Archives for the month of: juin, 2013

Du 12 juillet au 7 septembre, le festival Bruxellons anime le Château du Karreveld. Plus d’une vingtaine de spectacles sont au programme. Nouveauté : six spectacles jeune public.

L’été, la majorité des théâtres ferment leurs portes, transformant Bruxelles en désert artistique. Heureusement, les festivals prennent le relais pour proposer des spectacles en juillet et août. Le joyeux festival Bruxellons constitue une belle respiration estivale. En plein air, dans la cour du Château du Karreveld, ou à l’abri dans sa grange, « Bruxellons » rassemble plus d’une vingtaine de spectacles de la saison écoulée. S’il n’y a pas de création cette année, « faute de budget« , la programmation promet toutefois de belles rencontres artistiques pour tous les spectateurs qui n’ont pas eu l’occasion d’apprécier les spectacles pendant la saison.
Coups de cœur

Fruit de la sélection de trois codirecteurs, Daniel Hanssens, Olivier Moerens et Alain Verburgh, la programmation de cette 15e édition fait la part belle à la comédie. « Nous nous réunissons dès la fin du festival pour préparer le suivant, explique Daniel Hanssens, comédien, metteur en scène et directeur de la compagnie Comédie de Bruxelles (ex-Argan 42). Nous décidons en fonction des spectacles que nous avons vus pendant la saison et si, par hasard, nous n’avons pas vu les spectacles tous les trois, on se fait confiance. » Ces choix artistiques, représentant les « désirs de théâtre de trois hommes« , permettent de goûter un panel assez diversifié de spectacles. « C’est un grand plaisir de faire partager ce qui nous a semblé très beau pendant la saison, ajoute Daniel Hanssens. On essaie de faire un mélange dans les genres même si on présente une majorité de comédies. Il y a des spectacles drôles et d’autres plus forts comme « Himmelweg », mis en scène par Jasmina Douieb. Cette diversité est représentée par la crème des acteurs. » Pour cette édition, Michelangelo Marchese, Michel Kacenelenbogen, Bruno Coppens, Eric De Staercke, Stéphanie Blanchoud, Catherine Decrolier, Pierre Pigeolet, Michel de Warzée, Laure Godisiabois, Dominique Rongvaux, et bien d’autres, répondont présents.

Cette année, une nouveauté au programme de « Bruxellons » : des spectacles pour enfants (lire ci-contre). « Pour l’avenir, nous avons beaucoup d’idées et d’envies, comme proposer des concerts ou du cinéma« , explique le comédien et metteur en scène.

Co-produit par les trois directeurs, le festival « Bruxellons » rassemble chaque année une moyenne de 18 000 spectateurs. Un chiffre plus qu’honorable qui reflète une véritable nécessité d’offre culturelle pendant l’été et attire un public pas toujours habitué des scènes contemporaines. « Bruxellons est un festival populaire, remarque Daniel Hanssens. Les spectateurs aiment venir voir un spectacle en plein air l’été mais ils ne vont pas forcément au théâtre pendant le reste de la saison. Nous essayons évidemment d’attirer un public varié et même si c’est un festival privé, notre but n’est pas de gagner de l’argent mais d’essayer de maintenir le festival. »

Un microclimat

Quand on propose des spectacles en plein air à Bruxelles, même l’été, il existe toujours un risque… météorologique. Aux yeux du codirecteur, il s’agit de « créer un équilibre entre l’extérieur et l’intérieur. Mais on a toujours beaucoup de chance. Il y a une sorte de microclimat au Karreveld. L’année passée, on a dû remettre un seul spectacle. De toutes façons, en cas de problème, il y a moyen de continuer à jouer dans la grange. Mais cela arrive rarement, au Château du Karreveld, il y a quelque chose de magique« .

Auteur: Camille de Marcilly
Source: La Libre (mis en ligne le 26/06/2013) 

Signature en grande pompe d’un accord prolongé.

