Archives for the month of: mars, 2013

La Belgique et le Maroc signaient un accord bilatéral relatif au recrutement de la main d’oeuvre marocaine pour l’économie belge le 17 février 1964.

La Fédération Wallonie Bruxelles (FWB) s’apprête à fêter les cinquante ans d’immigration marocaine en Belgique, début 2014. Dans ce cadre, une série d’activités culturelles coordonnées par l’espace Magh à Bruxelles sont prévues à partir de février 2014. Un appel à projets a été lancé dans ce sens par la ministre francophone de la Culture et de l’Egalité des chances, Fadila Laanan, lundi. « En 50 ans, nos sociétés se sont ouvertes au métissage », s’est réjouie Fadila Laanan. « L’immigration est une chance, mais aussi une souffrance », a-t-elle ajouté.

Pour commémorer ce cinquantième anniversaire, la FWB organise une saison artistique et festive de février à juin 2014. L’appel à projets lancé lundi s’adresse« aux opérateurs culturels, éducatifs, sociaux, maisons de quartiers, associations et acteurs socioculturels ». Les idées des artistes professionnels et amateurs sont attendues pour fin 2013 à l’Espace Magh. La programmation de cette saison comprend trois dimensions: art et culture; éducation, jeunesse et pédagogie; social.

Rachid Benbouchta, Abdelmalek Kadi, Giuliana Mettini ou encore Zidani ont déjà indiqué leur volonté de participer à cet événement. Najob Ghallale, le directeur de l’Espace Magh, insiste sur le fait que cette « fête » ne s’arrête pas à la communauté marocaine mais s’adresse à toutes les immigrations et à tous les Belges.

La FWB a débloqué un budget de 500.000 euros pour l’organisation de ces commémorations.

Agence Belga
Source: La Libre 

Dans une opinion publiée dans le journal « De Standaard », Jan Goossens, directeur artistique du KVS, passe en revue quelques talents du secteur culturel francophone et s’enthousiasme pour la création en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il invite le monde culturel flamand à s’intéresser à ce qui se passe « de l’autre côté de la frontière linguistique » et à inclure le travail d’artistes francophones au sein de leur programmation.

Voici la traduction d’un extrait de son texte:

« Le récent accord de coopération culturelle entre les Communautés flamande et française doit se développer en un cadre institutionnel efficace. Nous ne devons pas seulement nous renforcer à l’étranger, à Cannes ou Avignon… Nous devons également avoir la chance de voir ce qui se passe au-delà de la frontière lingustique dans notre propre pays. Les institutions culturelles et les festivals ne doivent pas attendre ce cadre pour se mettre à l’oeuvre: le Theater Antigone à Courtrai le fait déjà. Pourquoi le Theaterfestival ne consacrerait-il pas chaque année un volet de sa programmation à la création francophone? (…) Ce serait bien qu’il se passe quelque chose. »

Lire l’article entier sur De Standaard (samedi 16 mars 2013)
Source: RAB/BKO 

La ministre entend suivre exactement les choix de la commission d’avis.

La ministre de la Culture veut « clarifier » et « objectiver » les aides au théâtre. Elle rebat toutes les cartes et a décidé de toutes les conventions.

L’an prochain, elle décidera aussi, en une fois, de tous les contrats- programmes. Interview.

Dans le contexte de crise budgétaire qu’on connaît, le chapitre des subventions aux théâtres est explosif. On se souvient qu’à l’automne, la décision de la ministre de la Culture Fadila Laanan de couper de quasi 50 % les aides ponctuelles aux projets théâtraux avait mis le feu aux poudres. Car elle touchait directement à l’emploi et à l’avenir des jeunes comédiens et metteurs en scène. Une mobilisation sans pareille avait conduit à supprimer la mesure et à reconduire les aides ponctuelles aux projets au niveau de 2012, soit 1,260 million d’euros.

