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Fédéré pour sa revalorisation, le secteur a rencontré lundi la ministre Alda Greoli.

Tous en scène pour l’emploi artistique ! » Le mot d’ordre, lancé vendredi par la CPEPAS (Chambre patronale des employeurs permanents des arts de la scène) et la Conpeas (Concertation permanente des employeurs des arts de la scène), invitait le secteur à se réunir place Surlet de Chokier, lundi – jour symbolique où devaient être rentrés tous les dossiers de demande de contrat-programme.

En prélude au rassemblement (150 personnes environ) et à la rencontre d’une délégation avec la ministre de la Culture, des représentants de plusieurs associations professionnelles ont fait le point sur l’état des lieux et des revendications.

Pas de pré carré

Si des divergences demeurent (LLB du 13 janvier), le ton lundi est à la solidarité. « Nous ne sommes pas ici pour défendre un pré carré », affirme Philippe Sireuil, directeur artistique du Théâtre des Martyrs. « Compagnies comme institutions, on va tous être examinés sous une loupe beaucoup plus chiffrée », relève Serge Rangoni, directeur du Théâtre de Liège. « La pression monte, d’un côté comme de l’autre. Les problèmes sont globaux. »

En effet, si le cabinet de Mme Greoli remet sur une même ligne de départ toutes les structures (dossiers déposés le 16 janvier, examinés ensuite, et décisions rendues pour tous), celles-ci continuent de déplorer la précarisation croissante des professions liées aux arts de la scène.

Pour rappel, le secteur dénonce la non-indexation de ses subventions depuis 2008 (ce qui, en neuf ans, « représente 15 % en moins pour fonctionner », souligne Michel Kacenelenbogen, directeur du Théâtre le Public) : une lacune répercutée essentiellement sur la part artistique. Ce gel s’est assorti en 2015 d’une réduction linéaire de 1 % de l’enveloppe dévolue aux arts de la scène, soit l’équivalent de 400 000 euros.

Des actes en plus des paroles

Pierre Dherte, comédien et illusionniste, intervient en tant que représentant de l’Union des Artistes : « De longue date, l’emploi artistique est notre priorité, assortie de l’exigence d’avoir enfin un vrai statut social et légal pour les intermittents. Au cours des deux dernières législatures, l’offre d’emploi a baissé, et les conditions d’accès au statut d’artiste, donc au chômage, se sont durcies. » Une sorte de double peine… Au Guichet des arts, symptomatiquement, les demandes d’information et de conseils ont considérablement augmenté. « On ne peut pas ne pas chauffer une salle, éclairer un plateau… Mais l’artiste, lui, représente un poste budgétaire facilement compressible », ajoute-t-il, déplorant comme bien d’autres le sensible rétrécissement des distributions.

Si le secteur a des raisons de se lamenter, il veut surtout avancer. « Nous défendons l’idée d’un accord intersectoriel », insiste Inès Rabadan, présidente du Comité belge de la SACD. « Nous demandons que le décret, outre les paroles, se traduise en actes. Les artistes font la preuve tous les jours qu’ils sont capables d’efforts et d’économies, qu’ils bougent les lignes de leu rs pratiques. » A la Fédération Wallonie-Bruxelles, maintenant, d’en faire autant, renchérit Frédéric Young (SACD).

« J’ai la chance de vivre, comme ministre, un moment où les interlocuteurs ont envie de se structurer », dira quant à elle Mme Greoli, vivement attachée « à la concertation sociale » . Pour la ministre, les demandes exprimées par le secteur ne sont pas extravagantes. A son agenda figurent donc la concertation, l’indexation (incluse dans le décret dès 2019 mais qu’elle appuyera autant que possible dès cette année), le statut de l’artiste, et enfin les compagnies et les institutions, qu’en aucun cas, dit-elle, elle ne veut opposer.

Auteur: Marie Baudet
Source: La Libre (mis en ligne le 16/01/2017)

La ministre de la Culture comprend l’inquiétude, mais n’entend pas se faire dicter l’agenda.

La prochaine remise à plat de toutes les aides publiques aux arts de la scène (les centaines de dossiers doivent être introduits avant mardi) crée une inquiétude que la ministre de la Culture, Alda Greoli, dit comprendre. On a vu un directeur de théâtre (le Public) appeler à manifester lundi devant son cabinet contre les économies imposées au secteur et les compagnies théâtrales réclamer un rééquilibrage des moyens en leur faveur par rapport aux moyens pour les théâtres.

La ministre ne veut pas se laisser dicter son agenda et fera sa rentrée le 3 février à la salle Rockerill de Charleroi, en guise de clôture après deux ans de l’opération « Bouger les lignes ». Mais elle a répondu mercredi à des questions parlementaires sur ces sujets et sera ce jeudi en commission pour donner son avis sur le rapport Kurt Salmon, qui étudie les chiffres économiques des théâtres.

On peut résumer ses prises de positions comme suit. A propos des économies 2017 dans le secteur, le 1 % de moins est la simple prolongation de celui décidé en 2015, il n’y a pas cumul. Et la non-indexation des subsides prendra fin dès 2018 avec les nouveaux contrats-programmes. Elle annonce qu’elle se battra lors de l’ajustement budgétaire pour obtenir cette réindexation dès 2017.

Refus des fusions

On sait aussi que l’octroi unilatéral, alors qu’on est en pleine remise à plat, d’un million supplémentaire à Charleroi et d’un million et demi à Mons, avait suscité beaucoup d’émoi. Alda Greoli assume ses choix, mais elle a précisé que pour Charleroi le montant pérenne serait étudié comme le reste par les commissions d’avis et qu’il n’y aurait pas de passe-droit. Et pour Mons, ce n’est pas un montant pour l’ex-Manège, mais pour des projets en 2017 qui concerneront toute la Communauté française et prolongeront l’impact de Mons 2015.

Enfin, pour la ministre, le rapport Salmon a utilement insisté, dans la ligne du décret, sur les mutualisations possibles comme pistes d’économies, et les projets reçus sont nombreux à en tenir compte. Par contre, elle a toujours dit qu’elle refusait les fusions imposées d’institutions, piste ébauchée par Kurt Salmon, étant farouchement attachée à la liberté d’association.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 12/01/2017)