Archives for the month of: juin, 2011

Le Bureau d’études de SMartBe présente son dernier ouvrage: le Répertoire des aides aux artistes. Un guide très pratique conçu pour les professionnels de la création. 221 pages qui leur permettront de s’y retrouver dans le dédale des aides privées, publiques et associatives dans la Communauté française de Belgique. Ce répertoire est :

Exclusif
Le premier du genre en Communauté française. Grâce à un travail patient de recherche et de collecte, l’équipe du Bureau d’études de SMartBe a repéré plus de 400 aides de tous types.

Instructif
Ces «aides» peuvent prendre la forme d’un apport financier (prix, concours, bourses, subsides…), logistique (aides à l’organisation, mises à disposition d’espaces, ateliers de productions, résidences…), administratif (information, conseil, orientation…), didactique (formations…) ou informatif (centres de documentation, plateformes et réseaux…).

Extensif
Couvrant toutes les disciplines artistiques, sa structure se divise en trois niveaux afin de faciliter la recherche : secteur artistique, type d’aides et présentation plus détaillée. Des pictogrammes permettent de distinguer d’une part les aides ponctuelles des aides structurelles et, d’autre part, les aides individuelles des aides aux associations.

Évolutif
Ce répertoire est la première étape d’une entreprise plus vaste. Le prochain objectif est de réaliser une version numérique qui puisse être mise à jour régulièrement. Tous les membres de SMartBe pourraient y contribuer en partageant leurs bonnes adresses, leurs découvertes ou leurs bons plans.

Infos : http://infofr.smartbe.be/newsdetail.php?lang=fr&param1=862

Culture et Démocratie s’associe au mouvement de protestation lancé par l’artiste Bernard Villers lors de la fermeture sine die du Musée d’art moderne. Ce mouvement auquel participent artistes, enseignants, intellectuels, amateurs, citoyens au sens large, s’est donné pour objectif de mettre en question cette décision unilatérale de fermeture et plus largement, une politique muséale trop inféodée à l’événement et aux séductions trompeuses du marketing culturel.

Car la question déborde largement le sort des collections d’art moderne. Toute la collection (art ancien et art moderne) des Musées royaux des beaux-arts fait les frais, depuis plusieurs années, d’une politique de dévitalisation sourde et continue qui soustrait au public une très grande partie des œuvres désormais confinées dans les réserves.

S’agissant d’une institution publique fédérale, dont la mission est tout à la fois de conserver, de développer et de diffuser les collections, nous nous élevons avec force contre ce qui constitue à nos yeux – et particulièrement pour ce qui est de l’art moderne – une véritable confiscation de patrimoine. Qu’il y ait, simultanément, une réflexion sur un éventuel projet de musée d’art moderne dont on sait qu’il ne peut voir le jour avant plusieurs années ne dispense pas l’institution de revenir sur la décision de mise au placard de la collection d’art moderne.

Familiers ou non des beaux-arts, tous les citoyens de ce pays et singulièrement les jeunes sont les détenteurs ultimes du capital culturel et artistique conservé dans ce musée.
Les touristes qui visitent Bruxelles et son musée des Beaux-arts ont certainement une curiosité susceptible de déborder l’œuvre de Magritte et un ensemble, même exceptionnel, « fin de siècle » qui se trouverait plus judicieusement exposé aux Musées du Cinquantenaire.
A défaut, il appartient à la Direction du musée, par l’étendue de ses choix et l’intérêt de ses propositions, de la stimuler ! Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Donner à tous l’accès – matériel et cognitif – à l’ensemble de la collection, faire une place significative aux œuvres du XX° et du XXI° siècle, réaliser cela avec une ambition démocratique et une inventivité comparables à celles des grands musées d’Europe et du monde, voilà très concrètement ce que nous demandons à la Direction des Musées royaux des Beaux-arts de Belgique et aux responsables politiques.

Nous vous proposons de vous associer à ce mouvement dont les actions ont retenu l’attention de la presse en signant massivement la pétition qui vous est proposée par le collectif musée sans musée et en ralliant le rassemblement des protestataires qui a lieu chaque premier mercredi du mois à 13h00 dans le hall du musée. Venez-y en force !

Sabine de Ville

A lire : l’article très éclairant de Colette Dubois et une interview de Michel Draguet, directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique dans Flux News, n° 55, p 12-13. A lire également l’article de Raymond Balau dans L’Art même (une revue de la Communauté française).