Cette fois, la ministre nous dévoile ses décisions concernant le second étage de la fusée « subventions ». Le troisième étage, celui des contrats-programmes, l’étage le plus richement doté, avec 26,2 millions d’euros, et destiné aux grandes compagnies et théâtres (soutien à la création inclus), sera quant à lui remis à plat en 2014.

Le second étage porte sur les « conventions », qui garantissent des subventions pour quatre ans, signées avec des compagnies déjà bien implantées mais pas encore au niveau des théâtres bénéficiant de contrats-programmes. Cela concerne un budget en 2012 de 3,410 millions d’euros.

« Je veux suivre un principe inscrit dans la déclaration gouvernementale, dit la ministre : renforcer la transparence dans les décisions, l’objectivation et l’évaluation dans l’octroi des subsides. Les états généraux de la culture nous l’avaient réclamé. Avant cela, quand les décisions arrivaient toutes séparément, elles dépendaient des aléas budgétaires du moment et manquaient de clarté et d’objectivité. Ici, tous les échéanciers sont devenus communs, tout est remis à plat au même moment pour garantir une plus grande égalité de traitement dans l’octroi de ces subventions. »

Fadila Laanan a confié au CAD, le Conseil de l’art dramatique, l’étude des demandes de nouvelles conventions ou de renouvellement de conventions, le CAD classant en plus les demandes selon leur « qualité » et proposant des montants différenciés. « Ce sont des décisions très difficiles et douloureuses à prendre, surtout avec une enveloppe totale constante. Si certains peuvent gagner, il faut que d’autres perdent. Mais on ne pouvait échapper à ce nécessaire courage, cette clarté, et à la nécessité de soutenir aussi des nouveaux projets innovants et dynamiques auxquels de nombreux théâtres et programmateurs s’intéressent déjà. Ils ont besoin d’être aidés« , dit la ministre. « J’ai décidé de suivre intégralement l’avis du CAD, pour, bien sûr, objectiver encore davantage les choix faits. Même si, à titre personnel, je peux être triste pour un créateur ou l’autre. »

Les jeunes pousses

Le CAD avait à étudier 15 demandes de nouvelles conventions et 31 demandes de renouvellement. Mais l’enveloppe totale proposée par le CAD pour les conventions dépassait de près de 20 % l’enveloppe possible (la prolongation de celle de 2012). Fadila Laanan a donc ramené cette enveloppe aux 3,41 millions possibles et a pour cela « raboté » de manière linéaire, à 81 % des montants proposés, les niveaux de subventions.

De plus, comme ces décisions ne tombent que maintenant, il est trop tard pour arrêter ou diminuer des subventions 2013. « Je ne veux pas d’effet rétroactif et il faut laisser aux opérateurs le temps de se retourner si leurs subventions sont arrêtées ou diminuées. » Tous les niveaux 2012 des conventions sont donc automatiquement reconduits en 2013 et les nouveaux montants s’appliqueront seulement en 2014 (jusqu’à 2017 non indexés). Cependant, grâce aux montants gagnés par l’arrêt du théâtre du Méridien et celui du Centre dramatique d’Arlon, la ministre dit pouvoir anticiper un peu pour « les gagnants » et leur donner déjà en 2013, en plus, 10 % des hausses prévues en 2014.

Le CAD a suivi quelques règles comme de mettre sur le même pied des demandes de renouvellement et des nouvelles demandes (pas de droits acquis). Une compagnie liée à un artiste décédé ou en partance perd ses subsides (les projets sont dits « incessibles »). Rappelons que le CAD compte 12 membres du monde du théâtre et est présidé par Myriam Van Roosbroeck (National), assistée de Michel Boermans (Océan Nord). On y retrouve autant Patrick Colpé (Namur) et Michel Kacenelenbogen (Public) que Stéphane Olivier (Transquinquennal).

