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La Commission de la Culture, de l’Audiovisuel, de l’Aide à la presse, du Cinéma, de la Santé et de l’Egalité des chances du Parlement de la Communauté française s’est déroulé le 31 janvier 2012.

Question de Mme Veronica Cremasco à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, intitulée « Nouveau décret sur les centres culturels et le développement culturel territorial »

Mme Veronica Cremasco (ECOLO)

Madame la ministre, en juin 2011, je vous interrogeais sur l’avenir des centres culturels pendant la période de transition avant un nouveau décret. Vous nous aviez alors confirmé la rédaction d’un avant-projet de décret avant les vacances et la présentation de ce texte au gouvernement en janvier 2012. Vous nous affirmiez également votre volonté de prolonger d’un an voire deux les contrats-programmes des centres culturels en raison des délais nécessaires à la rédaction des dossiers de reconduction des contrats-programmes. Nous avions eu l’occasion d’en discuter. Ce sont des dossiers importants qui doivent être sérieusement étoffés. Les délais ne semblaient pas tenables, vous aviez alors programmé un avenant d’un an.

Confirmez-vous ce calendrier ? Un nouveau délai est-il prévu pour le renouvellement des contrats programmes des centres culturels ? Si oui, lequel ?
Plus globalement, pouvez-vous nous éclairer sur une éventuelle évolution de la mission de base des centres culturels et de sa définition dans le futur décret ? Ce processus de réflexion devrait être inséré dans le texte du futur décret.

La deuxième partie de ma question concerne le développement des centres culturels territoriaux. En effet, les centres culturels, dans leurs missions éducatives et culturelles sont des outils de proximité, de démarches participatives et donc d’ancrage territorial. Dans cette optique, je voudrais rappeler ici le chantier des assises du développement culturel territorial. En effet, ces assises pourront jouer un rôle crucial dans la réflexion et sa cohérence, et ce d’autant que la déclaration de politique communautaire prévoit l’inscription du nouveau décret dans une dynamique de développement territorial global.
Lors d’un précédent débat dans cette commission, vous nous informiez que les centres culturels étaient invités à déterminer leurs objectifs et leurs priorités d’action à partir d’un diagnostic territorial. Vous mentionniez également la dimension supra-communale et la possibilité d’association entre communes pour développer un projet culturel commun.

Madame la ministre, où en est cette réflexion ? Le diagnostic territorial et les priorités d’action ont-ils été précisés ? Les assises du développement culturel territorial ont-elles tracé des pistes à suivre, notamment en ce qui concerne la coopération entre et avec les pouvoirs locaux ? En d’autres termes, comment cette réflexion sur le développement culturel territorial alimentera-t-elle le futur décret sur les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances

Afin de mener à bien la réforme du décret sur les centres culturels, j’ai constitué un groupe de travail composé de représentants de la 3C, de l’Astrac, de l’association des centres culturels, de l’administration et de mon cabinet. Ce groupe a établi des commissions thématiques chargées d’examiner des questions particulières.

Les représentants de la commission des centres culturels, de l’association des centres culturels et de l’Astrac ont sollicité une prorogation des contrats programmes des centres culturels jusqu’au 31 décembre 2014. Selon cette recommandation unanime, il s’agit d’éviter aux centres culturels une surcharge de travail en les obligeant à déposer un dossier de renouvellement de leur contrat programme en mars 2013.

En effet, il importe de permettre à l’ensemble du secteur de s’adapter au futur cadre décrétal. Dans cette logique, le groupe de travail a opté pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2014 et une mise en application concrète des futures reconnaissances au 1er janvier 2015.

Le délai sera mis à profit pour affiner certains éléments du projet afin de préciser leur implication sur les paramètres de financement des centres culturels. Malgré mon enthousiasme initial, il est prématuré de soumettre un avant-projet de décret au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Madame la députée, la réflexion sur l’objet du décret, les missions de base, le schéma nécessaire et la détermination des objectifs du ou des projets des centres culturels à travers un diagnostic partagé est finalisée. Nous travaillons actuellement sur les missions spécialisées et sur les aspects budgétaires du projet de décret.

Dans les prochaines semaines, nous entamerons la rédaction du futur projet de dispositif décrétal. Les principes généraux du décret intègrentle droit à la culture, promu dans la déclaration
de Fribourg. Cette philosophie générale permet de confirmer le centre culturel comme un centre d’actions culturelles par, pour et avec les populations et les acteurs d’un territoire.

