Archives for the month of: septembre, 2016

Deux candidats s’affrontent pour la gestion du Cirque Royal. La Ville de Bruxelles, via l’ASBL Brussels Expo. Le Bota et le Sportpaleis, « avec le soutien d’Alda Greoli », assurent-ils.

L’image n’est pas banale. Autour de la table, ils sont trois : deux Francophones, un Flamand, unis pour défendre un projet culturel… à Bruxelles. Annie Valentini, directrice générale, et Paul-Henri Wauters, directeur artistique, représentent le Botanique et Jan Van Esbroeck le Sportpaleis d’Anvers. Les premiers sont membres d’une ASBL subsidiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le second, totalement privé, gère depuis plus de 20 ans des salles de concert (le Sportpaleis, la Lotto Arena, Forest National…) et des théâtres.

Ensemble, ils sont candidats pour l’exploitation du Cirque Royal, cette salle de spectacle située dans le Pentagone. Le Botanique a géré cette salle pendant près de 17 ans, avant que la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, rompe le contrat au printemps dernier pour laisser la place à l’ASBL Brussels Expo (une structure de la Ville de Bruxelles gérant une série d’événements et dirigée par Philippe Close, par ailleurs échevin PS du Tourisme). Cette décision avait fait l’objet d’un recours au conseil d’Etat du Bota, qui a eu gain de cause, obligeant la Ville à lancer un appel d’offres. La guerre des salles est-elle déclarée ? Aujourd’hui, le Bota et le Sportpaleis fourbissent leurs armes…

Comment s’est faite cette collaboration surprenante ?

Annie Valentini : La ministre de la Culture Alda Greoli (CDH, NDLR) a pris une initiative au mois de juillet : une rencontre avec Sven Gatz (ministre flamand de la Culture et de Bruxelles, VLD, NDLR) pour essayer de faire de la gestion du Cirque un dossier emblématique de l’accord de coopération entre Communautés, en confiant au Botanique et à l’Ancienne Belgique – qui dépend de la Communauté flamande – la gestion du lieu. Cette proposition de la ministre s’est heurtée à une réticence de l’AB. Cette dernière était d’abord très intéressée, cela fait des années qu’elle cherche une salle comme ça. Mais face à ce qui est apparu comme une grosse résistance de la Ville de Bruxelles, ils n’ont pas osé. Cela leur semblait perdu d’avance et ils craignaient des répercussions sur leur fonctionnement car ils sont sur le territoire de la Ville.

Et là, le Sportpaleis est arrivé ?

Jan Van Esbroeck : C’est mon initiative. Le Sportpaleis gère depuis 20 ans de salles de concerts. On fait bien notre travail, je crois, ça marche bien, on a des bons chiffres. On est une organisation solide avec une longue expérience. C’est évident que lorsqu’il y a une salle comme le Cirque qui vient sur le marché, ça nous intéresse.

Vous ne partez pas gagnant, en tant que Flamand qui débarque à Bruxelles…

Jan Van Esbroeck : Nous ne sommes pas des Flamands, mais des entrepreneurs. Qui par hasard travaillent en Flandre… On n’est pas politiquement engagé.

Vous ne craignez pas un bouclier communautaire ?

Paul-Henri Wauters : Dans les faits, tant du côté du public que des artistes, on dépasse très clairement le clivage communautaire. L’AB et le Bota sont des lieux où les artistes flamands et francophones se sentent à la maison. C’est vrai aussi pour le public. C’est devenu ringard de parler communautaire maintenant. Annie Valentini : On nous dit qu’on se vend aux Flamands ? Ce n’est pas un projet politique ou institutionnel ! Moi je dis : on devrait se féliciter de voir de l’argent flamand investi à Bruxelles.

L’intérêt exact du Sportpaleis ?