Trois demandes de théâtres (Atelier 210, Toison d’or et Magic Land) sont reportées à l’examen des contrats-programmes l’an prochain. D’autres dossiers seront étudiés « quand on verra plus clair » (La Bellone, Alternatives théâtrales, etc.). Pour le reste, sont gagnants les jeunes metteurs en scène qui ont fait sensation ces derniers mois, comme Fabrice Murgia et Anne-Cecile Vandalem qui recevront chacun 121 500 euros annuels. D’autres comme Antoine Laubin, Georges Lini et Coline Struyf ont aussi leurs premières conventions mais à des niveaux de 24 000 à 60 000 euros selon les cas. Quatre demandes de nouvelles conventions sont rejetées car « peu convaincantes ».

Parmi les compagnies qui ont non seulement une convention reconduite mais aussi une hausse importante, on notera Transquinquennal et [e]utopia3 d’Armel Roussel dont les subventions annuelles passeront de 126 000 à 226 000 euros.

Par contre, des noms connus sont frappés, comme Charlie Degotte, Frédéric Dussenne et Dominique Serron dont les subventions seront coupées de 50 % voire de 75 % dans le cas de Charlie Degotte. C’est encore pire pour la Ligue d’impro qui paie ses dissensions et qui ne recevra plus rien et d’autres compagnies qui perdent toute aide car ils n’ont plus ou n’auront plus leur fondateur.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre 

Une sortie à Bruxelles dépasse souvent les attentes. Même si, je l’avoue, ce n’est pas toujours dans le bon sens, ni même toujours positif. Mais qui s’ouvre à cette ville et sait observer verra au moins une des milliers de portes de la ville s’ouvrir à lui. Je n’utilise pas “observer” par hasard, car dans une ville comme celle-ci observer est extrêmement important.

Oui, toutes ces personnes qui se plaignent de Bruxelles et de son chaos ont raison. Cette ville est chaotique. Même là où on s’attendrait à trouver du structuré et de l’organisation règne le chaos.

Ce que je n’ai jamais vraiment compris, par contre, c’est pourquoi le chaos créait tant de difficultés aux gens. Surtout dans la société occidentale, qui a investi dans la structure et l’organisation depuis des décennies et dans laquelle le chaos semble être une maladie qui doit être guérie, coûte que coûte. Mais est-ce vraiment le cas? Que se cache-t-il derrière ce chaos? D’après moi quelque chose de très beau: l’imprévisibilité et la diversité, par exemple.

Lorsque j’entends le mot chaos, je pense toujours à la fameuse citation de Nietzsche: “Il faut encore porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante”. Bruxelles est pour une moi une étoile dansante. Une étoile qu’on ne pourra jamais totalement attraper ni déchiffrer. Une étoile qui vous attire vers les nombreuses ruelles dans lesquelles les surprises attendent au coin. Ceux qui l’ont vécu savent de quoi je parle. Pour les autres, je vous donne un conseil simple: si vous vous trouvez à Bruxelles ouvrez vos yeux, laissez-vous guider par votre instinct, et observez. Plus qu’observer, utilisez votre imagination pour aller à la recherche de ce qui est caché dans l’inconnu, le nouveau, le chaos.

Je pourrais vous donner une des dizaines d’exemples venant de ma propre expérience. Je partagerai juste le dernier en date avec vous.

J’aime bien aller au Bozar à Bruxelles. Mes amis sont souvent surpris lorsque je dis ça. Sans doute n’y sont-ils jamais allés, mais ils pensent néanmoins qu’on n’y écoute que de la musique classique avec des sexagénaires en costume et des dames parfumées qui vont assister à leur concert hebdomadaire. Ce n’est pas par hasard qu’on nomme un cliché un cliché, et ils ont la vie dure.

J’aime bien aller au Bozar pour la “musique du monde”. Oui, il y en a aussi au Bozar, et, mieux encore, de haute qualité. Le dernier concert était de La noubla flamenca. Il s’agit d’un projet de musiciens de flamenco andalous et d’artistes marocains qui se ressourcent dans la musique soufie. Cela nous offre une véritable rencontre entre culture et musique. Une rencontre qui semble naturelle et qui l’est, quand on connait l’histoire de l’Andalousie, à jamais liée à la culture arabe et à l’Islam.