Informations et signature de la pétition via le site.
Adresse de contact : museesansmusee@skynet.be

Le budget 2010 de la Communauté française se solde par un mali de 733,6 millions d’euros

Belga

Ce résultat est moins favorable que celui dégagé par l’exercice précédent qui était de -275,7 millions d’euros, note la Cour.

L’exécution du budget de l’année 2010 de la Communauté française s’est soldé par un mali de 733,6 millions d’euros et l’encours global de la dette communautaire était de 4.124,4 millions d’euros au 31 décembre 2010, constate la Cour des comptes dans sa préfiguration des résultats de l’exécution du budget transmise au Parlement de la Communauté française.

Les recettes et les dépenses ont été respectivement de 8.029,9 millions d’euros et 8.763,6 millions d’euros. Le budget s’est donc soldé par un mali de 733,6 millions d’euros. Ce résultat est moins favorable que celui dégagé par l’exercice précédent qui était de -275,7 millions d’euros, note la Cour.

Elle ajoute que dans l’état actuel des informations dont elle dispose, le solde de financement de la Communauté française peut être estimé à -719,5 millions d’euros pour l’année 2010. Elle rappelle que l’objectif qui lui est imparti consiste en un déficit admissible de 727,1 millions d’euros.

La Cour souligne encore que l’encours global de la dette communautaire s’est accru de 24,1% pour se fixer à 4.124,4 millions d’euros au 31 décembre 2010.

Dans ses considérations, la Cour relève que plusieurs litiges toujours pendant devant les cours et tribunaux pourraient grever les budgets futurs de la Communauté. Un de ces litiges porte sur les retenues de 13,07% opérées par la Communauté française sur les pécules de vacances de ses agents.

Source : La Libre

Créer une identité commune

Raphaël Meulders

La “Métropole culture” 2014 va être choisie entre 8 communes bruxelloises. Emir Kir veut instaurer une culture de proximité et qui évite le “communautarisme”.

Entretien

Huit prétendantes pour un seul siège… La compétition s’annonce serrée entre Etterbeek, Ixelles, Molenbeek, Saint-Gilles, Woluwe-Saint-Lambert, Schaerbeek, Bruxelles-Ville et Watermael-Boitsfort, toutes candidates au titre de « Métropole culture en Communauté Wallonie-Bruxelles »(sic) en 2014. Un titre que le minitre de la Cocof, Emir Kir (PS), considère comme l’un des « fleurons » de son plan culture.

Vous aviez plaidé pour une candidature commune de plusieurs entités bruxelloises. Aucune ne vous a écouté… De l’eau au moulin pour ceux qui parlent de “baronnies locales” à Bruxelles ?

Tout d’abord, je tiens à souligner l’engouement qu’a suscité ce projet à Bruxelles. Huit candidatures, c’est exceptionnel, et cela ne s’est, par exemple, jamais vu en Wallonie. Nous avons un accord au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles : tous les dix ans, une commune bruxelloise sera « Métropole culture » (NdlR : Liège l’était en 2010 et La Louvière le sera en 2012). C’est vrai que j’aurais aimé une candidature commune, mais quand on voit le contexte institutionnel actuel, je comprends que certains réaffirment leur identité locale. Je fais partie des politiques qui pensent que c’est dans la proximité qu’on règle beaucoup de choses. Les communes ont un très bel avenir à Bruxelles

Votre plan culturel pour Bruxelles aboutira en 2012. Pour vous la Région-Capitale a ses spécificités. Quelles sont-elles ?

Bruxelles est différente des villes wallonnes, notamment par sa diversité de population et aussi la concentration d’acteurs culturels qu’on y retrouve. Or, une des grandes attentes du secteur, outre un meilleur financement, c’est d’avoir une politique cohérente à Bruxelles. C’est ce que notre plan ambitionne.

N’est-ce pas paradoxal de se rapprocher tant de la Wallonie, tout en revendiquant une culture différente ?

Ce rapprochement est important au niveau de la francophonie, de la culture française, mais cela ne veut pas dire que cela se fera au détriment de nos amis flamands. Le modèle bruxellois, j’y crois. Nous travaillons d’ailleurs aussi avec la VGC.

Comment intégrer cette diversité multiculturelle dans la culture bruxelloise ?

