Archives for the month of: mai, 2013

La Région a choisi un lieu idéal, mais le musée est encore loin.

L’annonce ce week-end, par le gouvernement bruxellois, qu’il était favorable à un nouveau musée d’Art moderne et contemporain situé le long du canal, entre Anderlecht et presque Vilvorde, a surpris bien des acteurs de ce lancinant dossier. Ils ne s’attendaient pas à une telle annonce. Certes, c’est d’abord un effet d’annonce, car on est encore loin de voir arriver ce futur musée. Mais c’était une étape très attendue qui montre qu’après la ville de Bruxelles et l’Etat fédéral qui s’étaient déjà prononcés pour la nécessité de ce musée, c’est cette fois la Région bruxelloise qui le fait, qui s’empare du dossier et qui fixe – ce qui est de sa compétence d’aménagement du territoire (alors qu’elle n’a pas de compétences culturelles) – la localisation d’un musée qui restera de compétence fédérale, financé par le fédéral, le jour où il se fera.

Trois sites

Depuis la fermeture du musée d’Art moderne il y a deux ans par Michel Draguet, directeur du musée des Beaux-Arts, on discute d’un emplacement futur pour sa réouverture. Dans un premier temps, les collections d’Art moderne et contemporain du musée, invisibles pour l’instant, devraient être exposés dans l’ex-« Dexia Center », ex-Vanderborght, rénové (pour 11 millions d’euros), avec en prime, peut-être – on en discute – une partie de la collection Dexia et des collections privées. C’est la priorité du ministre Philippe Courard, en charge des musées, qui a, dit-il, ce dossier prêt, mais qui doit d’abord en discuter avec la Régie des bâtiments et ensuite passer par le Conseil des ministres. C’est son financement (partiellement par des sponsors, a exigé l’Inspection des finances) qui pourrait poser problème.

Ce dont on a parlé ce week-end se rapporte à la phase 2, qu’on n’attend pas avant dix ou 15 ans. C’est-à-dire, la construction d’un tout nouveau musée, dans un geste architectural digne de la capitale de l’Europe et qui reprendrait les collections installées provisoirement au Vanderborght. On est encore nulle part sur son financement (à titre d’exemple, le superbe, mais petit, nouveau musée d’Art contemporain d’Oslo, dû à Renzo Piano, a coûté 95 millions d’euros). Mais pour aller plus loin dans les études de définition du musée et de faisabilité, dans les plans de financement, il fallait d’abord se décider pour un emplacement.

Trois sites étaient avancés : le parc du Cinquantenaire poussé par Michel Draguet, le Heysel dans le cadre du projet « Neo », poussé par le ville de Bruxelles, et la zone du canal poussée par la Région dans le cadre d’une politique de revitalisation de ces quartiers. En particulier, il y a un projet ambitieux de l’architecte Xaveer De Geyter, concernant la porte de Ninove. Dans ce projet, la création d’un grand outil culturel de développement pourrait être le musée.

La Région a donc tranché en faveur de la zone du canal, renvoyant dos à dos la ville et Michel Draguet qui, bons joueurs, se sont tous les deux réjouis du choix de la Région. Celle-ci devrait préciser en juillet prochain sur quel terrain exactement irait le futur musée.

Forte de cet emplacement, la Région pourra lancer en étroite concertation avec la Politique scientifique fédérale et la commune concernée (Anderlecht ou Molenbeek), une étude de conception et de faisabilité. On parlait depuis des mois d’une étude McKinsey offerte gracieusement mais on ne l’a jamais vue.

Le chemin vers ce musée est donc encore très long et parsemé d’embûches. Ce n’est qu’une étape qui ne garantit pas qu’il voie le jour. Pour Philippe Courard, la priorité reste le Vanderborght. Mais cette annonce est néanmoins un signe positif de l’intérêt de la Région pour un tel outil et de la volonté de tous de travailler dorénavant en étroite collaboration. C’est déjà énorme. Et, sans doute, l’exemple formidable du Louvre à Lens a-t-il convaincu les sceptiques que l’investissement dans la culture peut être profitable à une ville.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre 

Jeudi, le 4e prix “Arts Libre”a été attribué à l’unanimité à Emmanuel Bayon.