En regardant et en écoutant attentivement les musiciens je me suis perdu dans une époque qui semblait si lointaine. J’essayais de m’imaginer comment pouvait être la vie lorsque toutes ces cultures, traditions et religions s’étaient rencontrées. L’Al-Andalus d’il y a 1300 ans est, après tant de siècles, resté une véritable source d’inspiration pour tant d’artistes.

J’avais la chance d’être assis dans une rangée avec quelques sièges vides: je pouvais donc me perdre dans mes pensées sans qu’on ne le remarque. Mais une Bruxelloise, très probablement d’origine marocaine, allait me gâcher mon plaisir.

Elle était assise dans la rangée devant la mienne et j’avais déjà remarqué, avant même que le concert ne commence, qu’elle était joyeusement enthousiaste. Elle prit place entre ses filles, qui devaient avoir 9 et 12 ans.

La première partie du concert ne concernait que les musiciens de flamenco. À peine avaient-ils commencé que de bruyants applaudissement résonnèrent dans la salle, qui jusque-là écoutait silencieusement, comme le veut l’usage en Occident. Il s’agissait d’une Gitane espagnole assise deux rangs devant moi. Je pensais n’avoir pas eu de chance avec la place que j’avais, mais j’allais changer d’avis au cours de la soirée. Si je ne m’étais pas assis à cette place, je n’aurais jamais écrit cet article.

Lorsque les musiciens marocains entrèrent sur scène, ce fut au tour de la femme joyeuse. Elle semblait connaître toutes les paroles, et bougeait au rythme de la musique. Elle ne tenait plus en place. Elle prenait de temps en temps son gros GSM -qui ressemblait à un petit ordinateur portable-, et je pense qu’elle a dû appeler la moitié de sa famille et de ses amis ce soir-là. Elle partageait la musique avec eux, l’un après l’autre. Et elle n’oubliait bien sûr pas de prendre des photos, aidée en cela par sa fille qui savait mieux manier l’énorme téléphone que sa mère.

Son mari, assis deux places plus loin, regardait de temps en temps sa femme et ses enfants. Il voyait qu’elles profitaient du spectacle. Il voyait sa femme chanter avec les musiciens, battre des mains et faire de beaux gestes avec ses bras en l’air. Il en profitait aussi, en silence.

Dans la dernière partie du concert, les musiciens de flamenco rejoignirent les artistes marocains pour une ode à l’Al-Andalus. La gitane espagnole se remit en action. Je m’imaginais ces deux femmes sur la scène avec les musiciens. Je m’imaginais comment elles, une Gitane et une Musulmane, correspondaient parfaitement à l’image que j’avais de l’Al-Andalus.  Une image que je ne voyais plus grâce aux musiciens, mais grâce à ces deux femmes, à Bozar, prétendument le lieu des classes moyennes aisées et de la musique classique.

Alors, je réalisai que l’histoire était en train de s’écrire à ce moment-même. Cette réalisation me donna un fort sentiment d’appartenance et de fierté d’en faire partie, même si je ne faisais pas beaucoup plus qu’applaudir, et surtout observer.

Je me demandai ce que Horta, qui avait conçu le bâtiment, aurait pensé s’il avait été assis à mes côtés, dans une de ces chaises vides, et s’il voyait cette femme voilée faire la fête sur cette musique, dans sa salle. Je connaissais déjà la réponse: il aurait trouvé ça magnifique.

Lorsqu’il fit les premiers esquisses de ce bâtiment de 8000m² il y a presque un siècle, il était visionnaire. Il construit un bâtiment de différentes couches et dimensions. Il voulait que le bâtiment soit plus qu’un lieu dédié à l’art. L’architecture, l’art et la musique pourraient s’y rencontrer. Entre-temps s’y est également ajouté un cinéma. La diversité, repousser les frontières et être pluri-forme, telle était sa philosophie. Au cours de ce siècle le Bozar a réussi à lui rester fidèle et à ne pas s’accrocher à une identité, mais plutôt à progressivement accueillir de nouvelles identités sous le même toit.