L’idée c’est d’arriver à l’interculturalité… Nous allons tous travailler ensemble pour créer une identité commune, tout en effectuant des ouvertures. Il faut, par exemple, pouvoir promouvoir la culture arabe, espagnole ou turque durant un certain moment, mais cela doit se faire dans un schéma interculturel. Il faut absolument éviter de créer des communautarismes et des identités qui s’opposent entre elles. Mais la Cocof a 20 ans d’expérience à ce niveau et notre plan en aura ses marques de fabrique : culture de proximité, cohésion sociale et participation citoyenne.

La future métropole culture sera connue en octobre prochain. Concrètement, quelle en sera sa “force de frappe” ?

Un financement de près d’un million d’euros est proposé pour la commune sélectionnée qui, en outre, devra investir un euro par habitant de son territoire. Le but est de créer un panel d’activités culturelles autour de la commune. Mais le plus important est que cette dernière puisse fédérer ses habitants autour de ce projet. On l’a vu à Liège, c’est une occasion extraordinaire de créer des liens sociaux durables. Enfin, c’est une manière d’appréhender autrement la culture.

Une culture qui a encore parfois cette réputation élitiste à Bruxelles….

Oui et c’est quelque chose qui doit nous interpeller. Il faut absolument que les publics les plus précarisés socialement puissent y avoir accès. Je salue, à ce niveau, les initiatives de différents théâtres bruxellois qui permettent cet accès. Mais je crois que là où il faut frapper un grand coup, c’est dans l’offre culturelle proposée dans les écoles. Eduquer à la culture, c’est fondamental. Pour beaucoup d’enfants, c’est d’ailleurs le seul moment où ils seront confrontés à la culture. Il faut assurer la relève. Autrement, les théâtres bruxellois se videront petit à petit

D’aucuns estiment que la culture n’est pas vraiment une priorité en période de crise économique. Que leur répondez-vous ?

Je me suis battu pour garder mes budgets car le sport et la culture sont des moyens extraordinaires d’émancipation sociale. Et justement en temps de crise, plus qu’à un autre moment, les gens ont besoin de consommer de la culture. Ils ont besoin de moments d’évasion, d’échanges, de rencontres. Ce qu’il faut surtout éviter en ces périodes difficiles, c’est d’isoler les gens, de les laisser seuls face à eux -mêmes.

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Source : La Libre

Voyage au Centre « inter » culturel…

Actif dès le début des années 80, inauguré sous sa forme actuelle en 1988 par Léopold Sedar Senghor, le Centre culturel d’Etterbeek a fait le choix de l’interculturalité. C’est cette ligne conductrice, apparue comme une évidence, qui a forgé la cohérence du lieu à travers les années.

La Concertation des Centres culturels bruxellois est allée à la rencontre de Bernadette Van Gameren (B.V.G.), animatrice-directrice du Centre, et de Thierry Noville (T.N.), programmateur de la musique du monde et du Jazz.

1. Bernadette, peux-tu nous raconter les débuts au Centre culturel d’Etterbeek ? Depuis quand y travailles-tu ?

B.V.G. : Je suis arrivée en 1978. A cette époque, je gérais déjà les projets culturels de la commune. En 1980, une association a été créée à partir du travail de quartier des associations d’Etterbeek. Celles-ci se réunissaient afin de discuter des questions culturelles, le plus souvent liées à l’enfance et à la jeunesse. De ces réunions sont nés des projets qui existent toujours à l’heure actuelle, par exemple la Ducasse aux gosses.

Au départ, nous n’avions pas de lieu propre pour gérer l’espace culturel de la commune. Nos activités se déroulaient sur les plaines de jeux et dans les salles communales. Dès que nous avons pu nous implanter dans un lieu fixe, nous avons mis sur pieds de nombreuses activités qu’il nous était impossible de réaliser auparavant. De plus, nous en avons profité pour déployer celles qui existaient déjà depuis quelques années. Le Foyer culturel d’Etterbeek est devenu l’Espace Senghor en 1988.

2. La question de l’interculturalité a toujours été la « marque de fabrique » de l’Espace Senghor…

B.V.G. : Oui, dès le début, la question de l’interculturalité a fait partie de nos préoccupations.

