”. Il y avait aussi d’autres propositions plus mercantiles (villa au lac de Côme etc..). Mais l’artiste a choisi de donner son œuvre à la première dame, car il avait été très touché par son petit mot. Cette anecdote met en évidence la fonction première de l’art : la rencontre de l’Autre.

9. Quels sont les projets, les perspectives du Centre culturel Wolubilis ?

Nous souhaitons développer le festival d’art de rue qui vient juste d’être reconnu comme tel et tenter d’en faire le premier événement de ce type à Bruxelles. De plus, nous avons pour ambition de continuer à développer le volet « Arts contemporains », ainsi que des nouveaux partenariats.

10. Contacts et information

www.wolubilis.be

www.artotheque.be

www.wolubilis.be/fr/ateliers

La Concertation des Centres culturels bruxellois vous invite à son troisième Déjeuner thématique :

« LA GRATUITE DE L’OFFRE CULTURELLE : FAUT-IL Y PARVENIR ? »

Le 31 mars prochain, de 12h à 14h, la Concertation vous donne rendez-vous au Centre culturel d’Evere pour son troisième déjeuner thématique. La question abordée sera celle de la gratuité de l’offre culturelle. Comment cette gratuité est-elle financée par les opérateurs culturels ? Quelles sont les modalités mises en œuvre pour produire des événements ouverts à tous ? Les risques pris par ces opérateurs en valent-ils la peine ? Dans quelles mesures la gratuité permet-elle de diversifier les publics ? Thierry Wenes, animateur-directeur du Centre culturel Armillaire de Jette, nous fera part de son expérience avec le Festival Jam’in Jette et nous éclairera sur ces délicates questions. Cette présentation de cas débouchera sur une discussion avec la salle à propos des avantages et inconvénients d’une offre gratuite des événements culturels.

La Concertation des Centres culturels bruxellois propose à tous les professionnels du milieu artistique et socioculturel un nouveau rendez-vous mensuel : les Déjeuners thématiques. Ces moments de dialogue traiteront des enjeux et axes prioritaires de la culture à Bruxelles via une réflexion commune permettant de renforcer les liens entre les différents acteurs et partenaires du secteur. Bref, une belle opportunité pour apprendre à mieux se connaître et à envisager de nouvelles collaborations !

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Le Programme

12h00 | 12h30  Accueil des participants et déjeuner

12h30 | 12h40  Introduction par Madame Karin Fontaine, animatrice-directrice du Centre culturel d’Evere

12h40 | 13h25 Présentation de l’expérience Jam’in Jette et discussion sur la gratuité de l’offre culturelle avec Monsieur Thierry Wenes, animateur-directeur du Centre culturel de Jette

13h25 | 13h55  Débat avec la salle

14h00 |              Clôture de la session

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Infos pratiques

Lors du Déjeuner thématique, un sandwich et une boisson vous sont offerts. N’oubliez pas de nous renvoyer votre bulletin d’inscription ! Pour toutes questions, n’hésitez pas à nous contacter :

Bénédicte Williot & Kassandra Decloux // Concertation des Centres Culturels Bruxellois

Tél. : 02/466.10.03   |  Mobile : 0474/45.01.45  |  communication@centresculturelsbruxellois.be



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BULLETIN D’INSCRIPTION | DÉJEUNER THÉMATIQUE CCCB # 03/11

31 MARS 2011 | CENTRE CULTUREL D’EVERE

Rue de Paris, 43 -1140 Bruxelles / Tél : 02/247.62.68

o   Participera au Déjeuner thématique # 03/11
o   Ne participera pas au Déjeuner thématique # 03/11

Veuillez nous envoyer votre inscription avant le 28 mars 2011 à communication@centresculturelsbruxellois.be

Nom : ……………………………………………………………………

Prénom :…………………………………………………………………

Organisme :………………………………………………………………

Fonction :…………………………………………………………………

Téléphone :………………………………………………………………

Adresse mail :……………………………………………………………

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Des murs qui tombent – Maison de Jeunes en expression

Avant de devenir directeur-animateur au Centre culturel Le Fourquet (Berchem), Julien Balfroid était coordinateur d’XL’J. Il a rassemblé ses expériences à la Maison de Jeunes d’Ixelles dans un livre qui vient de paraître chez Couleur Livres, avec le soutien du Service de la Jeunesse de la Communauté française.