En septembre 2011, une interview de la ministre de la Culture, Fadila Laanan à « La Libre », avait profondément surpris le Palais des Beaux-arts, son président Etienne Davignon et son directeur Paul Dujardin.
A la question « Êtes-vous énervée contre Bozar ? », la ministre répondait : « Oui, je suis assez critique. Le palais des Beaux-Arts est une entité fédérale (et nous les aidons sur des dossiers comme la musique), et pourtant je constate de forts déséquilibres, surtout pour les arts plastiques. Sur ce plan, Bozar est dans une situation de flamandisation à l’excès. Je sais que Paul Dujardin, le directeur, le nie et que peut-être cette situation est due aux nombreux changements dans les équipes s’occupant des arts plastiques, mais c’est un fait troublant : les Flamands sont mieux servis que nous à Bozar, il y a un vrai déséquilibre. Je l’ai fait savoir officiellement à notre secrétaire général, Frédéric Delcor, qui siège au Conseil de Bozar. Il nous faut un plan pour rééquilibrer les choses. Il n’est pas normal de devoir payer cher et vilain la présence de nos artistes ou les idées qu’on apporte. »

Une critique qui tombait mal, après le départ du Rideau de Bruxelles. Bozar laissait entendre que, bien au contraire, malgré les différences de subsides reçus du Nord et du Sud, il veillait à la bonne égalité entre les artistes des deux Communautés et dans l’utilisation des langues. Si problème, il y avait c’était plutôt dans le peu de projets proposés par les francophones.

Depuis, tout le monde s’est rencontré et les malentendus ont été levés. Pour le proclamer, il y a eu, mardi, la signature en grande pompe de la prolongation du contrat-programme entre la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et les autorités de Bozar. Bozar annonce qu’il veut « renforcer ses liens avec la FWB et ses artistes et contribuer à la dynamique culturelle de la FWB tant en Belgique qu’à l’international. »

Les modifications apportées au contrat-programme visent, d’abord à élargir les projets possibles à toutes les disciplines et pas seulement à la musique. Le contrat-programme est prolongé jusqu’à fin décembre 2014. S’il n’y a pas de revalorisation de la subvention, qui reste à son montant de 151 173 € par an, l’ambition sera accrue, dit-on, grâce à un « meilleur partenariat ».

Bozar s’engage à organiser au moins 4 événements en collaboration ou coproductions avec des opérateurs culturels et artistes de la FWB. Bozar assurera au moins la mise à disposition de salles, ainsi que les coûts liés à l’équipement, au personnel et au fonctionnement. L’une des particularités de l’avenant est la création d’un « Comité de gestion », composé d’une délégation de la FWB (secrétaire général, administrateur général de la Culture, directeurs des services arts de la scène, musique, arts plastiques et pluridisciplinaire, représentant de la ministre) et, d’autre part, d’une délégation de Bozar (directeur général et artistique, responsables des programmations artistiques de Bozar, etc.). Le Comité de gestion est appelé à définir la programmation des événements, en opérant une sélection parmi les projets proposés par des opérateurs et artistes de la Communauté française.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 26/06/2013) 

Eric de Staercke, le nouveau directeur du Centre culturel, nous dévoile la très riche nouvelle saison.

La saison foisonnante d’Eric de Staercke, comédien, auteur, metteur en scène, et désormais directeur du Centre culturel des Riches-Claires, était attendue. Lorsqu’il l’a révélée au public lundi, chacun pouvait se rendre compte qu’il a tenu ses promesses. Les fidèles du théâtre seront toujours là côtoyant des jeunes artistes, le Centre culturel jouant à merveille son rôle de tremplin. « L’objectif est de propulser des jeunes, explique Eric de Staercke. J’ai beaucoup de rêves, mais il faut que ça se connecte avec la réalité, étape par étape. En tout cas, il faut prendre les devants, si on attend, il ne se passe rien. » Enthousiaste et confiant, ce directeur tout frais suscite la curiosité avec la saison 2013-2014.