Tout comme l’Andalousie n’est pas, jusqu’aujourd’hui, un endroit comme un autre pour beaucoup d’Arabes, de Berbères, de Gitans, de Chrétiens et d’Européens, cet endroit où je suis assis n’est pas un endroit comme un endroit comme un autre à Bruxelles. L’un des historiens belges les plus brillants, Henri Laurent, mort à 37 ans, considérait le Bozar comme un microcosme de l’histoire belge. Il avait raison.

Il n’y avait, à cet endroit, d’abord que de l’agriculture, puis un centre de commerce préindustriel, puis un quartier résidentiel pour artistes pendant l’ère bourguignonne. Lorsque les Espagnols et les Autrichiens passèrent par Bruxelles, ce quartier était passé d’un lieu pour aristocrates et artistes à un centre administratif et militaire. Presque chaque siècle a vu une nouvelle transformation marquer ce lieu. Ce n’est qu’à la fin du dix-neuvième siècle qu’il prit la forme et la fonction actuelles.

De plus, ce n’est pas un hasard si le Bozar est situé près de trois autres symboles de l’état belge: le Palais Royal, le Palais de la Nation et le Palais de Justice. À la fin des travaux en 1928, Le Soir écrit: “Nous pouvons dire que Bruxelles aura un Palais des Beaux-Arts comme nulle autre ville européenne n’en a”. Le journal français Journal de Paris ajouta: “Bruxelles n’aura plus rien à envier à Paris”.

Qu’y aura-t-il dans les livres d’histoire sur Bruxelles et ce bâtiment dans cent ans? Une photo de ces deux femmes y aurait tout à fait sa place selon moi. “L’histoire n’est rien et ne fait rien. Ce sont les hommes qui sont et qui font” écrivait Marx il y longtemps. Je continue à regarder ces femmes, plus conscient que jamais que chacun d’entre nous, à chaque moment, faisons partie de l’histoire. Une histoire que nous pouvons nous-mêmes écrire, parfois juste en existant et en faisant à cet endroit, ce bout de terre. Ou comme une étoile dansante.

Bleri Lleshi est philosophe politique

Traduction du néerlandais par Olivier Gbezera
http://blerilleshi.wordpress.com/2013/03/13/bruxelles-letoile-dansante/ 

Le réseau des ciné-clubs en Fédération Wallonie-Bruxelles s’est donné officiellement le nom de « Quadrature du cercle » en octobre 2012. Depuis, les activités fédératrices réunissant ciné-clubs et films belges ne cessent de se succéder.

Dans ce petit reportage, Thomas Prédour, Directeur du Centre culturel La Vénerie et Secrétaire de la Concertation des Centres culturels bruxellois, nous parle du fonctionnement de la Quadrature du Cercle.


Thomas Prédour – La Quadrature du Cercle par asblCinergie

La deuxième série d’auditions à la Chambre a été sans équivoque.

La deuxième séance d’auditions de la commission des Finances et du Budget de la Chambre aura permis de mieux cerner les dérives – et leurs causes – du mécanisme du tax shelter, incitant fiscal à l’investissement dans l’audiovisuel belge. Georges Gilkinet (Ecolo-Groen), président de la commission, a résumé le sentiment général : « On a entendu des mots forts : nébuleuse, pyramide de Ponzi,… On parle de rachat de droits sous la table. Nous nous devons d’interpeller notre ministre des finances. Il nous semble important de mettre en place un contrôle spécialisé. »