C’est devenu une excellente habitude. Jeudi soir, Albert Baronian, président du jury, a remis le prix « Jeune artiste Arts Libre 2012-2013 » au jeune Français Emmanuel Bayon, né en 1988, habitant Tournai, lors d’une réception à la Médiatine, à Bruxelles, où tous les travaux sélectionnés seront exposés jusqu’au dimanche 26 mai et où sera organisée plus tard, une exposition monographique autour du lauréat.

« Arts Libre » est, on le sait, associé depuis deux ans à la Médiatine (le centre culturel Wolubilis de Woluwe-Saint-Lambert), dynamique centre d’art bruxellois dirigé par Solange Wonner, situé au milieu d’un parc très agréable.

Le jury, cette année, avait à choisir entre dix jeunes artistes sélectionnés par quatre de nos critiques : Jean-Marc Bodson, Camille de Marcilly, Claude Lorent et Roger Pierre Turine. Le jury était composé du galeriste Albert Baronian, de Xavier Canonne, directeur du musée de la Photographie de Charleroi, de Rodolphe Janssen, galeriste, de Nancy Casielles, curatrice au BPS22 à Charleroi, d’Alain Servais, collectionneur, de Solange Wonner, directrice de la Médiatine à Woluwe-Saint-Lambert et de Jean-Pierre Lambert, responsable graphique à « La Libre Belgique ».

Les trois dernières années, le prix organisé par « La Libre Belgique » avait couronné, Julien Dubuisson en 2010, Beata Szparagowska en 2011 et Hamza Halloubi en 2012. Le lauréat du prix « Arts Libre » 2012 pourra exposer en solo à la Médiatine en novembre 2014 et une monographie sur son travail sera alors éditée par le centre culturel Wolubilis.

La sélection, cette année, présentée dans « Arts Libre » comprenait : Emmanuel Bayon, Mélanie Geray, Zaza Bertrand, Aurélie Gravas, Romain Cadilhon, Annabelle Milon, Delphine Deguislage, Cédric van Turtelboom, Morgane Deffense et Thomas Vanden Driessche. Remarquons que la moitié d’entre eux, un hasard, sont des Français résidant chez nous ! « Il est vrai que c’est un vrai phénomène , explique Albert Baronian. Dans plusieurs grandes académies belges, la majorité des étudiants sont français. Cela montre le caractère cosmopolite de Bruxelles et, sans doute, ces Français s’inscrivent-ils plus aux concours pour montrer leur intégration. » Les candidats avaient travaillé toutes les catégories : photographie, peinture, sculpture, installation, interventions dans l’espace public, dessins, porcelaine. Rappelons quels étaient les critères de sélection : pas d’appel à candidature, avoir moins de 35 ans, être Belge ou vivre en Belgique, être « l’auteur d’un univers construit, d’une œuvre aboutie et de qualité« .

« Le choix du jury a été très rapide et unanime, nous dit Albert Baronian, en faveur d’Emmanuel Bayon. C’était le travail le plus original, le plus abouti. Il y a chez lui un côté intervention dans la ville, humaniste. » Emmanuel Bayon intervient partout où l’espace public présente des blessures, des manques, des cicatrices non refermées, des trous, des structures cassées. « Il agit à la manière d’un secouriste de la Croix-Rouge. Dans une sorte d’esthétique de l’urgence » , explique Claude Lorent.  » On a aimé aussi chez lui l’utilisation du rouge, référence au sang de la ville, continue Albert Baronian. Son côté interventionniste qui montre du doigt ce qui ne va pas dans notre quotidien, dans notre urbanisme. On a aimé ce rapport à la ville, un peu comme – en inverse – ce que faisait Gordon Matta-Clarck. Et il y a sa manière de référencer par la photographie et la vidéo. Je ne pourrai plus traverser la ville et voir du rouge sur mon environnement sans penser à ses interventions. »

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre 

Exposition à la Médiatine, allée Pierre Levie, 1 (anciennement : chaussée de Stockel, 45), Woluwe-Saint-Lambert, gratuit, ouvert les vendredis, samedis et dimanches, de 14 à 18h. Jusqu’au 26 mai. 

