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29 AVRIL 2011  |  CENTRE CULTUREL LA VÉNERIE ÉCURIES DE LA MAISON HAUTE

La Concertation vous donne rendez-vous au Centre culturel La Vénerie / Écuries de la Maison Haute, le 29 avril prochain, de 12h à 14h, pour un nouveau déjeuner thématique.

Au cours de cette réunion, c’est la question délicate de l’interculturalité qui sera traitée. Betty Lamoulie et Mohamed Kheddhoumi nous exposeront comment cette question est envisagée au sein du Centre culturel d’Evere. Celui-ci a initié, en septembre 2010, un projet rendant compte de la richesse démographique du territoire dans lequel il rayonne. A partir de trois trajectoires à travers le Maroc, la RDC et l’Italie, un réel échange autour de la rencontre des genres et des origines culturelles a été créé avec les jeunes. Les porteurs du projet seront invités à nous expliquer la genèse de cette initiative, les points forts et les défis auxquels ils doivent faire face.

Afin de s’appuyer sur une définition commune et d’amener au débat une plus-value réflexive, nous avons souhaité associer le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle à cette rencontre. Ainsi, Tanju Goban, du service diffusion culturelle du CBAI, nous aidera à mieux appréhender les concepts de « diversité » et « d’interculturalité » en nous présentant les outils développés au sein de son institution.

Le Programme

12h00 | 12h30 : Accueil des participants et déjeuner

12h30 | 12h35 : Introduction par Monsieur Thomas Prédour, Animateur-Directeur du Centre culturel La Vénerie

12h35 | 13h55 : Interventions de Madame Betty Lamoulie et de Monsieur Mohamed Kheddhoumi, Chargée de projets et Coordinateur au Centre culturel d’Evere

13h55 | 13h15 : Intervention de Monsieur Tanju Goban, du service diffusion culturelle du CBAI

13h15 | 13h55 : Discussion avec les participants

14h00 |            : Clôture de la session

Infos pratiques

Lors du Déjeuner thématique, un sandwich et une boisson vous sont offerts. N’oubliez pas de nous renvoyer votre bulletin d’inscription ! Pour toutes questions, n’hésitez pas à nous contacter :

Bénédicte Williot & Kassandra Decloux // Concertation des Centres Culturels Bruxellois

Tél. : 02/466.10.03   |  Mobile : 0474/45.01.45  |  communication@centresculturelsbruxellois.be



BULLETIN D’INSCRIPTION | DÉJEUNER THÉMATIQUE CCCB # 04/11

29 AVRIL 2011 | CENTRE CULTUREL LA VÉNERIE

Écuries de la Maison Haute
3, place Gilson – B-1170 Watermael-Boitsfort (Maison Communale)
www.lavenerie.be

Bus 95 et 17 (arrêt Wiener) | Tram 94 (arrêt Wiener) |
Métro
Herman-Debroux + tram 94  | GPS : 50° 47 ’ 52. 88 ’’

o   Participera au Déjeuner thématique # 04/11
o   Ne participera pas au Déjeuner thématique # 04/11


Veuillez nous envoyer votre inscription avant le 27 avril 2011 à communication@centresculturelsbruxellois.be

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Fonction : ……………………………………………………………………

Téléphone :…………………………………………………………………

Adresse mail :……………………………………………………………

La gratuité de l’offre culturelle : faut-il y parvenir ? Étude de cas : 3 festivals gratuits à Jette

Le 31 mars dernier a eu lieu, au Centre culturel d’Evere, le troisième Déjeuner thématique de la Concertation des Centres culturels bruxellois. La question abordée était celle de la gratuité de l’offre culturelle : Comment cette gratuité est-elle financée par les opérateurs culturels ? Quelles sont les modalités mises en œuvre pour produire des événements ouverts à tous ? Les risques pris par ces opérateurs en valent-ils la peine ? Dans quelles mesures la gratuité permet-elle de diversifier les publics ?

Thierry Wenes, animateur-directeur du Centre culturel Armillaire de Jette, et Pierre Clerckx, du Collectif « Com Kwa ! » nous ont fait part de leurs expériences dans l’organisation de festivals sur le territoire de Jette afin de nous éclairer sur ces questions.

1. Introduction

  • Un certain nombre d’événements et d’activités en plein air sont gratuits, tels que les fêtes des Communautés française et flamande, les journées du patrimoine, les fêtes de la musique, la fête du premier mai, certains festivals, les musées une fois par mois, etc.
  • Certains médias : la télé (à Bruxelles), la radio, des journaux (les gratuits, tel que Métro) ou les « toutes boîtes » (Vlan, Passe-Partout,…), des agendas en ligne.
  • L’aide de bénévoles/volontaires et/ou de stagiaires.

Mais, si ces activités sont gratuites pour le public, elles exigent tout de même d’être financées et soutenues notamment par rapport à certaines données incontournables à honorer : les sociétés de droit d’auteur (Sabam), les artistes, les techniciens, les fournisseurs, la communication / promotion.

2. Caractéristiques, difficultés et incohérences propres à l’organisation d’un événement gratuit

a. Moyens financiers

Lors de la mise sur pied d’un événement gratuit – tel qu’un festival par exemple – les frais incombant à l’organisation sont bien réels. Il est souvent impossible de compter uniquement sur les pouvoirs publics pour le financement des activités des Centres culturels. Par ailleurs, les sponsors privés semblent de plus en plus frileux en ce qui concerne le soutien aux initiatives socioculturelles. Quant au mécénat, il est presque inexistant dans notre secteur.