La petite salle rénovée, peu exploitée jusqu’à présent, va avoir une nouvelle vie. Qu’allez-vous y présenter ? 
La petite salle va permettre de donner des cartes blanches. Ce sera l’occasion de découvrir des jeunes artistes. Je les accompagne bien sûr et leur projet dramaturgique est abouti, mais ils n’ont pas encore la possibilité de jouer ailleurs. Les Riches-Claires a toujours eu un rôle de tremplin. La petite salle a un côté café-théâtre.
Concrètement, des spectacles auront lieu dans les deux salles en même temps. Comment s’organiseront les répétitions ? 
On va essayer de récupérer une salle un peu perdue du Centre culturel. Il y a aussi une salle de la bibliothèque qu’on pourra utiliser de temps en temps, mais surtout, on va travailler avec les centres culturels de province. Ils ont besoin de créations et nous avons besoin d’une vitrine. Les compagnies, en général, seront logées, elles utiliseront l’infrastructure du centre culturel de Viroinval, Chênée ou Braine-l’Alleud par exemple, elles créeront le spectacle puis viendront jouer trois semaines aux Riches-Claires. Tout le monde s’y retrouve. L’idée est d’assembler nos forces. Et puis on travaille avec les impôts des gens, il est normal qu’on rende le spectacle visible à tous et qu’il tourne.
Du changement au niveau de la ligne artistique ? 
On est dans la lignée de ce que faisait Mélanie Lalieu. J’ai aussi diversifié, multiplié. En temps de crise, on a plus que jamais besoin de réflexion, mais aussi de divertissement. L’absurde est ce qui permet de poser des questions, c’est un espace de liberté. Je n’ai pas simplement décidé de faire plus de spectacles, cela me semble une nécessité. Si on veut faire vivre le quartier, il faut du dynamisme.
Des « piliers » des Riches-Claires reviennent pour la nouvelle saison. 
C’est important de créer une fidélité. Emmanuel Dekonninck, Thibaut Nève, Dominique Bréda, le Panach’Club seront toujours là mais il y a aussi des compagnies très jeunes, beaucoup de gens issus de toutes les écoles. Je ne sais pas si tout fonctionnera, mais le risque fait partie de la création.
Des temps forts à ne pas manquer ? 
Tout ! Il y a des choses innovantes. Par exemple, on va rester ouvert pour les fêtes. Au-delà des Plaisirs d’hiver, c’est important qu’il y ait aussi une présence culturelle. Il y aura des apéros concerts qui relanceront la programmation musicale. Le dimanche à 18 heures, on pourra écouter un concert en famille. Le week-end d’ouverture sera un temps fort. Il y aura aussi un festival du film de fin d’études. Je souhaite vraiment qu’il y ait un lieu pour les gens de cinéma, sans attendre que le Pathé Palace rouvre. Pour les lundi-théâtre, nous avons des subventions jusqu’en décembre, j’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour que cela continue. Si l’on veut un vrai projet de quartier, on doit être présent, ouvert presque tout le temps. Ainsi, un animateur sera là la journée pour que le foyer devienne un lieu de rencontres.
Côté public ? 
Notre cible va de 10 à 90 ans. Notre avantage, c’est qu’on n’est pas tenu par une ligne artistique trop rigide. On va vers un public qui a une gourmandise, une curiosité.

Rencontre : Camille de Marcilly 
Source: La Libre (mis en ligne le 21/06/2013) 

Le Théâtre National s’ouvre davantage à la Flandre et au Congo

Le Théâtre National se sent le vent en poupe. Il a fidélisé un large public autour d’un théâtre que son directeur, Jean-Louis Colinet, qualifie de « généreux ». « Un théâtre de découvertes. Nous avons eu 21 créations ces deux dernières saisons. Nous avons réuni un public séduit par les questions très actuelles abordées par nos spectacles, que ce soit Pommerat, Murgia, Tom Lanoye, ou « Missie ». Notre public vient car il se sent interpellé, concerné. »Jean-Louis Colinet cherche plus la « singularité » que l’expérimentation et les succès du « Signal du promeneur » et de « Discours à la Nation » en sont des exemples.

Comme les autres théâtres, le National a déposé son projet de contrat-programme pour 2014-2019 avec une demande de subvention égale à 2010 mais, cette fois, indexée. Et il ne travaillera plus qu’avec quatre artistes associés afin « d’être plus ouvert à d’autres propositions » (Pommerat, Murgia, le Raoul Collectif et Michèle Noiret).

Pas toucher à l’artistique« Il faut maintenant que le National opère un nouveau virage et s’intéresse encore plus aux jeunes créateurs. Dans les années 70, il y eut de nouvelles structures pour accueillir les nouveaux talents, c’est le National qui doit cette fois accueillir la génération nouvelle. » Il veut inscrire cette nécessité dans le futur contrat-programme qui viendrait en plus de celle d’être « un théâtre ouvert au tissu théâtral francophone belge. »

La saison prochaine, il y aura cinq créations, dont de jeunes, « un peu moins que les années précédentes à cause du gel persistant de nos subventions. » Colinet fait à cet égard une proposition. On distingue dans un budget, la part « artistique » et celle fixe (emplois fixes, frais du lieu, etc., ce qu’on appelle le « théâtre en ordre de marche », le TOM). Quand une subvention diminue, le TOM reste souvent incompressible et tout l’effort porte sur le variable, c’est-à-dire, l’emploi artistique. Colinet propose que dorénavant, tout effort porte de manière égale sur les frais fixes et sur l’artistique pour aider ce dernier.