Jan Van Esbroeck : Je l’ai dit, quand une salle comme ça se libère, c’est intéressant. Nous pouvons assumer tout ce qui est gestion commerciale et gestion de salle et laisser la direction artistique et de programmation au Botanique. On ne peut pas attendre qu’une ASBL comme le Bota investisse dans les murs, le béton, le bâtiment. Le Sportpaleis est prêt à investir 3 millions d’euros directement. Comment la Ville va-t-elle juger notre candidature ? Je ne peux pas m’imaginer que la candidature de Brussels Expo donnera les mêmes garanties. Tant au niveau des investissements, que de la gestion commerciale et artistique. On aime penser que la Ville choisira la meilleure solution pour Bruxelles.

Paul-Henri Wauters : C’est un beau projet avec une mixité linguistique. Nous sommes vraiment très complémentaires.

Ne craignez-vous pas que les dés soient pipés ? Après tout, c’est la Ville de Bruxelles qui prend la décision finale…

Jan Van Esbroeck : L’appel de la Ville a été prévu pour Brussels Expo. C’est à peine s’ils n’ont pas écrit dans l’appel « votre nom doit être Brussels Expo ». (Rires) Annie Valentini. L’appel d’offres a été publié en juillet, avec le minimum de visibilité, et il fallait rentrer le dossier pour le 29 août. C’est vraiment créer les conditions pour que les candidatures soient réduites ou inexistantes…

Le Bota peut-il vivre sans le Cirque Royal ?

Paul-Henri Wauters : Pour le moment le Bota vit dans la résistance. On espère toujours que le bon sens va l’emporter. Le choix raisonnable doit s’imposer. C’est vital pour notre développement ! On va se retrouver 15 ou 20 ans en arrière ? Dans tous les cas on sera amené à se redéployer, c’est impossible pour nous d’accepter cette diminution de voilure. La logique est en tout cas absurde pour nous. On ne peut pas comprendre qu’à un moment donné, un pouvoir local francophone décide de récupérer ce qui est pour nous notre grande salle ! On ne comprend pas qu’il n’y a pas un sursaut politique en disant : « Vous ne touchez pas au Bota » comme il y en aurait sans doute un si un pouvoir local flamand essayait d’empêcher l’AB de se développer comme il le faut… Politiquement, c’est un vrai questionnement. Comment peut-on se développer dans une communauté si, à un moment, quand tout fonctionne, on risque ce que nous appelons une récupération, qu’on vous enlève votre outil ?

Vous n’avez aucun soutien politique ?

Paul-Henri Wauters : La ministre Alda Greoli nous soutient. Notre conseil d’administration, où les quatre partis francophones sont représentés, s’est mis d’accord. On a un large soutien, dans tous les partis. Mais à la Ville de Bruxelles, il y a visiblement une indifférence à ces questions-là.

Votre dossier est costaud ?

Paul-Henri Wauters : Près de 90 % de tiers, des organisateurs dans le milieu, nous ont fait des lettres de recommandation. Le premier agent francophone Nada a signé, enthousiaste. Le premier opérateur flamand a signé. Herman Schueremans de Live Nation a signé. C’est quelqu’un d’hyper respecté au niveau international. Ensemble, le groupe Sportpaleis et le Bota attirent 2,5 millions de personnes et organisent 1.600 événements. C’est costaud. L’intérêt des responsables politiques d’une cité quelle qu’elle soit, c’est le meilleur développement de cette cité. On espère que la raison l’emportera. Notre dossier a toutes les garanties – financières et au niveau de l’expérience – pour répondre à la volonté de renforcer Bruxelles sur la scène culturelle.

Auteur: Ann-Charlotte Bersipont
Source: Le Soir (mis en ligne le 08/09/2016)

Le chef de cabinet de Rudi Vervoort à la Région a démissionné, sans doute pour se concentrer sur ce projet.

Ce jeudi, le chef de cabinet de Rudi Vervoort (PS) à la présidence de la Région bruxelloise, Yves Goldstein, 38 ans, a démissionné et sera remplacé à ce poste à la mi-octobre par Sylvie Lahy. Après quinze ans de travail dans les cabinets, Yves Goldstein arrête la politique, mais tout indique (rien n’est encore annoncé) que ce sera pour diriger, pour le compte de la Région, l’ambitieux et délicat projet de l’ex-garage Citroën racheté pour 20,5 millions d’euros. Un projet immobilier (45.000 mètres carrés dans un marché immobilier difficile à Bruxelles) et culturel (avec sans doute 30.000 m2 pour la culture dont 9000 m2 pour un musée d’Art moderne et contemporain).