Si personne ne met en cause les effets positifs initiaux du tax shelter, deux des intervenants, notamment, ont été directs. Isabelle Molhant, CEO de Casa Kafka Pictures, a renchéri sur ce qu’elle avait exprimé à « La Libre » (lire sur lalibre.be). « Il y a une surenchère des rendements [offerts aux investisseurs] et elle est indépendante de la valeur commerciale des films » a-t-elle asséné. Peter Bouckaert, président de l’Union des producteurs flamands a confirmé : « Aujourd’hui, sur 500000 € d’investissement, il en reste seulement 140000 € pour le film. L’équilibre n’y est plus. » Dans la foulée de M. Bouckaert, Alex Verbaere, de WiteBox, a décrit les tensions du marché, « dominé par des acteurs importants qui appliquent une stratégie de marketing très agressive ». « En soi, ce n’est pas un problème, mais cette concurrence entraîne une surenchère. Les films plus petits et locaux sont mis sous pression. » Pour Peter Bouckaert, une manière de mettre un terme à la surenchère serait d’imposer un lien entre le rendement offert à l’investisseur et les recettes réelles du film – là où la valeur de rachat des droits, comme nous le disait mardi un de nos interlocuteurs, est aujourd’hui souvent « artificielle ».

Pierre Drouot et Hans Everaert, du Vlaams Audiovisueel Fonds (VAF) ont dressé un constat similaire à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Les coûts liés à la levée des fonds tax shelter augmentent », a déclaré M. Everaert. « Ce qui diminue l’argent qui se voit à l’écran », a complété Pierre Drouot. Avec un paradoxe : « Les rendements ont augmenté pour des films qui n’ont pas généré de rendements auprès du consommateur. » Conclusion : « Ces rendements sont obtenus via le financement tax shelter » – ce qui est à la fois une déperdition (pour le film) et une dérive. Encore une fois, on en revient à la question du rachat des droits, qui semble vraiment source de tous les maux.

Seule voix dissonante dans l’ensemble, Jeremy Burdek, CEO du groupe uMedia, a assuré que « chez uFund, on ne constate pas de course au rendement sur le terrain. Chez nous, le rendement moyen est de 8 %. » Selon M. Burdek, « le rendement n’est pas tout » dans l’attrait de l’investisseur : « une prise de risque limitée », « une participation au succès du film » et « un service professionnel pour réduire la charge administrative » seraient aussi déterminants.

Mais comme l’a affirmé Jaco Van Dormael, au nom de l’Association des Réalisateurs et Réalisatrices francophones, « il y a unanimité entre les associations professionnelles du Nord et du Sud pour une réforme du mécanisme ». Mais, a averti Isabelle Molhant,« le projet de réforme en cours n’apporte aucune solution par rapport à la problématique du rachat des droits ». Pour Peter Bouckaert, il y a « urgence » à préparer une réforme plus profonde à l’horizon 2014, au risque d’une « catastrophe pour le secteur audiovisuel ».

Source: La Libre
Auteur: A. Lo 

Le gouvernement doit décider bientôt s’ils peuvent continuer…

Très prochainement, le gouvernement Di Rupo devrait être saisi d’un dossier sur le futur de la première institution culturelle du pays : le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. La ministre de tutelle, Laurette Onkelinx, devra dire ce qu’elle souhaite. Le directeur général actuel, Paul Dujardin, 49 ans, nommé en 2002, est candidat à un troisième mandat de six ans, soutenu par le président actuel du conseil d’administration, Etienne Davignon, en place aussi depuis onze ans. Le problème est que pour le faire, il faut d’abord une loi et changer les statuts de la société anonyme à finalité sociale qu’est Bozar, car ses statuts excluent pour l’instant tout troisième mandat. Le mandat de Paul Dujardin, comme celui de tous les membres du C.A., arrive à échéance le 31 décembre. Il est urgent de décider, dit-on depuis des mois, car un tel bateau culturel (1,2 million de visiteurs par an, un chiffre d’affaires annuel de plus de 40 millions d’euros) demande des décisions claires au plus tôt. Si le gouvernement choisissait un autre directeur général, il faudra laisser à ce dernier un temps suffisant pour se préparer.