Vous l’attendiez tous, il est arrivé: voici le deuxième numéro des Cahiers Interact du RAB et du BKO, intitulé « Until I find you. De la participation artistique et culturelle des primo-arrivants à Bruxelles ». À travers cette série de publications digitales, les réseaux souhaitent mettre en lumière les réflexions et actions menées par le secteur artistique bruxellois autour de la diversité, élargir leur impact et stimuler la formulation de pistes pour l’avenir.

Ce Cahier Interact #2 s’intéresse plus particulièrement à la façon dont l’art et la culture peuvent s’inscrire dans le parcours d’intégration des primo-arrivants à Bruxelles:
– Dans une première partie, Hans Vandecandelaere, auteur de« Bruxelles. Un voyage à travers le monde », retrace les grandes lignes de l’histoire de l’immigration à Bruxelles depuis l’après-guerre. 
– Ensuite quelques initiatives mettant en lien la culture et l’intégration sont présentées au travers d’entretiens avec Sarah Reader Harris, animatrice de l’atelier de poésie du Petit-Château, et Petra Broeders, à propos de la collaboration entre la maison de la littérature Passa Porta et le Petit-Château.
– Els Rochette, coordinatrice de Globe Aroma, nous explique ensuite le projet porté par son organisation.
– Enfin, Laurent Ska, responsable production et distribution à l’Atelier 210, nous raconte le développement du projet théâtral “Le Mouton et la Baleine”.
– A travers l’ensemble du Cahier, se tisse l’histoire de Paul Kamisy, artiste audiovisuel d’origine congolaise vivant et travaillant à Bruxelles.

Vous pouvez télécharger le Cahier Interact #2 « Until I find you.  De la participation artistique et culturelle des primo-arrivants à Bruxelles » sur notre site. N’hésitez pas à le diffuser autour de vous!

Le Cahier Interact #3, prévu pour le mois de juin, sera consacré à la médiation culturelle.

Source: Réseau des Arts à Bruxelles

La capitale belge devient incontournable pour les galeristes d’art contemporain. Moins chère, moins saturée et dotée d’un dynamisme culturel sans égal, la ville connait un boom artistique. Pas sûr qu’il perdurera, selon certains.

Bruxelles, c’est « presque » l’El Dorado des galeristes, estime le Français Sébastien Ricou né en1984, le plus jeune galeriste de la ville où il a récemment élu domicile. Il rayonne. Il y a quelques années, alors qu’il était en stage dans la galerie d’Almine Rech, il a pu constater à quel point l’idée de la galeriste de déménager de Paris vers la capitale belge était judicieuse. « A Paris, j’aurais eu deux fois moins d’espace pour le même prix », dit-il.

Sébastien Ricou n’est pas seul. Ces dernières années, les galeries d’art contemporain poussent comme des champignons à Bruxelles. A cela s’ajoutent un nouveau directeur créatif à la tête d’Art Brussels, la foire d’art contemporain qui a lieu cette semaine [du 18 au 21 avril], en marge de laquelle sont organisés quelques salons d’art plus petits et le festival de performances de Wiels, centre d’art contemporain. Des médias comme le New York Times parlent d’une « renaissance créative »à Bruxelles.

Une programmation plus expérimentale

En 2006, la galeriste Almine Rech, mariée au petit-fils de Picasso, a déménagé en Belgique. Deux ans plus tard, Nathalie Obadia a suivi. Un pied-à-terre bruxellois offre, selon Constance Dumas, directrice de la galerie de Nathalie Obadia, la possibilité d’une programmation plus expérimentale : « En France, on peut difficilement rentabiliser une galerie en exposant des artistes dont les œuvres n’atteignent pas encore des prix élevés », explique-t-elle.