On trouve sur le site le programme 2013-2014, dont l’arrivée de Mathurin Bolze et Agnès Limbos qu’on avait adorés au dernier festival XS.

Guy CassiersLe Théâtre National va intensifier sa collaboration avec la Flandre. D’abord, il recommence avec le KVS, le festival « Toernee général » qui échange les meilleurs spectacles du National, qui seront joués au KVS et inversement, chaque fois surtitrés.

Le public du National découvrira ainsi « An Old Monk » de Josse De Pauw et Kris Defoort, « Raymond » avec encore Josse De Pauw dans le rôle de Raymond Goethals, « Nine finger », performance de Fumyo Ikeda et Benjamin Verdonck, mis en scène par Alain Platel, « A Louer » de Peeping Tom, « Missie » d’après David Van Reybrouck et un concert d’Arno.

En « échange », le KVS découvrira « Discours à la Nation », « Le signal du promeneur », etc.

Mais le National va plus loin. Guy Cassiers, directeur du Toneelhuis d’Anvers et un des plus grands metteurs en scène européens, a proposé au National (associé au Kaaitheater) de reprendre à Bruxelles ses deux créations 2013-2014, Macbeth et Hamlet (Hamlet adapté par Tom Lanoye et joué par une femme, la grande actrice Abke Haring). Macbeth viendra au National et, en échange, le Toneelhuis accueillera trois spectacles phare du National : « Cendrillon » de Pommerat, « Le signal du promeneur » du Raoul Collectif et « Chronique d’une ville épuisée » de Fabrice Murgia. « C’est une prise de position importante, souligne Jean-Louis Colinet. Guy Cassiers nous accueille et vient jouer sur la grande scène francophone, c’est un signe volontariste d’ouverture au moment où la ville d’Anvers a une direction N-VA. »

« En plus, ajoute-t-il, nous avons décidé de faire, en 2014-2015, une coproduction avec Guy Cassiers qui mêlera des comédiens francophones et néerlandophones. Cela se fera aussi en partenariat avec Mons 2015 dont nous serons la tête de pont à Bruxelles. »

L’internationalJean-Louis Colinet souligne aussi la nécessité (c’est inscrit dans son contrat-programme) pour le National d’être ouvert à l’international. On sait qu’il anime un important projet européen, « Villes en scène », avec cinq autres grands théâtres européens. « Dans ce cadre, nous créerons en mai 2014, à la Bourse, le nouveau spectacle du grand metteur en scène brésilien Antonio Araujo, « Dire ce qu’on ne pense pas… ». Un spectacle qui ira ensuite directement dans le « in » du Festival d’Avignon 2014. L’arrivée d’Olivier Py à la tête du Festival sera importante pour nous, car il a annoncé qu’il y prolongerait le projet « Villes en scène » et nous serons donc coproducteurs de quatre spectacles du prochain « in », dont un nouveau spectacle de Fabrice Murgia. »

Le CongoDernier volet : Kinshasa, où Colinet vient de se rendre avec Fabrice Murgia pour y suivre le festival « Connexion Kin » organisé par Jan Goossens, le directeur du KVS. « C’était ma première visite à Kinshasa et j’en fus pour le moins marqué. Ce festival est formidable, c’est un geste magnifique de Jan Goossens de vraie coopération au développement. Je plaiderai en Belgique pour que notre coopération au développement intègre la culture et la place des artistes congolais si importante pour l’affirmation d’un pays. Il y avait là, un nombre incroyable de programmateurs du monde entier. J’y ai vu de grands artistes et j’ai constaté le travail formidable de la délégation Wallonie-Bruxelles sur place. Bref, nous allons voir comment agir. D’abord, sur le plan de la formation en accueillant par exemple des acteurs congolais en résidence. Nous pourrions aussi aller au prochain festival avec nos spectacles. »

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (19/06/2013) 

Aux Tanneurs, la saison13-14 compte sept créations. Et mise sur la curiosité.

