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Jöelle Miliquet, vice-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en charge de la culture, a annoncé vendredi sa volonté de mettre l’artiste et la création artistique au centre de la toute nouvelle offre culturelle en cours d’élaboration au travers l’opération de concertation prospective « Bouger les lignes » lancée en 2015. La ministre considère qu’il faut mutualiser les budgets et le fonctionnement de la culture afin de retrouver des moyens de financement permettant de redynamiser l’offre culturelle permettant de répondre aux défis du XXIe siècle. La politique culturelle et le public sont en pleine mutation, observe-t-elle.

Afin de faire correspondre sa volonté aux actes, Mme Milquet a déjà attribué, en 2015 et 2016, 750.000 euros pour l’aide à la création. Des moyens ont également été dégagés pour les petits lieux de diffusion. Une somme de 150.000 euros a été allouée à cet effet.

La création d’une maison des fédérations culturelles, représentant les différents secteurs, et des maisons d’artistes (à Bruxelles, Mons, Louvain-La-Neuve, Namur, Charleroi et Liège) devraient voir le jour en 2017.

Parmi les autres projets à concrétiser, la réalisation d’une plateforme numérique qui permettrait de rassembler les lieux, les artistes, la billetterie afin d’offrir une offre cohérente vis-à-vis de l’étranger.

Le statut des artistes, la transparence des aides accordées à la création culturelle, la promotion des artistes à l’étranger sont autant d’autres thèmes qui seront sur la table dans les prochaines années.

Mme Milquet souhaite également que les commissions d’avis animent les choix culturels à venir.

Elle a aussi annoncé son intention de s’attaquer à la subsidiation des festivals car elle estime que ceux-ci n’offrent pas une vitrine suffisante aux artistes belges.

Auteur: Agence Belga
Source: La Libre (mis en ligne le 22/01/2016)

Vendredi, en présentant ses vœux 2016, le bourgmestre de Mons, Elio Di Rupo, ne cachait pas les lourds problèmes budgétaires de l’après Mons 2015 pour toutes les institutions montoises :« La situation sera très difficile, c’est là qu’on verra la valeur des hommes et des femmes. » S’il espère recevoir encore une aide spéciale pour gérer l’après Mons 2015, les autres villes ne l’entendent pas comme ça et ne veulent plus de traitement privilégié pour Mons.

Yves Vasseur, le commissaire général de Mons 2015 nous disait : « Personne n’ose le dire, mais les budgets culturels vont droit dans le mur en Fédération Wallonie-Bruxelles. La situation est délétère. Certains touchent déjà le fond. Dans 5 ans, des musées auront des gardiens jouant aux cartes dans des salles vides. Est-ce alors sage de garder 300 centres culturels en Wallonie et six proches en Mons-Borinage ? Il faut oser parler sans tabous et proposer des solutions innovantes. »

Tax shelter

2016 sera pour la ministre de la Culture, Joëlle Milquet, une année très délicate. En scènes, elle doit finaliser les contrats-programmes de tous les théâtres et nommer de nouveaux directeurs pour les institutions phares dans leur secteur (Théâtre national et Charleroi/Danses). Le fédéral vient de décider l’extension du tax shelter au secteur de la scène, mais ce ne sera qu’une aide partielle, et pour certains seulement. Et il faudra faire des choix douloureux.

Pour les musées, secteur pauvre des budgets, la situation est encore plus difficile et ils n’ont pas droit à l’extension du tax shelter. Ils chassent déjà depuis longtemps les éventuels sponsors privés, peu d’espoir de ce côté. Or, il faut refinancer les musées. A force de gels des budgets ou de baisses de 1 %, les budgets des musées vont de plus en plus au seul fonctionnement et la part artistique risque de disparaître un jour.

Irresponsable

Les nouveaux musées sont dans l’inquiétude : le musée Keramis de La Louvière, décidé par la Communauté française, n’a quasi aucun budget pour faire des expos. Ses subsides devraient impérativement passer de 200 000 à 400 000 euros par an. Le nouveau BPS 22 de Charleroi a aussi son avenir budgétaire incertain. Pierre-Olivier Rollin demande sa reconnaissance comme « musée » et une subvention annuelle passant de 165 000 à 500 000 euros.

« Il faudrait soit que la FWB sorte davantage d’argent pour les arts plastiques, dit-il, mais on sait que la situation budgétaire restera très difficile, soit qu’elle procède à un rééquilibrage des moyens disponibles. Charleroi a très peu bénéficié jusqu’ici d’aides culturelles. Surtout si on compare par exemple à La Louvière qui a sur son territoire six institutions muséales. Ce fut une politique irresponsable de construire tant d’institutions si les politiques n’ont pas les moyens d’en assurer le fonctionnement. »

Rationaliser

Paul Magnette, président du gouvernement wallon et bourgmestre de Charleroi, veut remettre à plat ces budgets, en faveur de Charleroi, et a centralisé les demandes carolos dans le contexte de l’après Mons 2015.

Une autre piste est explorée par Joëlle Milquet : rationaliser en créant par ville, des « pôles » muséaux comme on l’a fait dans l’enseignement supérieur. A l’exemple de Mons qui a son pôle muséal regroupant tous ses musées et permettant des synergies en services d’appoint et de communication. Mais ce n’est pas la panacée. Mons a pu le faire car les musées ont tous le même pouvoir organisateur (la ville) et on est parti de zéro pour bâtir ce pôle. On y pense pour des villes riches en musées (La Louvière, Liège, Tournai, Charleroi), des réunions sont parfois prévues, mais la situation est très différente de Mons : les statuts des musées sont très variés comme les projets culturels. L’avantage risque d’être marginal et le risque grand d’obstacles administratifs et de découragements des équipes : qu’en sera-t-il de l’identification du personnel au projet de son musée « noyé » dans un pôle ? Les « bons » musées ne devront-ils pas, via les pôles, payer pour les autres ?

Si on ne peut pas tous les payer, faut-il alors arrêter certains musées ? Le PS, bien conscient de ces défis, n’a-t-il pas choisi de confier cette fois au CDH et à Joëlle Milquet, les choix les plus douloureux ?

Auteur: Guy Duplat
Sources: La Libre (mis en ligne le 11/01/2016)

2016 débutera avec un changement d’équipe à la tête du cabinet de la ministre de l’Éducation Joëlle Milquet (CDH). Baudouin Duelz, chef cabinet de la ministre, a en effet demandé de quitter son poste en raison de l’évolution de l’état de santé de son épouse souffrante, tout en restant expert au cabinet pour l’enseignement qualifiant.

C’est le directeur général adjoint du service général de l’enseignement secondaire ordinaire et des Centres PMS, Fabrice Aerts-Bancken, qui a repris le poste depuis ce mardi.

Agé de 51 ans, Fabrice Aerts-Bancken est licencié et agrégé en philologie romane. Il a commencé sa carrière comme enseignant pour rejoindre ensuite l’administration en 1990, à la Direction générale de l’enseignement secondaire.

Auteur: Bosco D’Otreppe
Source: La Libre (mis en ligne 05/01/2016)