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Ces 10 dernières années, les emplois artistiques générés par les théâtres de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont diminué de 37% au total. Le théâtre Le Public, à Saint-Josse-ten-Noode, a enregistré une baisse de 17% seulement, se félicite-t-il. Son idée pour préserver un maximum d’emplois? S’associer avec d’autres théâtres en France pour permettre aux créations belges et françaises d’être programmées sur une plus longue période. Depuis un an et demi, le théâtre Le Public collabore avec le théâtre Tristan Bernard à Paris et le théâtre du Chêne Noir à Avignon. Ils produisent ensemble certains spectacles, pour en partager les risques et bénéfices, en décupler l’impact culturel mais aussi prolonger les emplois des artistes impliqués.

Depuis le début de ce projet baptisé « Espace public », près de 100.000 spectateurs ont assisté en France à quelque 200 représentations mobilisant des artistes belges. Environ 900.000 euros d’emplois artistiques belges ont ainsi été développés en France, au bénéfice de 77 artistes belges, selon les chiffres communiqués jeudi soir par Le Public.

Les spectacles concernés sont notamment « Cabaret », « Les faux British » ou « La Promesse de l’Aube ». A l’avenir, Le Public espère partager ainsi un tiers de ses productions, a expliqué mercredi lors d’un déjeuner de presse son co-directeur, Michel Kacenelenbogen.

Le secteur culturel a dû s’adapter à la diminution des subsides et à la difficulté de vivre exclusivement du métier d’acteur de théâtre. « En Communauté française, un spectacle se joue en moyenne 12 fois. Mais pour pratiquer professionnellement, il faut jouer bien plus que 12 fois! On déplace l’essence du spectacle sur les répétitions plutôt que sur les représentations », regrette M. Kacenelenbogen.

Au-delà de l’arrangement économique, « Espace public » est surtout un « coup de foudre artistique » entre trois théâtres qui se ressemblent et se complètent, a aussi insisté le co-directeur. « Il y a une volonté de travailler ensemble mais il n’y a pas d’obligation. Cette liberté d’association est capitale. »

« Espace public » a été lancé avec le soutien du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Auteur: Agence Belga
Source: La Libre (mis en ligne le 06/10/2017)

À la veille de décisions difficiles, la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles a obtenu que le montant de l’enveloppe soit augmenté de dix pour cent.

Fin octobre ou début novembre, ce sera le moment de vérité pour la ministre de la Culture Alda Greoli (CDH) qui devra trancher dans les 310 demandes déposées de contrats-programme et d’aides pluriannuelles en arts de la scène (théâtre, danse, jeune public, musique, etc.). On sait que le budget initial prévu pour ça n’atteignait pas 100 millions d’euros alors que les demandes sont de 150 millions d’euros !

Certes, les différentes commissions d’avis ont étudié ces demandes sur base du décret arts de la scène et ont remis leurs avis en juillet mais (cette fois) sans les inscrire dans une enveloppe budgétaire. On ne sait donc pas à quel niveau ils ont ramené les demandes mais l’écart restait cependant très grand sur fond de fronde des théâtres comme on l’avait en janvier quand ils manifestèrent.

Das le cadre du budget 2018, les arts de la scène peuvent donc se réjouir que la ministre ait obtenu ce vendredi une augmentation de l’enveloppe de dix millions pour ce financement des contrats-programme et aides pluriannuelles en arts de la scène (10% d’augmentation). A cela, s’ajoutent 500000 euros de plus pour les contrats-programme des centres culturels et 300000 euros pour préparer la Biennale de Venise 2019 en arts plastiques.

En réponse à ce qu’elle voit comme une « bonne nouvelle », la CCTA (Chambre des compagnies théâtrales pour adultes), dans un communiqué, insiste sur « la nécessité d’un juste équilibre à trouver entre tous les acteurs culturels, institutions et compagnies. L’enjeu primordial des décisions ministérielles des semaines à venir est bel et bien de redessiner l’ensemble du secteur, de lui insuffler une nouvelle vision, de faire en sorte que tous les opérateurs puissent travailler dans des relations de partenariats équilibrées. Il en va de l’avenir de notre secteur bien sûr, mais plus globalement du dynamisme de la création artistique en Fédération Wallonie-Bruxelles. »

L’exercice des contrats-programme reste délicat mais au moins, avec cette « rallonge », il sera moins cruel. En Flandre, où on pratique déjà de longue date cet exerce de remise à plat (le « Kunstendecreet ») il faut chaque fois trouver une rallonge semblable.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 29/09/2017)

Le metteur en scène mobilise artistes et anonymes, ce dimanche à 11h, à la Gare du Nord de Bruxelles.