David Strosberg en est convaincu : la crise n’émousse la curiosité ni des artistes ni du public. Un peu moins de spectacles la saison prochaine (dix, quand même), mais une haute proportion de créations. « Après une année mouvementée dans le secteur culturel, je me suis demandé comment, à mon niveau, je pouvais l’aider. En appuyant la création de manière forte. Et tant pis si cette année il n’y a pas de star », sourit le directeur, qui va entamer là sa quatrième saison. « Du neuf : c’est la seule réponse qu’on puisse donner au contexte difficile. » Du neuf comment ? « Avec toujours une volonté de grande diversité des propositions, dans les propos, les formes artistiques. Un questionnement contemporain. Une lutte aussi contre les formes d’abattement. »

Ce qui passe par la participation active. Acteurs de leur quartier, les Tanneurs s’engagent ici pour deux ans dans un projet artistique, participatif et éducatif. Droits de l’enfant, place de l’art et du loisir dans l’espace public nourrissent « The Children’s Play », inspiré par « Jeux d’enfants » de Pieter Bruegel l’Ancien. Laurent Van Wetter et Lukas Maximilian Hüller travailleront avec des enfants de deux écoles, notamment lors d’ateliers de théâtre et sur la notion de jeu, en vue de réaliser une photo qui reproduise le tableau. Le processus, par ailleurs, sera filmé. La photographie finale et le making of seront exposés en novembre 2014, dans un musée bruxellois.

Ouvrant la saison, Selma Alaoui dans « L’Amour, la guerre » s’inspire librement de « Lear » et « Roméo et Juliette », et réaffirme la possibilité d’un idéal auprès d’une jeunesse résignée (1-12/10).

« Rearview », nouvelle mise en scène d’Armel Roussel – dont la Cie [e]utopia3 est en résidence artistique aux Tanneurs -, est un solo, un road-trip théâtral du Canadien Gilles Poulin-Denis, interprété par Romain Cinter (12-23/11).

Avec cinq comédiens venus du Moyen Orient, Mehdi Dehbi interroge dans « Les Justes », pièce écrite par Albert Camus en 1949, le point de vue des terroristes sur leur condition et le rapport aux idéaux qui motivent leur combat (3-14/12). Le spectacle arrivera de Liège où il aura été créé du 13 au 19 octobre.

Après Noël au théâtre, annuel et palpitant rendez-vous jeune public, et la reprise du formidable opus de Transquinquennal sur le texte de Rafael Spregelburd « La Estupidez » (14-18/1, surtitré en néerlandais), retour à la création.

David Strosberg souhaitait avec Alexandre Trocki pour un solo. Leurs recherches de textes les ont conduits à en demander un à un auteur d’aujourd’hui. Dans « Et avec sa queue, il frappe ! » Thomas Gunzig montre comment les VHS de séries B – incluant kung-fu et sexe – louées au vidéo club ont forgé une identité. « Alexandre, dit David,est le bon parleur pour jouer l’ironie de Thomas. » (4-15/2)

Maria Clara Villa-Lobos (dont « XL » et « M » viennent de connaître une reprise à succès) revisite le « Sacre du printemps » tant décrié lors de la première, il y a un siècle. Avec « Mas-sacre », la chorégraphe donne une lecture contemporaine des notions de rite et de sacrifice, tout en creusant les questions relatives à la surconsommation, à travers l’élevage et l’abattage industriels. La danse, le corps, la chair, la violence, la désincarnation (25/2-1/3, également dans le cadre du festival Pays de danse, à Huy, le 12/2).

Avec « Eclipse totale », qu’elle a écrit et met en scène, Céline Delbecq expose sans morbidité une multiplicité de regards plutôt qu’une parole univoque sur le suicide, toujours tabou (18-29/3, juste après le Manège. Mons et la Maison de la culture de Tournai).

Metteure en scène en ouverture de saison, Selma Alaoui jouera « Mange ta glace, Patti Lee », où Sofie Kokaj convoque les figures et les idées de Patti Smith, Robert Mapplethorpe mais aussi Allen Ginsberg ou Gilles Deleuze. Une création où musique et scénographie évolueront en direct (22-26/4).

Mai verra le retour aux Tanneurs du Kunstenfestivaldesarts, suivi d’un focus, en juin, sur le passionnant travail de recherche de la chorégraphe et danseuse Olga de Soto, avec « Débords. Réflexions sur la Table verte » et « Une introduction ».

Auteur: Marie Baudet
Source: La Libre (14/06/2013)