Archives for the month of: juin, 2015

Nos musées, Bibliothèque royale, Observatoire royal et autres ESF (établissements scientifiques fédéraux) attendaient le moment depuis des mois. Elke Sleurs (NV-A), secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, a attribué 11,2 millions d’euros en plus pour 2015 aux dits ESF et au Centre d’études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma), soit 30 % en plus que le total de leurs subventions ! Une somme récupérée sur d’anciens crédits pour le spatial qui n’avaient pas été liquidés.

Pour l’avenir de l’institution

Une très bonne nouvelle donc pour ces institutions mais qui ne résout pas tout, loin de là. C’est une opération unique, non récurrente, qui doit être utilisée à des investissements nouveaux spécifiques et ne peut servir à compenser les fortes réductions de subsides décidées en octobre et qui elles sont récurrentes.

Elke Sleurs a demandé à chaque ESF ses projets et a fait ensuite ses choix. Elle explique avoir été guidée par des projets générateurs d’économies récurrentes (meilleure gestion énergétique des bâtiments) ou de revenus nouveaux (meilleure attractivité du musée, donc plus de recettes, valorisation économique des collections).

Il est important de donner tous les montants des « cadeaux » en fonction des subsides 2015 déjà accordés (voir ci-contre). On évoquait en effet la crainte qu’Elke Sleurs ne favorise les « bons » directeurs des établissements scientifiques fédéraux (les néerlandophones ?). Mais le détail de l’attribution des différentes enveloppes exceptionnelles que nous évoquons ne permet pas cette critique. Le choix est basé sur les demandes mêmes de chaque établissement et leur intérêt pour l’avenir de l’institution.

La note de la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique ne dit en revanche rien sur l’avenir du musée d’Art moderne, la nomination de directeurs définitifs, l’évaluation provisoire de certains directeurs et le nom du successeur de Philippe Mettens à la tête du département. Ces décisions sont pour plus tard.

Qui reçoit quel montant et pour quoi faire ?

Le musée des Beaux-Arts

Aux subsides 2015 de 3,8 millions, Elke Sleurs ajoute un subside exceptionnel de 0,8 million pour un audit énergétique, des investissements en téléphonie et en détection d’incendie.

Le musée de Tervuren

A la subvention 2015 de 3,5 millions vient s’ajouter 1,1 million pour la restauration du bâtiment, le marketing, etc. Et deux expos pop-up sur la peinture congolaise et sur les timbres.

Le Cinquantenaire

A la subvention de 5 millions s’ajoute 1,3 million pour l’aménagement des salles sur les arts décoratifs, pour la restauration des sarcophages égyptiens et pour la section antiquité.

Institut royal du patrimoine artistique (IRPA)

L’aide d’1 million d’euros pour la restauration du matériel de recherche double quasi le subside 2015 d’1,3 million.

Les Archives royales

Elles se voient attribuer 0,67 million en plus de la subvention d’1,8 million afin d’accélérer la numérisation des collections.

Les ESF spatiaux du plateau d’Uccle

Aux 7,4 millions d’euros de subsides 2015 accordés à l’Observatoire, à l’IRM et à l’Institut d’aéronomie spatiale, s’ajoutent 2,07 millions pour la modernisation des infrastructures, la climatisation, le stockage des données.

L’Institut des sciences naturelles

Il reçoit 1,8 million en plus des 8 millions pour la digitalisation des collections et surtout une maintenance exceptionnelle du « Belgica », le bateau océanographique.

La Bibliothèque royale

Elle reçoit 1,8 million en plus des 6,2 millions pour le renouvellement de la salle de lecture, l’installation du wi-fi et la numérisation des collections.

Le Centre d’études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma)

Il reçoit 0,3 million en plus du subside d’1,5 million pour la modernisation de son informatique et une expo sur les Juifs à Bruxelles pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 17/06/2015)

S’il existe des textes de droit fiscal qui traitent du mécénat, les incitants en faveur de ce mécanisme restent limités dans notre pays. Analyse.

Au sens commun du terme, le mécénat peut être défini comme l’action d’une personne visant à aider financièrement et de manière désintéressée une autre personne afin de lui permettre de développer son art ou ses recherches.

Si le mécénat est historiquement un des moyens pour un artiste de financer les œuvres imaginées, ce mécanisme n’est pas pour autant réservé aux arts. Songeons notamment aux nombreuses institutions scientifiques qui utilisent ce principe pour compléter leurs moyens financiers.

Ce mécanisme ne doit pas être confondu avec le sponsoring qui, lui, vise à fournir un avantage publicitaire direct moyennant le financement d’un évènement ou d’une activité et dont le traitement fiscal est distinct de celui du mécénat.

L’élément clé de la définition du mécénat est donc bien le désintéressement dans le chef de la personne qui donne (le mécène), mis à part son souhait de vouloir soutenir telle personne ou telle organisation.

D’un point de vue juridique, l’acte de mécénat s’apparente à une donation. Si toute personne juridiquement capable reste libre d’effectuer une donation, ce n’est pas pour autant que tous les mécènes seront traités légalement de la même manière. En Belgique, le législateur a depuis longtemps souhaité encourager le mécénat dans certains domaines définis qu’il juge dignes de soutien. Pour ce faire, il a mis sur pied une série de mécanismes fiscaux visant à inciter le mécène dans l’âme à franchir le pas. Les domaines soutenus sont variés : culture au sens large (musées, arts plastiques, musiques…), recherche scientifique, action sociale, aide aux personnes handicapées, etc.

Institutions agréées et avantage fiscal

D’emblée, il faut noter que les avantages fiscaux dans le cadre du mécénat ne sont possibles que si le mécène apporte son aide financière à une institution agréée. Une association active dans le domaine culturel doit posséder la personnalité juridique et ne poursuivre aucun but de lucre, être établie en Belgique, être déjà subventionnée et, enfin, avoir une zone d’influence qui s’étend à l’une des Communautés ou au pays tout entier, de sorte que les institutions qui opèrent uniquement sur le plan local sont exclues.

Lorsque le mécène donne à une institution agréée, il bénéficiera d’un avantage fiscal, celui-ci varie en fonction de la qualité juridique du mécène.

Le régime pour les mécènes particuliers

Il est accordé une réduction d’impôt à un particulier pour les dons qu’il a effectivement payés pendant la période imposable. Dans ce cas, la réduction d’impôt est accordée à condition que les dons atteignent au moins 40 EUR (montant indexé 2015) et fassent l’objet d’un reçu de la structure recevant le don.

La réduction d’impôt est égale à 45 % du montant donné. Le montant total des libéralités pour lequel la réduction d’impôt est accordée ne peut excéder par période imposable ni 10 % de l’ensemble des revenus nets, ni 376.350 EUR (montant indexé).

Rappelons également que les particuliers peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt similaire en cas de dons d’une œuvre d’art à un musée étatique.

Régime pour les entreprises

Pour les entreprises, ces mêmes dons sont, pour la détermination du revenu imposable, déduits des bénéfices. Le montant total des libéralités pour lequel la déduction est accordée ne peut excéder par période imposable ni 5 % du bénéfice, ni 500.000 EUR.

Si la fiscalité est un excellent moyen de soutenir un secteur, dans le cas présent, le secteur culturel notamment, nous regrettons que le système ne soit pas plus permissif, notamment quant aux associations locales. A notre connaissance, il n’est pas prévu de réformer ce système dans un avenir proche.

Auteur: Alexandre Pintiaux
Source: Le Soir (mis en ligne le 17/06/2015)