Au départ, plusieurs projets ont été développés autour de cet axe, notamment des formations en langue arabe données par des professeurs issus de l’immigration marocaine. C’est à cette période qu’ont été créées « Les Rencontres d’Ici et d’Ailleurs. Aujourd’hui encore, ces Rencontres ont lieu plusieurs fois par an.

Dans les années 80, la Cocof rémunérait déjà des animateurs pour réaménager et animer les aires de jeux. Aujourd’hui, cet aspect est intégré dans les programmes de cohésion sociale, où la notion d’interculturalité occupe une place prépondérante. Celle-ci est en effet omniprésente dans le travail du Centre, tant au niveau de la diffusion que de l’aide à la création ou du travail de quartier.

3. La musique est également devenue votre principale spécificité. Est-elle interculturelle, elle aussi ?

B.V.G. : Effectivement, le Senghor a décidé de se spécialiser afin d’éviter que la politique de programmation du lieu ne soit « éclatée ». Même si le Centre prend le parti d’une programmation large, celle-ci se focalise néanmoins sur certaines spécificités, notamment la musique. A ce sujet, Thierry Noville est arrivé en 1998. C’est lui qui a réellement développé l’axe musique du monde et jazz.

T.N. : Aujourd’hui, nous proposons une vingtaine de concerts de musique du monde et environ 4 concerts de jazz par an. ce qui est peu pour être visible dans le monde du jazz, où de nombreux lieux spécialisés existent. J’ai alors souhaité apporter une plus-value à la programmation jazz du Senghor, je voulais trouver un fil rouge, définir une identité forte. Pour y parvenir, j’ai donc naturellement choisi d’allier le volet « interculturel », propre au Senghor, à celui du jazz. Cela peut paraître étrange de premier abord, mais voyez plutôt : la limite entre le jazz et les musiques du monde est ténue. Si vous prenez le jazz manouche par exemple : est-ce de la musique du monde ou du jazz ? Il est difficile de ranger un type de musique dans une seule catégorie.

Bref, cette particularité est devenue l’un des étendards de la maison. Depuis que le Senghor programme un jazz métissé, le public est au rendez-vous, et la couverture médiatique facilitée. En effet, le public rapproche l’identité du lieu à un type spécifique d’activité, ici axée autour de l’interculturalité. Cette spécialisation a également permis au Senghor de bénéficier d’un soutien plus régulier de la part des médias.

4. Le Senghor propose également un volet musique contemporaine. Pouvez-vous nous en parler ?

B.V.G. : En 2005, Marie-Christine a mis sur pied un volet « musique contemporaine », en partenariat avec l’Ensemble Nahandove, la Sbam, le Forum des Compositeurs avec lesquels a été crée le cycle des « Focus » qui ont lieu le dimanche matin, six fois par an. Lors de cette activité, un compositeur vient présenter son œuvre et sa démarche artistique. Le but est d’inviter le public à aller plus loin dans sa réflexion sur la musique contemporaine. Lors de ces matinées, la convivialité est de rigueur : les musiciens sont au sol, devant la tribune afin de susciter un rapprochement et un véritable contact avec le public.

L’idée, c’est d’offrir un espace à l’ensemble des opérateurs de musique contemporaine pour qu’ils puissent se retrouver et organiser des projets. Nous essayons de favoriser les synergies entre partenaires. Pour y parvenir, nous accueillons, par exemple, le Festival Loop, événement organisé par le Forum des Compositeurs à l’Espace Senghor. Il a pour objectif de créer une dynamique entre tous les participants (compositeurs, musiciens, etc.). Ces synergies aboutissent parfois à des projets qui sont intégrés à Ars Musica.

5. Tu as évoqué un exemple de partenariat de l’Espace Senghor. Quelles sont les autres collaborations soutenues par le Centre ?

B.V.G. : Nous avons énormément de partenaires par secteur et ce, depuis toujours, même si ceux-ci évoluent au fil du temps. Sur une année, nous dénombrons plus d’une vingtaine de collaborations. A Etterbeek, il existe peu d’associations culturelles ; le monde associatif communal s’inscrit davantage dans une logique de services au public, ou s’adresse à la jeunesse. Par conséquent, les partenariats en termes de programmation et diffusion culturelle s’établissent essentiellement avec des opérateurs localisés en dehors de la commune d’Etterbeek.