Mais cette décision (Dujardin, stop ou encore ?) nécessite de subtils équilibres communautaires et politiques. Il n’est pas exclu d’ailleurs que la décision aille en parallèle avec celle, attendue aussi depuis longtemps, de la mise sur pied -contestée- d’un « pôle art » regroupant les musées et promis, dit-on, à Michel Draguet, directeur actuel du musée des Beaux-Arts. Depuis le départ de Paul Magnette, la politique scientifique, et donc les musées, sont gérés par le secrétaire d’Etat Philippe Courard, mais sous la responsabilité politique de la ministre Laurette Onkelinx. Celle-ci a donc toutes les cartes en mains pour d’éventuels arbitrages ou pour une avancée en parallèle des deux dossiers, l’un concernant un francophone, l’autre un néerlandophone.

Nous avons rencontré, à la veille de cette échéance, Etienne Davignon et Paul Dujardin. Un signe qu’une décision est proche, c’est la combativité et la prudence à la fois de Davignon. Les derniers moments avant une décision sont les plus dangereux. Dans l’entretien, c’est lui qui a parlé quasi tout le temps.

« Les choix à faire sont de la compétence exclusive de nos autorités de tutelle. La seule chose que je dirai est mon souhait qu’elles prennent les décisions en temps utile pour que l’organisation puisse s’adapter. »

Le conseil n’a plus été renouvelé depuis longtemps. Êtes-vous candidat à votre succession, M. Davignon ?

Au moment de la loi en 2001, on a cru bon de prévoir des mandats d’administrateurs de trois ans pour les uns et de six ans pour les autres. Aujourd’hui, la moitié des postes court jusqu’en décembre alors que l’autre moitié des mandats n’a pas été renouvelée. À la fin de l’année, plus personne n’aura de mandat « normal », y compris moi. En ce qui me concerne, il arrivera un moment où on n’est plus candidat à rien. Mon seul souci est de m’assurer que le renouvellement des structures dirigeantes du Palais se passe bien dans l’intérêt du Palais. Cela dit, sans être vaniteux, je peux dire que Paul et moi, nous avons bien fonctionné ensemble. On a dû apprendre notre métier, construire des équipes, etc. Aujourd’hui, on génère un chiffre d’affaire culturel de 25 millions d’euros annuel et on bénéficie pour l’infrastructure d’un subside de l’Etat de 17 millions. Cela crée beaucoup d’emplois.

M. Davignon, cela vous a plu, malgré toutes vos activités, de diriger aussi Bozar ?

A l’époque où le Palais était encore un parastatal, il y avait une rotation linguistique pour le président du C.A. On est venu me voir et, surtout pour être débarrassé des casse-pieds, j’ai accepté ce poste quand on m’a dit que cela ne me prendrait qu’une demi-journée tous les trois mois. Mais dès que je suis arrivé, j’ai été effaré par le gaspillage financier et culturel que j’ai vu au Palais. Alors, on s’est tous mobilisés, on s’est battus. Et je n’aurais jamais cru que cela me prendrait autant de temps pour aider le directeur-général dans ce vaste projet. Mais personne ne m’y a forcé. Si je l’ai fait, c’est que cela m’a plu.

Un des gros dossiers à l’avenir, est le risque communautaire avec les élections de 2014 et l’arrivée probable de ministres et d’administrateurs N-VA. Le Palais ne va-t-il pas étouffer sous le communautaire ?