A la même époque, la new-yorkaise Barbara Gladstone a installé son siège européen dans la capitale belge. Montrant en passant un Sol LeWitt dans le jardin, Maxime De La Brousse, de la Gladstone Gallery, explique : « Barbara n’a pas ouvert un établissement sur un coup de tête. Des artistes comme Anish Kapoor étaient déjà largement représentés à Londres et à Paris, le marché était saturé. »

Avec l’arrivée de quelques galeries de renom, ainsi que l’ouverture de Wiels, le centre d’art contemporain, en 2008, d’innombrables galeristes considèrent Bruxelles comme un lieu incontournable. Selon le public ciblé, ils s’installent près de l’avenue Louise, les Champs-Elysées de Bruxelles avec ses grandes maisons de couture et sa circulation dense, ou près de la rue Antoine Dansaert dans le quartier des boutiques et des bureaux de designers et d’architectes branchés.

La « culture de collectionneurs »

Le plus frappant est le grand nombre de Français, notamment Vidal Cuglietta, en plus d’Obadia et de Rech. Le faible taux de l’impôt sur la fortune en Belgique incite souvent les Français nantis, dont Almine Rech, à aller vivre de l’autre côté de la frontière. Tout comme les autres galeristes, elle vante la « culture de collectionneurs » en Belgique. De surcroît, les collectionneurs belges seraient fidèles à certains artistes et ne se laisseraient pas influencer par les lubies du jour.

Les premiers Néerlandais qui ont renoncé à leur galerie à Amsterdam en faveur du quartier de Dansaert sont Chris Bestebreurtje et Petra Kuipers de la Motive Gallery. Selon Chris Bestebreurtje, Bruxelles présente un intérêt sur deux plans : le marché belge est intéressant et la ville est mieux située pour les collectionneurs internationaux. Surtout depuis l’arrivée des lignes de train à grande vitesse qui permettent de rejoindre, en deux heures environ, Londres, Cologne ou Amsterdam.

« Nous avons remarqué que nous ne recevions pas assez de visiteurs internationaux à Amsterdam », dit-il. « La fermeture du Stedelijk Museum, du Rijksmuseum et de l’Appel n’ont pas aidé à attirer les conservateurs et les collectionneurs étrangers aux Pays-Bas ». Et il ajoute : « Bruxelles est un endroit où, contrairement à ce qui se passe à Berlin, une galerie étrangère peut encore facilement se faire une place. »

Chaos administratif

La ville de Bruxelles a-t-elle cependant suffisamment à offrir pour ne pas être une simple halte aux yeux des collectionneurs et pour réussir à ériger une plateforme des beaux-arts florissante qui ne soit pas commerciale ? « Les initiatives intéressantes ne manquent pas ici, mais il serait urgent de simplifier les démarches administratives », fait remarquer Dirk Snauwaert, directeur artistique de Wiels.

Il doute que des personnes comme Chris Bestebreurtje réagissent positivement, face au chaos administratif de la capitale belge. Le galeriste néerlandais se dit par exemple convaincu de pouvoir obtenir des autorisations plus facilement qu’aux Pays-Bas, ce qui est favorable aux initiatives créatives. Par ailleurs, Dirk Snauwaert constate que les jeunes artistes sont plus nombreux à s’installer à Bruxelles, mais selon lui, même si la ville est meilleur marché que Londres ou Paris, elle reste (trop) chère pour quiconque entend y faire ses premiers pas dans le monde artistique.

C’est aussi la raison pour laquelle la Bruxelloise Sonia Dermience, du collectif de commissaires d’expositions à but non lucratif Komplot, s’interroge sur le devenir de toutes les galeries qui ont récemment ouvert. « Berlin est nettement moins chère, les gens qui s’installent ici viennent souvent avec une importante mise de fonds et parlent beaucoup du « formidable collectionneur belge », mais ils expriment surtout un souhait. On peut se demander s’ils existeront encore dans cinq ans. »

Auteur: Sabeth Snijders
Traduction : Isabelle Rosselin
Source: PressEurop

Le Sénat belge et le Parlement européen se mobilisent en faveur de l’exception culturelle.