A partir de 1988, la programmation s’est structurée peu à peu à partir des disciplines de base. Les arts de la scène se sont développés, notamment via le rapprochement de metteurs en scène qui se réunissaient au Senghor pour partager leurs expériences sur une période précise. Nous avons collaboré avec le Théâtre de l’L, le CC Jacques Franck et La Balsamine, et d’autres opérateurs qui accueillaient la jeune création dans leurs murs.

Dans ce cadre, nous avions créé, sous la houlette de Roger Burton, un abonnement pour promouvoir la découverte auprès du public. Un total de 2000 personnes s’y est abonné ! Cette formule a connu un véritable succès mais a du être abandonnée, faute de ressources humaines suffisantes. De plus, j’avais en charge la direction de cette maison, et il m’était impossible de tout gérer, d’agir sur tous les plans. J’essayais de diriger nos forces vers des objectifs plus larges tels que le développement de nouveaux partenariats par exemple.

C’est ainsi que le Senghor a été un des points de chute des premières initiatives du Kunst Festival des Arts et, notamment, de son premier Bal Moderne.

J’avais également pour préoccupation de faire vivre le lieu au maximum de ses potentialités et d’animer l’ensemble de ses espaces.

Aujourd’hui, les arts de la scène sont toujours soutenus par le Senghor : ils font partie d’un volet « aide à la création ». Nous mettons à disposition notre salle pour deux créations de jeunes compagnies par saison, et nous avons un programme de résidences en partenariat avec le théâtre de l’L.

Nous avons aussi scellé des partenariats dans le cadre du développement de l’axe « cohésion sociale », notamment en favorisant le développement des activités extrascolaires pour les 6-12 ans. Ces collaborations ont un rôle particulier car elles permettent de donner une image différente des institutions culturelles et, par là même, d’en faciliter l’accès.

Un exemple parlant est celui de l’expérience de la formatrice « alpha » de l’asbl « Lire et Ecrire ». Après s’être aperçue qu’un certain nombre de blocages compromettaient le processus d’apprentissage, elle a intégré à ses cours d’autres moyens d’expression, notamment les arts plastiques. Malgré quelques réticences au départ, cette démarche a finalement permis, via la création d’œuvres collectives et la dynamique relationnelle y étant liée, d’accélérer l’assimilation de la langue. Cette rencontre a permis non seulement de créer des synergies entre les animateurs des ateliers FLE (ateliers en français langue étrangère) et ceux des ateliers d’art plastique de chez nous, mais aussi de stimuler l’alphabétisation via la créativité et l’initiation à la culture.

T.N. : En ce qui concerne les partenariats dans le cadre de la musique, il arrive que je joue un rôle plus informel grâce à mes contacts. Je deviens alors un intermédiaire, je crée des synergies entre les personnes avec lesquelles j’ai collaboré. Par exemple, je mets en relation des artistes de musique du monde avec certains opérateurs, notamment d’autres programmateurs ; j’essaie de susciter des collaborations entre musiciens belges et étrangers, en essayant de leur obtenir des bourses. Il arrive aussi que je facilite les collaborations en intervenant dans les frais des artistes (billets d’avion, etc.). En outre, j’essaie au maximum de mettre à disposition la salle afin de permettre aux artistes de se produire devant un public. Dans certains cas, les moyens dégagés peuvent même être utilisés pour la production d’un disque.

6. Vous avez aussi toujours favorisé des activités « jeune public »…

B.V.G. : Oui, en effet, nous organisons depuis le début des activités à destination du jeune public. Les P’tits quatre heures des grands samedis, par exemple, est l’une des premières à avoir été créée. Celle-ci était à l’époque itinérante : elle dépendait de la disponibilité des locaux de la commune. Aujourd’hui, en fonction des disponibilités de la salle, nous essayons, en plus du samedi, de programmer un spectacle « jeune public » le vendredi, à destination des scolaires.

Notre programmation « jeune public » est notamment alimentée grâce au repérage au Festival de Huy. L’aide à la création profite également au jeune public : la salle est mise à la disposition des créateurs issus de compagnies spécialisées dans ce type de prestations.

7. Au cours de ta carrière au l’Espace Senghor, as-tu pu observer une évolution des publics qui participent aux activités du Centre ? Peux-tu nous toucher un mot sur les actions de proximité engagées auprès des populations fragilisées ?