Prenant en compte le contexte d’une offre et d’une politique culturelles intensifiées depuis l’arrêté royal du 5 août 1970, le décret affirmera le positionnement de tous les centres culturels comme structures mobilisatrices du développement culturel d’un territoire au bénéfice de ses populations. Il veillera à promouvoir la réalisation de projets participatifs ancrés, concertés et articulés dans un ou plusieurs territoires de référence. Il s’agit d’intensifier la réflexion et la construction des objectifs des centres culturels et des projets qui en découleront en fonction des priorités qu’ils détermineront en concertation avec les acteurs et les populations de leur territoire.

La nouvelle législation stimulera également les réseaux de coopération entre centres culturels. Elle permettra de soutenir des initiatives concertées et/ou contractualisées dans une optique de complémentarité, d’efficacité, de consolidation des actions. Ces dispositions susciteront aussi des collaborations administratives. Le décret encouragera la transversalité en renforçant la cohérence des dispositifs de décentralisation mais également, et c’est essentiel, en permettant la prise en compte par les secteurs artistique et culturels de projets plus spécialisés.

Par ailleurs, il y a lieu d’envisager la couverture de l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les territoires actuellement non couverts doivent être repris par la reconnaissance raisonnée et coordonnée d’éventuels nouveaux centres culturels ainsi qu’en favorisant et en incitant l’intercommunalité par l’adhésion des communes à des centres culturels existants. Dans cette logique, les résultats des Assises de développement culturel territorial permettront d’identifier les zones où il est nécessaire de réfléchir à créer de nouveaux centres culturels.

Outre cette dimension politique, qui nécessitera une concertation entre pouvoirs publics et une articulation entre les autorités et les opérateurs culturels, des analyses et des bases de données réalisées à l’occasion des assises seront l’un des outils utiles aux centres culturels pour construire un diagnostic, ou plus précisément, une analyse partagée du territoire. Cette analyse visera à identifier et à qualifier les ressources, les contextes et les moyens du territoire, les questions de société, les besoins sociaux, l’évolution et les dynamiques prospectives du territoire ainsi que les territoires affinité, d’ancrage et de rayonnement des centres culturels.

Cette mobilisation devra faire émerger des enjeux prioritaires qui orienteront des actions et des projets que le centre culturel mènera en privilégiant des collaborations et des synergies avec les autres acteurs culturels, socio-éducatifs, institutionnels et associatifs.

Cette attention au développement culturel territorial est déjà présente dans le décret relatif au développement des pratiques de lectures organisées par le réseau public de la lecture. Le projet de décret organisant le secteur des centres culturels se construit autour de lignes de forces identiques.

Mme Veronica Cremasco

J’ai oublié de vous demander les échéances des assises du développement territorial. Quand attendez-vous les conclusions de ces assises ?

Mme Fadila Laanan

Le travail de maillage du territoire étant important, nous espérons recevoir ces conclusions dans le courant de l’année 2013.

Mme Veronica Cremasco 

Cela veut dire que les contrats-programmes et les avenants ne sont pas prévus avant la fin 2014.

Mme Fadila Laanan

De tout façon, dans la situation budgétaire actuelle et celle qui nous attend dans les années à venir, on a intérêt à construire un schéma qui permette de ne mettre en œuvre effectivement des reconnaissances ou des renouvellements qu’à partir de 2015. Aujourd’hui, nous sommes toujours sous moratoire.

La réflexion actuelle doit prendre suffisamment en compte celle qui est menée par les assises qui ont pour vocation de mettre en évidence les lieux où les choses se passent plutôt bien et d’essayer de pallier les lacunes dans les régions où cela se passe moins bien. Ces assises nous permettront également de compléter notre analyse et d’alimenter notre réflexion sur la réforme des centres culturels.

Mme Veronica Cremasco

Je partage complètement cet avis. Les synergies sont essentielles. Le développement culturel territorial et l’analyse qui en sera faite doivent alimenter la réforme. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle est décrite dans la DPC. J’irai même plus loin. La Région wallonne dispose d’ateliers du territoire. J’ignore s’il existe une structure similaire en Région bruxelloise. Les analyses territoriales peuvent également servir.  Je pense notamment à l’accessibilité des lieux culturels. Dans le contexte actuel, la question du financement reste posée. Vous n’avez pas vraiment répondu à ma question sur la période de transition. Outre le problème du financement, se pose aussi celui de l’adaptation.