On le pressentait depuis samedi dernier quand Yves Goldstein, présent à Paris au Palais de Tokyo pour l’événement « Indiscipline », y avait donné de multiples précisions sur ce projet.

Il a annoncé que ce musée ouvrira dans quatre ans, lors de l’année 2019-2020, comme point d’orgue d’une année consacrée à l’art contemporain dans la région bruxelloise. « Le politique veut faire de Bruxelles une capitale de l’art contemporain », a t-il encore dit.

Civa et Pompidou

Fin septembre, laissait-il entendre, on devrait connaître le plan d’affectation des quelque 30.000 mètres carrés culturels du bâtiment. Si tout serait dédié aux arts, on y trouverait d’autres arts que le seul art contemporain. On a parlé d’y déménager le Civa, le centre pour l’architecture. Comme Yves Goldstein dirige aussi le C.A. du Civa et a mené à bon port sa restructuration, il pourrait le faire déménager au Citroën pour y créer un vrai musée de l’architecture.

On lancerait aussi, fin septembre, un concours international d‘architecture pour l’aménagement des lieux (des projets à rentrer pour la fin de l’année).

Le musée couvrira la période 1920-2020 et sera donc un « Musée d’Art moderne et contemporain ». Comme le fédéral (Elke Sleurs) et les grandes collections publiques (Belfius) ont refusé d’y placer leurs œuvres, la Région bruxelloise nouerait un accord de partenariat avec un grand musée étranger d’art contemporain (comme Liège l’a fait avec le Louvre pour La Boverie). On parle du Guggenheim et, plus vraisemblablement du Centre Pompidou même si, samedi, son directeur Bernard Blistène, ne le confirmait pas. Peu de chances que ce soit le MoMA ou la Tate.

Autour de ce noyau, on développerait un travail avec les collectionneurs, les galeries et centres d’art à Bruxelles.

Il manquait encore la désignation de quelqu’un pour conduire le projet et affronter les multiples obstacles. Un poste exaltant mais difficile. Il semble qu’Yves Goldstein qui a déjà porté le Citroën depuis ses débuts, continuera à ce poste et y consacrera toute son énergie.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 08/09/2016)

Le ministre-président du Gouvernement bruxellois Rudi Vervoort a annoncé officiellement la future candidature de la Région de Bruxelles-Capitale comme Capitale européenne de la Culture 2030, vendredi matin au cours du Brussels Creative Forum.

Devant un parterre d’acteurs des industries créatives et culturelles réuni au Bozar, Rudi Vervoort a confirmé le dépôt de candidature lors du prochain appel ouvert à la Belgique à l’horizon 2024. « Ces échéances sont certes lointaines mais je suis convaincu que la réussite d’un projet de cette envergure nécessite beaucoup de travail en amont », a lancé le ministre-président aux professionnels du monde créatif et culturel bruxellois.

« Elle dépendra également de la capacité de tout le secteur à se mobiliser derrière cet objectif ».

Le titre de Capitale européenne de la Culture représente de nombreuses retombées positives potentielles, tant pour l’image de la Région à l’échelon continental, que pour l’essor économique engendré par les nombreuses activités et festivités qu’il entraînera. « En tant que capitale de l’Europe et plaque tournante interculturelle, il est tout à fait légitime pour Bruxelles de revendiquer ce statut », a conclu Rudi Vervoort.

Le titre de Capitale européenne de la culture est attribué pour un an à une ville européenne depuis 1985. La première à le porter était la ville d’Athènes (Grèce). La ville belge de Mons a été nommée Capitale européenne de la Culture 2015, aux côté de Plzen (République tchèque). En 2016, ce sont les villes de Wroclaw (Pologne) et de San Sebastián (Espagne) qui se partagent le label. Des règles précises assurent une rotation entre les Etats membres.

Auteur: Agence Belga
Source: La Libre (mis en ligne le 02/09/2016)