B.V.G. : D’une part, aujourd’hui, Etterbeek est le point de chute des fonctionnaires européens. Ceux-ci participent volontiers aux activités proposées par le Centre, en particulier les concerts de musique du monde. Ils sont également demandeurs d’un lieu pour leurs propres activités. Cette évolution de la population locale transforme la notion d’interculturalité, en la forçant à prendre un nouveau tournant.

Par ailleurs, suite au développement massif et à la diversification de l’offre culturelle sur le territoire bruxellois, le public se déplace davantage en fonction de ses affinités, il se détache donc plus facilement de sa commune d’origine. Nous avons remarqué, à ce sujet, que la consommation culturelle peut véritablement différer d’une culture à l’autre.

T.N. : Ces caractéristiques ont également complexifié les pratiques en ce qui concerne la promotion des événements. En effet, la communication doit, d’une part, s’adapter à la diversité des publics (origines socioculturelles, économiques, etc.), et d’autre part, se créer une place parmi le foisonnement des supports promotionnels diffusés à Bruxelles. A l’heure actuelle, les canaux de diffusion doivent être multipliés pour toucher tous les publics.

B.V.G. : Concernant l’ouverture des activités culturelles à un large public, notons également que le Senghor collabore avec Article 27.

8. Comment le Senghor se positionne-t-il par rapport à la place de l’art et de la culture dans la capitale de l’Europe ?

B.V.G. : Dans le cadre de Métropole 2014, l’Echevin de la culture de la commune a décidé de déposer un projet qui tourne donc autour de la dimension européenne. En effet, il considère qu’Etterbeek, par sa position centrale, et par le fait qu’elle abrite les institutions européennes au sein de la capitale de l’Europe, est un peu la « capitale au sein de la capitale ». Le Centre culturel serait, le cas échéant, évidemment partie prenante de ce projet.

Par ailleurs, le Bureau de Liaison Bruxelles-Europe installé à Etterbeek est le bureau d’accueil officiel d’information de la Région de Bruxelles-Capitale pour les fonctionnaires européens. Celui-ci diffuse des informations culturelles notamment sur nos ateliers et manifestations et répond par là-même à la demande du public européen.

9. Par rapport à la diversité de l’offre culturelle sur le territoire bruxellois, que penses-tu de la volonté de spécification de certains lieux ?

B.V.G. : A Bruxelles, chaque lieu culturel doit avoir son identité propre. Dans l’action culturelle, il faut être conscient qu’on ne peut pas jouer tous les rôles. Il est nécessaire de mener une politique articulée et concertée, qui est interdépendante du territoire où elle s’applique, puisque les offres de programmation diffèrent d’une commune à l’autre. La spécialisation est nécessaire pour travailler de manière efficace, même si certains axes de programmation, comme le cinéma ou le jeune public par exemple, restent des invariables de la plupart des Centres culturels de par la forte demande du public au niveau communal.

Chez nous, pour le Ciné Club, la réflexion est la même. Parmi les 400 à 500 films qui sortent chaque année en Belgique, le Senghor en sélectionne une série représentative des sujets de société actuels. Le fil conducteur privilégié du Centre s’axe donc ici sur une problématique sociétale forte. Cette ligne se retrouve également dans la programmation en arts de la scène. En effet, j’encourage particulièrement les projets qui s’appuient sur un contenu riche qui suscite la réflexion.

La spécialisation concerne donc parfois davantage les thématiques abordées que le type d’activités proposées. Car, même si la tendance d’aujourd’hui vise à faire certains choix en termes de programmation, nous serions désolés de devoir abandonner le Ciné club car il attire un véritable public, et occupe, en ce sens, une place importante au sein du quartier.

10. Envisages-tu des projets de rapprochement de l’Espace Senghor avec d’autres Centres culturels bruxellois ? As-tu déjà des pistes de collaborations possibles « au niveau transversal » ?

B.V.G. : Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas mené de projet s’appuyant sur une véritable articulation avec d’autres Centres culturels. Cependant, le Senghor garde une position d’ouverture à ce niveau.

11. Contacts et information

Espace Senghor – Centre Culturel d’Etterbeek

Chaussée De Wavre, 366
1040 Etterbeek
02 230 31 40
info@senghor.be
www.senghor.be

Les groupes de travail visant l’approfondissement du diagnostic à Bruxelles et l’élaboration de réflexions prospectives se poursuivent en ce mois de juin :

  • lundi 20 juin à 17h30 au Centre culturel La Vénerie (Les écuries, 3 Place Gilson, 1170 Watermael-Boitsfort),
  • lundi 27 juin à 17h30 au Centre culturel Le Fourquet, 15 Place de l’Eglise, 1082 Berchem-Ste-Agathe.