En ce qui concerne le fonctionnement des pouvoirs publics, on remarque en outre que certaines pratiques sont tout à fait paradoxales. Par exemple, les subsides ne sont pas indexés. La plupart du temps, ce sont les artistes qui en pâtissent. Du coup, bien souvent, le souhait de rémunérer les prestataires de façon décente entre en contradiction avec la volonté de rendre des activités culturelles de qualité accessibles à tous.

Autre exemple révélateur, les Tournées Art et Vie, manne providentielle dans l’aide à la professionnalisation des métiers, n’interviennent pas dans la budgétisation d’événements gratuits.

b. Moyens humains

Il existe une tension permanente entre le principe de gratuité et celui de la professionnalisation des métiers de la culture. Les travailleurs du secteur culturel ont droit à des moyens d’existence et donc à des revenus. Or, les événements gratuits sont souvent gérés par une production partiellement ou parfois totalement bénévole. Le manque de moyens financiers rend effectivement impossible la rémunération des divers intervenants à l’élaboration d’un événement de qualité.

Par ailleurs, le volontariat s’appuie sur la disponibilité et l’implication des travailleurs et des bénévoles, ce qui n’est pas du tout évident. Cela implique d’initier, de sensibiliser les personnes, mais aussi de les motiver et d’ « entretenir » leur bonne volonté.

Afin d’éviter l’essoufflement des bénévoles sur le long terme, il est nécessaire de valoriser la contribution des personnes. Ceci implique notamment de les défrayer et de prendre garde à entretenir la notion de « plaisir », seul moteur susceptible de préserver leur motivation.

Le bénévolat n’est pas un objectif en soi dans le secteur socioculturel mais une contrainte liée à son sous-financement. Il est donc primordial de trouver un certain équilibre entre d’une part, la professionnalisation et la valorisation des métiers de notre secteur ; et, d’autre part, des postes occupés par des individus mobilisés pour la « bonne cause ».

c. Publics [1]

La gratuité permet souvent la diversification des publics. En effet, quand un événement est libre d’entrée, il est possible de toucher des publics plus larges et de susciter l’intérêt de certaines personnes qui ne se déplaceraient pas si l’activité était payante. Le gratuit permet – autant que faire se peut – un brassage des milieux sociaux, des cultures et des générations.

Enfin, avantage plus lucratif celui-là, la gratuité invite à la découverte et, en ce sens,  peut amener certains publics qui ont apprécié un artiste à revenir le voir lors d’un événement payant.

d. Programmation

Organiser un événement gratuit oblige à être attentif à la programmation. Quand des artistes professionnels sont invités, certains déclinent dans la mesure où ils sont contractuellement liés. D’autres préfèrent ne pas s’engager pour des cachets trop bas. D’autres encore, jouent le jeu, il s’agit bien souvent de « jeunes » talents. Composer avec ces critères impose aux organisateurs d’être très attentifs à la qualité des prestations artistiques proposées. Cependant, il est difficile d’éviter l’écueil d’une terrible équation dans les sociétés industrialisés : gratuité ne rime pas avec qualité !

3. Etude de cas : Trois festivals à Jette

a. JAZZ JETTE JUNE

Il s’agit d’un festival de Jazz qui prend la forme de concerts donnés dans certains cafés de la commune. Il a lieu chaque année en juin.

  • Moyens financiers et humains: Le festival reçoit entre 20 000 et 30 000€ de subsides par an (par la commune, les cafetiers et le Centre culturel de Jette qui comble le déficit + sponsors presse et institutionnel). Le cachet des artistes s’élèvent à 150€ et ce prix comprend une soirée de quatre concerts. Le succès du festival s’explique par une formule “gagnant-gagnant”: les artistes sont peu payés, mais profitent d’une vitrine, la commune organise son festival et les cafetiers, qui s’engagent à ne pas augmenter le prix de leurs consommations, bénéficient d’une moyenne de 5 000 visiteurs. Environ 150 artistes demandent à y participer tous les ans. Ils sont autonomes, amènent leur propre matériel. D’autre part, les cafetiers qui souhaitent participer au festival.

b. JETTE CLASSICS

Mix amateurs et professionnels de la musique. Le Festival se termine par un concert professionnel qui est offert

  • Moyens financiers et humains : Budget de 3000€. Participation des académies, des asbl, des Centres culturels, réunissant des personnes d’âges différents

c. JAM IN JETTE

  • Moyens financiers et humains : Le festival reçoit entre 20 000 et 30 000 euros de subsides des pouvoirs publics (Cocof, Communauté française, cabinet ministériel, institution publique comme Vivaqua, IBGE, STIB). Pour pouvoir financer l’édition de mai, le Jam In Jette organise une édition d’hiver. Appel à l’initiative citoyenne: bénévolat de toutes les personnes qui participent à l’organisation

4. Conclusion

La thématique du gratuit met en exergue deux notions principales qui semblent s’opposer : la démocratisation de la culture et la professionnalisation des métiers du secteur socioculturel.

Il faudrait engager des réflexions et des collaborations avec les politiques afin de tendre vers un équilibre entre un accès démocratique à la culture d’une part (permettant la diversification des publics) et la professionnalisation des métiers d’autre part (impliquant le respect des artistes et des travailleurs et donc une rémunération décente).

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[1] Notons, à propos des publics, que face à l’adoption grandissante de méthodes commerciales par certaines institutions culturelles publiques, un contre-pouvoir pour défendre l’usager-client de certains abus sera bientôt développé grâce au mode associatif la Ligue des Usagers Culturels (LUC). Cette initiative fait suite à celle de la Fadila Laanan, ministre de la Culture qui a doté les établissements subventionnés par son gouvernement d’un « Code de respect des usagers culturels » (en février 2006). L’objectif principal est de limiter le développement  « industriel » du secteur culturel.