Mme Fadila Laanan

Le moratoire reste d’application. Il n’y a pas de montée de catégorie et le budget des années précédentes est maintenu, sans indexation. C’est le lot de tous les opérateurs. J’ai pu m’en expliquer clairement lors de la rencontre organisée il y a quelques jours par l’Astrac. Je leur ai exposé très franchement la manière dont nous allons devoir travailler. Les acteurs culturels sont conscients que ce sera difficile cette année, l’année prochaine et la suivante. On ne peut pas mentir à des personnes qui vont devoir poursuivre une activité identique avec des moyens qui n’évoluent pas. Aujourd’hui, chaque citoyen se serre la ceinture et est conscient des sacrifices qu’il faudra consentir à l’avenir. La réforme doit s’inscrire dans une perspective d’espoir de moyens supplémentaires. Dans la situation actuelle, les budgets ne peuvent pas être modifiés.

Mme Veronica Cremasco

Peut-être pouvons-nous espérer des jours meilleurs dans un futur plus éloigné !

 

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Source :  PDF Question orale V Cremasco

Ce 24 janvier avait lieu la journée professionnelle de l’ASTRAC au Centre culturel Marcel Hicter La Marlagne de Wépion. Cette journée-rencontre permet aux travailleurs des Centres culturels de confronter leurs réalités et d’échanger sur les pratiques professionnelles qu’ils mettent en œuvre.

Le discours de la Ministre

En début de journée, la Ministre de la culture, Fadila Laanan, a donné aux représentants des Centres culturels présents un aperçu du contexte général et de l’état d’avancement du chantier vers la révision du décret. Après avoir annoncé un nouvel avenant, reportant encore d’un an l’application du texte de loi (pour 2014), la Ministre a expliqué que, face à la crise économique, les Centres culturels devraient se serrer la ceinture. En 2012, il n’y aura donc pas d’indexation du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Aussi, afin de préserver l’emploi face à la réduction de 10 % de la somme allouée à la culture, la Ministre a préféré entailler les crédits réservés aux équipements et infrastructures. Par ailleurs, les conditions de reconnaissance et de subvention fixées par le décret du 22 juillet 1992 seront garanties pendant la période de transition.

Les politiques culturelles défendues sur chaque territoire seront redéfinies dans le futur décret pour que soit mieux disséminée l’action réelle, en regard des réalités de terrain. Ainsi, la culture de proximité et l’indépendance des Centres culturels seront privilégiées. Par ailleurs, les initiatives collectives seront encouragées, en particulier la structuration de réseaux entre Centres culturels, favorisant la transversalité et la consolidation de projets. Fadila Lanaan a également annoncé une prolongation des contrats-programmes jusqu’au 31 décembre 2014, ce qui devrait faciliter l’adaptation au nouveau texte de loi. Le calendrier de cette année a été revu pour permettre au service de l’Inspection générale de la culture d’accompagner les opérateurs culturels lors de cette période de transition.

Discours complet

Les ateliers

Après ce discours quelque peu pessimiste, la journée était agrémentée de 6 ateliers sur les différents métiers des Centres culturels.

  • Le premier atelier, qui portait sur l’éducation permanente du point de vue des Centres culturels, a abouti à un principe commun : la participation libre et ascendante des citoyens aux activités socioculturelles. L’éducation permanente ne peut devenir une spécialisation, d’autant plus qu’un besoin réel d’échange de projets en matière d’animations et de méthodes de travail se fait fortement ressentir.
  • « Artiste, publicitaire, technicien de l’image, interprète d’un projet culturel : les multiples visages du graphiste en Centre culturel », était le thème du deuxième atelier. Le graphiste d’un Centre culturel est tributaire du travail des autres : il se situe en bout de chaîne. Par ailleurs, dans les petits Centres culturels, le manque de moyens humains et techniques crée souvent des profils hybrides, quelque part entre graphiste et chargé de communication, devant travailler sur base de ressources et de matériel rudimentaires dans une atmosphère d’urgence et de frustration. Une solution évoquée lors de l’atelier était celle de procéder à un échange de services entre les différents Centres culturels, que ce soit en termes de logiciels, de personnel, ou d’outils promotionnels pour des spectacles programmés dans plusieurs lieux.
  • Le troisième atelier s’intitulait « Vers une régie durable de nos Centres culturels ». Encore une fois, le manque de moyens financiers apparaît comme un obstacle principal face à l’acquisition du matériel en adéquation avec le développement durable. Les efforts se font donc à petite échelle, notamment à travers l’adaptation de l’électricité dans les foyers. Une proposition émise lors de cet atelier consistait à réaliser un inventaire du matériel disponible dans les Centres culturels pour imaginer un futur échange sur un territoire donné.
  • A l’issue de l’atelier 4, qui portait sur la pension des professionnels en Centres culturels et sur l’enjeu du deuxième pilier, on regrettait le manque de reconnaissance de la mission de service public de ces métiers. Et de conclure encore par le même constat : le manque de fonds, que ce soit pour les pensions ou pour la reconnaissance des heures supplémentaires. Une des pistes évoquées suggérait que les impôts d’aujourd’hui paient les pensions actuelles et non celles de demain.
  • Les membres du cinquième atelier se sont penchés sur la question de l’avenir de la fonction d’animateur-directeur. Ont été mises en exergue des expériences très polyvalentes et de nombreuses responsabilités, exigeant des compétences pourtant peu valorisées en termes de salaire.
  • Les relations entre Centres culturels et bibliothèques étaient au cœur du débat qui a animé l’atelier 6. Le nouveau décret relatif aux bibliothèques favorise le partenariat entre ces deux structures aux réalités différentes, tout en prenant en compte leurs limites et leurs spécificités. De nouveaux projets ont déjà été initiés, notamment diverses campagnes sur le thème de la lecture.

