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Saint-Josse, capitale du jazz belge ? Le Saint-Jazz fête ses 30 ans, la Jazz Station ses dix ans. On en parle avec leur créateur, Jean Demannez.

Jean Demannez fut échevin PS de Saint-Josse dès 1977, puis bourgmestre de la commune de 1999 à 2012. Il est maintenant retraité à Chaumont-Gistoux mais n’arrête pas de bosser pour autant. D’abord, il est toujours président du Botanique et président de la Jazz Station («  Des mandats non rémunérés », insiste-t-il), et c’est du boulot. Et puis, il continue à jouer le batteur dans son groupe, le 107 quater (l’article de la Constitution qui crée la Région bruxelloise), créé à l’aube des années 70, et qui joue toujours régulièrement, et particulièrement au New Challenge, rue Colonel Bourg, à Evere, tous les premiers mercredis du mois, et même au festival d’Oujda, au Maroc, devant 100.000 personnes, où il a été invité deux fois.

Le jazz, pour vous, c’est depuis toujours ?

Ça a commencé quand j’étais ket, dans la troupe scoute de Saint-Louis. On avait formé les Jazz Prophets, on ne doutait de rien, j’avais seize ans. On jouait des standards. Déjà, j’étais à la batterie. J’étais fasciné par les tambours que je voyais le dimanche à Wenduine, et un de mes oncles était batteur, ça m’avait impressionné. Mon premier groupe de jazz s’appelait Les Vidanges, avec Stéphane Liberski à la guitare : on faisait de la musique psyché minimaliste à la Zappa.

Puis, j’ai fait du rock avec Claude Delacroix, qui anima ensuite Formule J à la RTB, dans les Roadies. On a joué ensemble pendant 25 ans.

Alors, quand vous étiez échevin, vous vous êtes dit que la musique à Saint-Josse, c’était une bonne chose.

On parlait avec Pol Lenders, celui du Biérodrome, place Fernand Cocq, à Ixelles. Il organisait des concerts de jazz chaque 21 juillet sur la place. Mais il en avait assez. Je lui ai demandé : ça te dérange que je reprenne l’idée ? Il m’a dit : pas du tout. Et voilà comment Saint-Jazz est né. Je pensais qu’il était stupide d’abandonner l’idée de monter un festival gratuit à Bruxelles. Et je voulais montrer que la commune avait d’autres atouts que l’image qu’on en donne trop souvent. J’ai demandé des subsides. François Persoons, alors secrétaire d’Etat à la Communauté française, a dit : OK mais pas le 21 juillet, le jour de la fête de la Communauté, le 27 septembre. On a commencé, le 27 septembre 1985. Avec le New Orleans Train Jazz Band d’Aloïs Van Petegehm, un produit jazz populaire de la Flandre profonde, ce qui montre qu’on n’avait pas d’œillères linguistiques. Et sous le nom de Saint-Jazz, trouvé par Jean-Jacques Deleeuw, qui travaillait alors pour moi et qui est aujourd’hui à la direction de RTL.

Et trente ans plus tard, le Saint-Jazz existe toujours.

Oui, on a continué. Pol voulait que ce soit du jazz populaire, mais il est difficile de se donner une image jazz si on ne programmait que du New Orleans. On a alors donné la place à des jeunes d’alors : Michel Herr, Charles Loos, Philip Catherine, Steve Houben… pour mettre en valeur les musiciens belges. Nous avons ainsi reçu le gratin du jazz belge, avec Aka Moon, Nathalie Loriers, Eric Legnini, Toots évidemment. Et de belles pointures étrangères : Clark Terry, Rhoda Scott, Thomas Dutronc, Tineke Postma, Baï Kamara…

Propos recueillis par Jean-Claude Vantroyen

Source: Le Soir (mis en ligne le 23/09/2015)

Pas de grasse matinée pour les artistes. Ce samedi à partir de 9h30, la ministre de la Culture, Joëlle Milquet, invite le monde culturel au Théâtre de Namur pour débattre de la suite possible de son plan « Bouger les lignes ». On y présentera le rapport de la Coupole, un groupe qui a débattu de « l’Artiste au centre » et ensuite, à partir de 11h, on y lancera les Coupoles « Alliance culture-école » et « Plan culturel numérique ». Une matinée de réflexion rythmée par des « découvertes artistiques et animations numériques ».
Inscriptions sur tracernospolitiquescuturelles.be

Auteur: G DT
Source: La Libre (mis en ligne le 23/09/2015)