La présentation socio-économique de l’arrondissement de Namur réalisée par le CEGEFA lors de la séance du 14 mai est disponible en ligne.

En septembre, ce sera le tour de l’arrondissement de Thuin d’accueillir les Assises.

Toutes les informations relatives aux Assises sont disponibles sur le portail www.culture.be.

Le Service de la Formation de la Direction générale de la Culture lance son programme d’actions 2011-2012 sous forme d’appel à projets pour des activités de formation ou pour le développement d’outils pédagogiques. Deux thématiques sont visées cette saison :

– la médiation culturelle (budget global de l’appel : 70.000€)

– le soutien à la carrière professionnelle des artistes (budget global de l’appel : 20.000€).

Les renseignements sur le contexte, les objectifs, le public cible, les promoteurs éligibles ainsi que les conditions générales et modalités pratiques d’introduction des dossiers peuvent être consultés en ligne sur le portail culture.be. La date limite d’introduction des dossiers est le 15 juillet 2011.

Par Guy Duplat, paru dans la Libre Belgique du 26 mai 2011.

La Communauté française devient la Fédération Wallonie-Bruxelles. Richard Miller (MR) analyse les conséquences pour la culture.

Entretien

Mercredi, par un vote au Parlement de la Communauté française, celle-ci est devenue la « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Simple changement de nom ? Richard Miller (MR), ancien ministre de la Culture et de l’Audiovisuel, actuel député régional et communautaire, et sénateur de Communauté, ne le pense pas. Cela aura a inévitablement des conséquences sur la culture, dit-il, et il convient de réfléchir à donner aussi aux Régions – en plus de l’ex-Communauté – des pouvoirs culturels. Il s’explique.

« La nouvelle organisation partira de deux entités fortes – les Régions – avec une coupole, ou une passerelle, pour définir des politiques communes dans l’intérêt de tous. Certes, on vise d’abord les politiques régionales et on devra trouver un lieu pour les accorder. Et par exemple, pour y discuter des conséquences du RER. Mais je suis sûr que si on met en place un tel système de concertation où les Régions acceptent de mettre en commun leurs compétences exclusives et qu’au même moment, elles n’auraient rien à dire à la culture alors qu’elles la financent déjà largement par ailleurs, cela ne tiendra pas six mois. Et les Régions demanderont à avoir la culture. Nous devrons donc dès maintenant réfléchir à bouger aussi sur les compétences communautaires. »

Richard Miller ne veut pas priver la Communauté actuelle de ses compétences. Pas question pour lui de « régionaliser la culture », mais il constate que le budget étriqué de la Communauté (conséquence, rappelle-t-il, d’une mauvaise loi de financement en 1989) la confine à « doter la RTBF et à répartir les subsides culturels, c’est tout ». « La Communauté française est dépassée dans les faits par ses moyens limités et doit déjà largement faire appel aux Régions pour lancer des initiatives. »

Il cite bien sûr le cas de « Mons 2015, capitale européenne de la culture », la plus grande initiative culturelle du moment, pour laquelle la Région wallonne donne des montants très importants (plus d’un million d’euros par an). « La Région y participe, mais ne peut le faire que sous couvert du tourisme et du développement économique, puisqu’elle n’a pas de compétences culturelles. Et elle n’a rien à dire sur le projet lui-même. Cela pose d’autant plus problème que la culture a, aujourd’hui, une dimension économique indéniable. »

Il cite aussi le cas de Wallimage, créé par la Région wallonne pour soutenir le cinéma et qui connaît un succès certain. « La Communauté française n’arrive plus à s’imposer comme étant le cœur des politiques culturelles. »

De plus, fait remarquer l’ancien ministre, il manque dans les politiques culturelles de la Communauté une dimension proche des Régions et de leurs populations. « L’œuvre de Jean Louvet a été mise au placard car trop spécifiquement wallonne« , prétend-il. « La Wallonie est souvent présentée négativement alors qu’elle pourrait vendre ses atouts culturels, de Wallimage et Mons 2015 jusqu’à Louvet et aux frères Dardenne, et cela vaut aussi, bien sûr, pour Bruxelles. »

La solution si on ne veut ni fusionner tout, ni régionaliser la culture ? Pour Richard Miller, il ne faut rien enlever aux compétences ni aux budgets communautaires, mais ouvrir les Régions aux compétences culturelles en parallèle avec la Communauté. Les deux Régions pourraient prendre des initiatives en culture dans tous les domaines.