Qu’est-ce qu’une Maison de jeunes ? Quelles sont ses missions, ses enjeux ? Quel rôle joue-t-elle dans un quartier ? Quelle place offre-t-elle à la création ? Quels rapports les jeunes ont-ils avec leur Maison ?

A partir de son expérience personnelle en tant que coordinateur de la Maison de Jeunes XL’J, Julien Balfroid retrace l’histoire, parfois tumultueuse d’XL’J, en la situant dans le contexte de la commune d’Ixelles qui l’abrite. Il évoque quelques-unes de ses réalisations les plus significatives, toutes ces formidables aventures collectives où les jeunes ont montré leur capacité à créer, à s’organiser pour atteindre leurs objectifs, à assumer leurs responsabilités, à exprimer leur solidarité…

Son récit s’accompagne de réflexions sur ce qui fait la spécificité d’une Maison comme XL’J. Au centre de ses interrogations : l’apport de la création artistique dans le processus d’émancipation des jeunes.

Julien Balfroid est né le 19 août 1977.
Après quatre années d’animation à XL’J, Julien y a occupé, de 2008 à 2011, le poste de coordinateur. Etant par ailleurs très engagé dans le domaine des arts plastiques, il a comme préoccupation de proposer aux jeunes des dynamiques d’expression et de création, parfois ambitieuses, souvent expérimentales et toujours en rapport avec la communication et l’action citoyenne.

Sorti en février 2011 / 144 pages/ 15 euros

Vous pouvez commander le livre auprès de Vincent Gallez : 02/413 31 47 ou vincent.gallez@cfwb.be

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Des murs qui tombent

Maison de Jeunes en expression

Julien Balfroid

Qu’est-ce qu’une Maison de jeunes ? Quelles sont ses missions, ses enjeux ? Quel rôle joue-t-elle dans un quartier ? Quelle place offre-t-elle à la création ? Quels rapports les jeunes ont-ils avec leur Maison ?

Julien Balfroid coordonne depuis plusieurs années la Maison de Jeunes XL’J. Au départ de son expérience personnelle, il retrace l’histoire, parfois tumultueuse,de ce centre, en le situant dans le contexte de la commune d’Ixelles, qui l’abrite, et évoque quelques-unes de ses réalisations les plus significatives : toutes ces formidables aventures collectives où les jeunes ont montré leur capacité à créer, à s’organiser pour atteindre leurs objectifs, à assumer leurs responsabilités, à exprimer leur solidarité…

Son récit s’accompagne de réflexions sur ce qui fait la spécificité d’une Maison comme XL’J.
Au centre de ses interrogations : l’apport de la création artistique dans le processus d’émancipation des jeunes.

Julien Balfroid est né le 19 août 1977.
Après quatre années d’animation à XL’J, Julien y occupe, depuis 2008, le poste de coordonnateur. Etant par ailleurs très engagé dans le domaine des arts plastiques, il a comme préoccupation de proposer aux jeunes des dynamiques d’expression et de création, parfois ambitieuses, souvent expérimentales et toujours en rapport avec la communication et l’action citoyenne.

Julien Balfroid est, depuis le 1er mars 2011, animateur -directeur du Centre culturel Le Fourquet à Berchem.

ISBN 978-2-87003-560-3 / février 2011
144 pages / format 15*20 cm / 15 euros

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION | Étude de cas (le Centre Armillaire) et présentation officielle des outils de la Concertation

La seconde rencontre a eu lieu le vendredi 18 février de 12h00 à 14h15 au Centre culturel d’Anderlecht / Escale du Nord. Elle s’est axée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication au travers d’une étude de cas (le Centre Armillaire) et de la présentation officielle des outils de communication de la Concertation

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Intervenants :

  • Vincent Bouzin, Directeur-Animateur de l’Escale du Nord
  • Lamia Mechbal, Coordinatrice de la Concertation des Centres Culturels Bruxellois
  • Pierre Clerckx, du Collectif « Com Kwa »
  • Bénédicte Williot, Chargée de communication à la Concertation des Centres Culturels Bruxellois
  • Karin Fontaine, Directrice-Animatrice du Centre culturel d’Evere

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1. Actions de communications au Centre Armillaire. Étude de cas saison 2010-2011 au Centre culturel de Jette asbl

Intervention de Pierre Clerckx, du Collectif « Com Kwa »

Recommandations

  • Établir un calendrier des activités pour lesquelles une communication améliorée doit être mise en place.
  • Des événements novateurs doivent être le 1er support au renforcement de la communication du Centre.
  • Les nouveaux médias et médias numériques doivent être développés.
  • L’utilisation des différents moyens de communication doit être cohérente.
  • Chaque action est menée avec tous les travailleurs du Centre.