Homme de théâtre et d’engagement, Lorent Wanson se scandalise de ce que, au cœur de Bruxelles, gare du Nord, où il passe chaque jour, quelque 600 migrants cherchent un abri provisoire, précaire, voire doivent fuir les rafles. Tout cela au pied de la gigantesque fresque de Johan Muyle. L’artiste liégeois avait mis trois ans à réaliser cette fresque animée de 1600 m², rassemblant des portraits d’une quarantaine d’artistes représentés à la manière de affiches de cinéma en Inde. Inaugurée en 2003, l’œuvre s’intitule « Je te promets un miracle ».

C’est à hauteur de ce titre aux échos si puissants et amers, à l’arrêt de bus Gare du Nord, que le metteur en scène veut poser, dimanche 24 septembre, à 11h, l’acte symbolique mais fort d’un rassemblement culturel et citoyen. Un acte « qui vaudra ce qu’il vaudra, mais qui lancera un message clair à toutes les autorités concernées » :

« Pour les migrants,
nous demandons des solutions respectueuses
de la dignité humaine. »

Dans la lignée des associations et collectifs qui s’insurgent « contre les traitements inhumains et dégradants » dont son victimes les réfugiés et migrants, la présente initiative a été lancée notamment via Facebook, et vise à rassembler « le plus grand nombre d’entre vous, auprès de nos frères exclus, démunis, victimes de l’ignorance ou de l’amnésie de ce que nous sommes tous depuis la nuit des temps, des migrants qui cherchons où pouvoir vivre et survivre ».

Aux personnes désireuses de se mobiliser, et en particulier à celles qui ne pourraient être présentes, Lorent Wanson suggère de lui envoyer par courriel (lorent.wanson@hotmail.com) un portrait, un selfie dont « nous réaliserons des masques qui seront portés par les migrants afin de garantir leur anonymat ».

Consultez ici le texte intégral de l’appel.

Auteur: M.BA
Source: La Libre (mis en ligne le 23/09/2017)

Il y a eu 92 dossiers de candidatures de bureaux d’architectes belges et internationaux pour la reconversion du garage Citroën Yser, le long du canal au centre de Bruxelles en mégamusée: 35000 m2, 125 millions d’euros de travaux (sans compter la TVA de 21 % et les honoraires d’architectes forfaitairement fixés à 13 % de 125 millions).

« C’est un très bon succès, on aura l’embarras du choix », commente Kristiaan Borret le Bouwmeester de Bruxelles. On peut lire la liste complète des candidats ici.

On y retrouve tous les grands noms belges bien entendu (Robbrecht et Daem, Hebbelinck et De Wit, Samyn, Beel, De Geyter, etc.) mais aussi tout le Gotha mondial des « stars architectes »: Coop Himmelb(l)au, Chipperfield, Ricciotti, Diller et Scofidio, Eisenman, Foster, OMA (Koolhaas), Jakob+MacFarlane, Lacaton & Vassal, Miralles Tagliabue, Neutelings- Riedijk, Sanaa, Shigeru Ban, Steve Holl, Zaha Hadid, Snohetta, etc… On y retrouve les auteurs de quasi tous les grands musées récents depuis le Louvre, le Pompidou Metz, le Mas, les Confluences à Lyon, etc. Impressionnant.

Un comité de sélection composé de deux experts architectes, deux experts en muséologie, Kristiaan Borret, un représentant du Centre Pompidou associé au projet, un membre de l’urbanisme régional et Yves Goldstein chargé de projet Citroën, fera un premier tri et dressera pour juillet une liste de sept bureaux (ou associations) d’architectes qui devront remettre pour le 24 décembre, veille de Noël, un avant-projet très précis. Chacun sera payé pour cela 90 000 euros et la procédure sera ouverte (pas de projet anonyme), afin de permettre un dialogue poussé.

Arrivera alors le jury chargé de désigner le lauréat, sans doute pour mars 2018. Il sera présidé par le grand architecte suisse Roger Diener de Diener&Diener. On y retrouvera l’architecte français Patrick Berger (auteur de la controversée canopée des Halles à Paris) et la jeune et brillante architecte chilienne Sofia Von Ellrichshaussen, qui fait sensation avec ses maisons comme des sculptures et ses liens entre art et architecture.

Feront partie aussi du jury : le bouwmeester, le président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes, l’architecte Cédric Libert du Civa, Yves Goldstein et deux membres de l’administration.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 08/06/2017)
Le premier G7 de la culture s’est tenu à Florence les 30 et 31 mars. La communauté internationale se mobilise pour la protection du Patrimoine mondial de l’humanité dans les zones de guerre ou touchées par des catastrophes naturelles. Depuis un an, une force d’intervention spéciale est à l’œuvre, à l’initiative de l’Italie et de l’Unesco.Il faut sauver le patrimoine mondial. » C’est un peu ce mot d’ordre qui présidait au premier G7 de la culture, qui s’est tenu jeudi et vendredi à Florence. L’Italie, qui en a pris l’initiative, tenait à affirmer ainsi son rôle de premier plan en matière de défense du patrimoine mondial. « A l’origine de ce projet, il y a une évaluation que nous avons faite au gouvernement et qui montre que l’Italie dispose d’un leadership culturel dû à l’importance de son patrimoine » , a expliqué le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini. « L’Italie cherche à transformer cette force en action au plan international pour faire entrer la notion de diplomatie culturelle à l’agenda des nations » , a-t-il ajouté.