Mais ne risque-t-on pas alors, la pagaille, le désordre, et d’avoir trois ministres de la Culture, un communautaire et deux régionaux ? « Non, répond Miller, surtout pas. Cela doit se faire dans le cadre d’une collaboration étroite entre tous et dans un système qu’il convient de soigneusement préparer. Il faut penser globalement le projet, et avoir des mêmes ministres dans les différents gouvernements comme cela se fait aujourd’hui. »

Construire, en quelque sorte, un couple étroitement uni, mais où chaque partenaire a aussi la possibilité de développer sa propre personnalité. Difficile ? « Sans doute, mais le cas de WBI, Wallonie-Bruxelles International qui réunit les compétences internationales de la Région wallonne et de la Communauté française, montre que cela peut marcher. »

Aux Centres culturels bruxellois, et aux autres éventuellement intéressés…

Suite à la demande de plusieurs gestionnaires de la Région de Bruxelles Capitale, la CCCB en collaboration avec l’ACC organise le mercredi 15 juin de 10H à 12H dans les locaux de l’ACC une (in)formation sur le décret emploi et l’utilisation des sommes en regard des Conventions collectives de travail et décrets en vigueur.

Si vous souhaitez y participer ou si vous souhaitez de plus amples informations, contactez :

Pascal DUPONT, ACC asbl

Directeur Association des Centres culturels de la Communauté française
Rue Potagère 7 – 1210 Bruxelles (St-Josse)
Tél 02 223 09 98

Fax 02 672 15 33
pascal.dupont@centres-culturels.be

24 JUIN 2011  |  CENTRE CULTUREL LE FOURQUET

La Concertation vous donne rendez-vous au Centre culturel Le Fourquet, le 24 juin prochain, de 12h15 à 15h45, pour « Les Ficelles du Métier ».

Cet événement convivial, ludique et festif sera l’occasion pour les équipes des Centres culturels bruxellois d’apprendre à mieux se connaître et à partager leur expérience de la culture de proximité à Bruxelles. L’après-midi se déroulera en trois temps : après avoir mangé un petit bout tous ensemble, nous vous proposerons notre activité surprise « Les Ficelles du Métier », puis nous prendrons le verre de l’amitié, histoire de clôturer la saison en beauté.

Le Programme

12h15 | 12h55 : Accueil des participants et déjeuner

12h55 | 13h00 : Introduction par Julien Balfroid, Animateur-directeur du Centre culturel « Le Fourquet »

13h00 | 15h00 : Activité « Les Ficelles du Métier »

15h00 | 15h05 : Clôture par Thierry Van Campenhout, Président de la Concertation des Centres culturels bruxellois

15h05 | 15h45 : Verre de l’amitié

15h45 |              : Clôture de l’après-midi

Infos pratiques

Lors des « Ficelles du Métier », un sandwich et une boisson vous seront offerts. N’oubliez pas de nous renvoyer votre bulletin d’inscription ! Pour toutes questions, n’hésitez pas à nous contacter :

Bénédicte Williot // Concertation des Centres Culturels Bruxellois

Tél. : 02/466.10.03   |  Mobile : 0474/45.01.45  |  communication@centresculturelsbruxellois.be

Avec l’aide de la Commission communautaire française


BULLETIN D’INSCRIPTION | LES FICELLES DU METIER

VENDREDI 24 JUIN 2011 | CENTRE CULTUREL LE FOURQUET

Place de l’Eglise 15
1082, Berchem-Sainte-Agathe

www.lefourquet.be

En transport en commun :

Métro ligne 2 (arrêt Simonis) + Bus 20 (direction Hunderenveld – Arrêt Vandendriesch)
ou Tram 19 (direction Groot-Bijgaarden – Arrêt Place Dr Schweitzer)

En voiture

o   Participera aux Ficelles du Métier
o   Ne participera pas aux Ficelles du Métier

Veuillez nous envoyer votre inscription avant le 20 juin 2011 à communication@centresculturelsbruxellois.be

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