Le Chantier : prolongation des travaux

En fin de journée, l’inspecteur de la culture Luc Carton a relancé les discussions autour du nouveau décret. Le travail se poursuit sur les missions et les reconnaissances spécifiques et sur les modalités de financement, mais le chantier a avancé suffisamment pour prévoir la mise en application du futur décret au 1er janvier 2015. Monsieur Carton a mentionné les 3 axes sur lesquels portera le nouveau cadre décrétal :

  • l’abandon de la classification des Centres culturels en différentes catégories de financement ;
  • la possibilité d’obtenir des reconnaissances complémentaires pour le développement de spécificités durables ;
  • la suppression de la distinction entre centres régionaux et centres locaux, qui serait remplacée par un encadrement de réseaux de coopération volontaires et ascendants.

Attention, culture dégradée sur 2 ans !

Pour résumer, un leitmotiv a ponctué cette journée : la récession budgétaire ! Salaires insuffisants, matériel obsolète, conditions de travail inconfortables, avenir confus et nébuleux… Autant de constats suscitant l’incertitude croissante qui caractérise le climat précaire propre au secteur socioculturel. Malgré tout, cela n’a en rien empiété sur la bonne humeur générale des participants et leur capacité à prendre les choses avec humour et dérision. Sans doute encore une des caractéristiques propres aux métiers des Centres culturels : travailler avec des bouts de ficelle oui, mais avec la passion au ventre et le sourire aux lèvres !

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Lauren Cornet, Stagiaire en communication
Bénédicte Williot, Chargée de communication

Concertation des Centres culturels bruxellois

Le projet « Espèce(s) d’animateur » propose de réaliser rencontres et recherches sur la diversité du métier d’animateurs, sur ce qui les réunit et sur la plus-value sociale et culturelle de leurs actions.

Chaque année la thématique varie. Au banc des questions pour cette édition : les animateurs prennent-ils soin de la démocratie ? La démocratie a-t-elle besoin des animateurs ?

Le 8 novembre dernier, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, onze interventions ont abordé ces questions sous différents angles :

1. L’animateur socioculturel, garant de l’application de la démocratie directe ? Par Emilie Jacqy et Antoine Thioux

2. L’expérience de la démocratie au Musée. Par Laurence Bouvin

3. Quelle(s) culture(s) pour quelle démocratie ? Par Roland de Bodt

4. La question de la mixité et de l’intégration vécue par les scouts. Par Jérôme Ramacker

5. Animation : méthodes pédagogiques, mouvements de critique sociale ou création sociale et culturelle ? Par Jean-Pierre Nossent

6. Quel est le rôle et l’impact d’un centre d’art dans une dynamique sociale locale ? Par Frédérique Versaen

7. Autorité et éducation: mise en perspective. Par Bernard de Vos

8. Qu’est-ce qui fait marcher l’autorité ? A propos d’une prétendue crise dans l’éducation. Par Antoine Janvier et Florence Caeymaex

9. Autorité institutionnelle: force ou contrainte ? Par Eugène Braet

10. L’éducation en IPPJ: tendre vers davantage de cohérence dans l’apprentissage des limites. Par Stéphane Magnien et Frédéric Miceli

11. Pédagogie Nomade, une école de l’émancipation. Par Benoit Toussaint, Kévin Strijkman et Arnaud Baratto

Découvrez ci-dessous 7 des 11 interventions présentées le 8 novembre lors de la seconde édition d' »Espèce(s) d’Animateur »

Diapo Espèce(s) d’Animateur

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Sources: http://www.c-paje.net