Jusqu’ici, au niveau des acteurs culturels, nous n’avons jamais eu de problèmes. Ils ont parfois des frictions entre eux mais jamais sur le plan linguistique. D’autre part, notre structure d’organisation permet d’éviter les problèmes. Les Communautés flamande et française (le BIFF par exemple, le festival du film fantastique, vient chez nous pendant les vacances de Pâques) viennent nous voir avec des événements et nous leur offrons l’infrastructure et le prestige du lieu, gratuitement. Ils viennent car c’est la qualité du Palais qui les attire. Les projets qu’ils nous amènent n’interfèrent pas dans le financement de nos frais généraux, et cela évite les soucis. Les deux Communautés ont bien vu l’attractivité que peut représenter pour elles le Palais. La ministre Fadila Laanan qui avait eu un moment une perception négative sur une flamandisation du Palais a revu sa position et nous allons signer une convention avec la Communauté française. Il y a un juste équilibre linguistique dans le personnel même du Palais. Quant à l’avenir, nous avons, comme la Monnaie et l’Orchestre national de Belgique, une structure différente des autres établissements culturels fédéraux. Nous n’avons pas de personnel de l’Etat et nous avons des C.A. qui respectent le pacte culturel. Je ne vois pas l’intérêt qu’il y aurait pour les uns ou les autres de scinder Bozar ou de le faire cogérer par les deux Communautés. Encore moins d’instaurer des quotas : où mettrions-nous un concert de Cecilia Bartoli ? Les Communautés ont tout à gagner à garder la situation actuelle : une infrastructure de premier plan qu’on leur offre gratis et une diversité de l’offre culturelle qui met en valeur le patrimoine et attire la foule. Casser cela, ce serait casser une vitrine formidable pour nos deux communautés, y compris au niveau européen.

La force du raisonnement suffira-t-elle à convaincre les extrémistes linguistiques ?

Je l’espère.

Un moment douloureux fut le départ du théâtre du Rideau de Bruxelles. Très fâché, il est en arbitrage pour vous demander d’importants dédommagements ?

Le Rideau fait partie de l’histoire du Palais. Il est clair que son départ est un manque. Mais nous ne pouvons offrir au Rideau que ce que nous avons. Le jour où le Rideau a estimé que tout ce que je pouvais lui offrir n’était pas suffisant, je n’ai rien pu faire de plus. Pourtant, nous avions signé une convention de 30 ans avec lui, après la destruction de leur petit théâtre. Le Rideau connaissait donc alors très bien les salles dont nous disposions et a pourtant signé la convention. Nos avions fait des propositions pour aménager la salle M, mais cela fut refusé.

Source: La Libre
Auteur: Guy Duplat

« Action/réaction en faveur de la diversité et de l’interculturalité au sein du secteur artistique bruxellois »

En 2009, le Réseau des Arts à Bruxelles et le Brussels Kunstenoverleg ont publié leur Plan culturel pour Bruxelles,
résultat de deux ans de recherche, réflexion et débats avec leurs membres et partenaires.

Début 2010, de nombreuses organisations membres du RAB et du BKO se sont engagées dans quatre groupes de travail, dont le GT Interculturalité, qui s’est concentré sur le chapitre « Bruxelles interculturelle » et a développé une réflexion et des projets autour de l’enjeu interculturel au sein du secteur.

Avec cet article, le RAB et le BKO souhaitent partager cette expérience avec l’ensemble de leurs membres mais également avec d’autres acteurs (culturels ou non) bruxellois, belges et étrangers. Il a été rédigé sur base des comptes-rendus de réunions et d’entretiens avec plusieurs personnes-clés, pour décrire de façon chronologique le parcours du groupe de travail qui s’avéra riche en enseignements et interculturel en soi.

Cet article marque également le lancement de la série de publications digitales intitulée Cahiers Interact avec laquelle les réseaux souhaitent mettre en lumière les réflexions et actions menées par le secteur artistique bruxellois autour de la diversité bruxelloise et de l’enjeu interculturel à plusieurs niveaux (au sein des publics, des équipes et de la programmation).

Retrouvez l’article complet ainsi que la première édition du Cahier Interact sur notre site.

Pour plus d’informations sur la dimension sémantique de la notion d’interculturalité et de cohésion sociale, retrouvez l’article d’Emmanuelle Lenel sur notre blog.

Source: Réseau des Arts à Bruxelles