Newsletter

  • La mise à jour, l’établissement des listes d’adresses,… font partie des tâches indispensables à un mailing de qualité.
  • La réalisation graphique et la programmation en langage Html sont les 2 étapes techniques de création de la newsletter.

Récolte d’e-mails

  • Pour la newsletter, il faut tenir à jour la liste des adresses mails des abonnés. Pour nourrir cette base de données, il faut  récolter systématiquement les adresses lors de chaque événement organisé par le Centre.
  • Une recherche par segment de public doit être renforcée pour cibler des mails pour des actions ponctuelles de promotion.

Signature de mail

  • Toute l’équipe des travailleurs du Centre possèdera une signature de mail illustrée avec coordonnées et encart visuel de l’événement du moment. Cela offrira une plus grande répétitivité de l’information.

Profil Facebook

  • L’utilisation des réseaux sociaux est incontournable dans le secteur culturel.
  • Le profil Facebook doit être régulièrement visité afin d’y générer du contenu et de créer de nouveaux liens pour de nouveaux amis. Cela nécessite un entretien régulier, du temps et une stratégie d’expansion et de communication ciblée.
  • La régularité des mises à jour et la réactivité de réponse aux messages des internautes sont très importantes.

Création d’un profil Twitter

  • Plus interactif que Facebook et de plus en plus utilisé, le réseau social Twitter devrait permettre de valoriser les expositions, concerts,… autour des humeurs et avis postés sur le réseau.

Les associations sur Flickr

  • Les pages photos du site Flickr devraient permettre aux associations membres de profiter d’un espace photo en ligne pour leurs activités.
  • Ces liens pourront être facilement publiés sur le site ou le profil Facebook.
  • Il existe aussi la plateforme de Picasa.

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2. Présentation officielle des outils de communication de la Concertation

Intervention de Bénédicte Williot, Chargée de communication à la Concertation des Centres Culturels Bruxellois

Les 3 objectifs fondamentaux qui alimentent la stratégie communicationnelle de la Concertation des Centres culturels bruxellois :

  • 1° la visibilité : les canaux de communication ont été multipliés et interconnectés tout en gardant leur spécificité pour éviter la redondance.
  • 2° l’information des différents publics cibles : relayer les activités des membres et de la CCCB mais aussi les actualités du secteur.
  • 3° engager une réflexion sur les enjeux du secteur socioculturel bruxellois.

Structure, fonction et diffusion des différents outils de communication de la CCCB.

Certains outils visent tous les publics :

  • Site web : outil le plus complet qui redirige également vers les autres supports ;
  • Page Facebook : rappel des activités des membres et partenaires.

D’autres outils s’adressent spécifiquement aux professionnels :

  • Blog : outil réflexif et d’archivage ;
  • Newsletter : rappel des événements et rencontres majeurs du secteur.

Sélection des activités relayées

  • Activités « phares » de nos membres ;
  • Événements transversaux chapeautés par la Concertation des Centres culturels bruxellois ;
  • Événements socioculturels majeurs.

Les membres de la Concertation ainsi que tout autre partenaire qui le souhaite sont invités à nous transmettre les informations qu’ils souhaitent relayer via nos différents supports de communication.

Présentation des premiers résultats

Depuis le lancement des outils de communication de la Concertation en octobre dernier, les chiffres des visites sur le site web sont en constante augmentation. En moyenne, 58 visiteurs par jour sont dénombrés.

Conclusion

Les supports de communication que nous avons mis en place sont au service de nos membres et de leurs partenaires. Outre les objectifs de visibilité, d’information et d’analyse poursuivis par ces outils, ceux-ci ont également pour visée de susciter le dialogue et de renforcer les collaborations. Bref, ils offrent l’occasion d’apprendre à mieux se connaître les uns les autres, à communiquer et à interagir davantage !

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Pour toutes questions, n’hésitez pas à nous contacter :

Lamia Mechbal  –  Bénédicte Williot
Concertation des Centres Culturels Bruxellois
Tél. : 02/466 10 03 | Mobile : 0474 450 145
info@centresculturelsbruxellois.be