Le Sénat a pris jeudi en considération une proposition de résolution d’Ecolo-Groen (bit.ly/14db9Sx) relative à « l’exclusion des produits culturels » du futur accord de Partenariat de commerce et d’investissement entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Celle-ci fait suite à une pétition (bit.ly/ZJJOjG) de réalisateurs européens lancée notamment à l’initiative des frères Dardenne.

Pour Ecolo et Groen, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) doit demander l’exclusion explicite des secteurs culturels et audiovisuels dans l’accord entre les Etats-Unis et l’Europe. « La culture ne saurait être assimilée à une marchandise comme les autres », ont écrit les deux groupes dans un communiqué. « Dans le cas contraire, l’ensemble des politiques proactives (soutiens financiers, quotas de diffusions, appuis aux petits producteurs…) de la Belgique et de l’Europe pour défendre leurs diversités et patrimoines culturels serait directement menacé. »

Le hasard a voulu que les sénateurs belges analysent mardi en Commission des relations extérieures du Sénat une Convention internationale de l’UNESCO visant à promouvoir la diversité des expressions culturelles (bit.ly/14SyhX9). Benoît Hellings, sénateur Ecolo, nous a précisé par courriel ce paradoxe : le Sénat pourrait donc voter une convetion Unesco que pourrait rendre caduc ce que la Commission négociera dans les prochains mois…

Interrogé jeudi par la sénatrice Marie Arena (PS), Didier Reynders a indiqué que la Belgique défend auprès de l’Union européenne une position appelant celle-ci à « ne prendre aucun engagement concernant les services audiovisuels » à propos desquels « les Etats-membres doivent pouvoir conserver une marge de manoeuvre ». Cette position est défendue par les Communautés flamande, française et germanophone, a-t-il précisé. Didier Reynders a aussi rappelé que l’audiovisuel belge faisait l’objet d’un soutien à travers le système de tax shelter, une exception au cadre de négociation de libre-échange permettrait de continuer à développer ce type d’initiative.

Jeudi également, la commission du Commerce international du Parlement européen a adopté une résolution où elle demande que le mandat de négociation entre les deux blocs inclue les marchés publics et les services financiers, mais exclue les services culturels et audiovisuels, notamment ceux en ligne. Cette résolution a été adoptée par 23 voix contre cinq, et une abstention. Dans leur résolution, les parlementaires demandent également que soit garantie la protection de « domaines de droits de propriété intellectuelle clairement définis, comme la protection des indications géographiques » ainsi qu’un « niveau élevé de protection des données personnelles ».

Les négociations en vue d’établir un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis doivent débuter dans les prochains mois. La Commission européenne a approuvé le 13 mars un projet de mandat relatif à celles-ci. Le 14 juin prochain, ce projet de mandat sera soumis à l’approbation des États membres, dont la Belgique, au sein du Conseil de l’Union européenne.

A ce stade, le mandat que la Commission a défini ne prévoyant pas l’exception culturelle, notamment dans le domaine audiovisuel, que les Etats-Unis veulent inclure dans les accords. Ce qui inquiète fortement les secteurs culturels et audiovisuels qui représentent 4,5% du PIB de l’Union européenne et emploient quelque 8 millions de personnes.

Lundi, le commissaire européen en charge du Commerce, Karel De Gucht, avait assuré que l’exception culturelle n’entrerait pas dans le mandat de négociation. Mais son porte-parole avait ensuite précisé que cela ne signifiait pas que l’audiovisuel en serait exclu.

La France, fer de lance de l’exception culturelle, demande avec force cette exclusion, affirmant que le soutien à la création, grâce à des quotas en faveur de la production européenne, était essentiel pour protéger la diversité culturelle. « La France ne transigera pas. L’exclusion des services audiovisuels n’est pas négociable », ont déclaré lundi les ministres françaises de la Culture Aurélie Filippetti et du Commerce Nicole Bricq. Paris cherche à rallier d’autres pays. Selon une source proche du dossier, l’Italie et la Pologne auraient fait part de leur « convergence » avec la position française.

A.Lo (avec AFP et Belga)
Source: La Libre