Ce G7 pionnier suit la conférence du Louvre, organisée à Paris du 20 au 24 mars. Portée par la France, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Unesco, elle visait à réunir d’ici à 2019 un fonds de 100 millions de dollars. Les trois pays organisateurs, ainsi qu’un donateur privé, ont déjà promis d’en financer les trois quarts.

Crime contre l’humanité

Comme le G7 de Florence, la conférence du Louvre a appelé à protéger le patrimoine dans toutes les zones de conflit, sans limitation géographique et pour tous types de menaces confondus (destruction, vol et pillage, trafic). Elle souligne aussi qu’attaquer des sites du patrimoine culturel ou religieux « peut constituer, dans certaines circonstances et conformément au droit international, un crime de guerre » , et les « auteurs de telles attaques doivent être poursuivis en justice » .

En septembre dernier, un djihadiste malien a été condamné à 9 ans de prison par la Cour pénale internationale de La Haye pour la destruction de mausolées protégés à Tombouctou.

« La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre. Elle est devenue une tactique de guerre visant à affaiblir les sociétés, paralyser les communautés, répandre la haine et la vengeance, dans une stratégie globale de nettoyage culturel » , a souligné Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco.

A Florence, le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, a renchéri sur cette prise de conscience : « L’attention de l’opinion publique sur la sauvegarde du patrimoine a augmenté à la suite d’événements traumatisants comme la destruction du site de Palmyre par l’organisation Etat islamique » (EI).

Point de passage durant l’Antiquité entre la Mésopotamie et la côte méditerranéenne, Palmyre regorge de vestiges antiques. Occupée par l’EI de mai 2015 à mars 2016, Palmyre fut reprise par l’armée syrienne avant de retomber aux mains des djihadistes en décembre puis d’être reprise par le régime début mars. Le groupe djihadiste y a détruit les plus beaux temples, des tours funéraires ainsi qu’un grand nombre d’œuvres d’art.

Ce cas est devenu aussi emblématique que celui de la destruction des Bouddhas géants de Bamiyan (aussi classés au Patrimoine mondial de l’Unesco) par les talibans en Afghanistan, en 2001. Depuis, en Irak, en Syrie, au Yemen ou en Libye, les guerres et organisations terroristes ont multiplié les destructions de biens culturels.

A cela se sont greffés de juteux trafics d’œuvres antiques, qui auraient rapporté à l’organisation Etat islamique entre 8 et 10 millions de dollars par an, selon les Etats-Unis.

La mobilisation de l’Italie

Cette vague de destructions et de spoliations a conduit l’Italie à lancer dès 2015 l’idée d’une force d’intervention internationale, sorte de « casques bleus de la culture », dédiée à la défense du patrimoine menacé par les conflits ou les catastrophes naturelles. De 2003 à 2006, des carabiniers italiens ont déjà participé à la reconstitution des collections du musée archéologique de Bagdad, dont 15 000 œuvres avaient été volées dans le chaos consécutif à l’intervention américaine en 2003.

L’année dernière, en février, l’Italie et l’Unesco ont constitué formellement la première force d’intervention de « casques bleus de la culture ». Elle est composée d’une soixantaine d’experts susceptibles d’intervenir partout dans le monde, à la demande de l’Unesco ou des pays concernés victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles.

Sur le terrain, avec les casques bleus de la culture italiens

L’émotion est grande dans la petite sacristie toute fissurée de l’église médiévale Saint-François à Visso (centre) : les « casques bleus » italiens venus sauver les trésors culturels de cette région dévastée par les séismes viennent de découvrir une fresque magnifique.

Les couleurs pâles, ocres et violettes, d’une crucifixion, probablement peinte par le maître Paolo de Visso au XVe siècle, se révèlent sous les décombres, derrière le grand meuble de la sacristie miraculeusement encore debout. Le sauvetage de cette œuvre est le résultat d’un travail minutieux, méthodique et surtout collectif auquel participent des carabiniers experts en patrimoine culturel, des historiens, des archéologues, des architectes…

Ils forment le corps des « Casques bleus de la culture », instauré il y a un an par l’Italie en partenariat avec l’Unesco pour protéger et secourir les monuments historiques, les vieilles églises et les œuvres d’art meurtries par les tremblements de terre.

Visso, la « perle » des monts Sibyllins, fondée en l’an 907 et qui a survécu à tous les types de pillage depuis l’empire byzantin, espère renaître même si tous les habitants ont été temporairement relogés ailleurs depuis les deux secousses de magnitude 5,5 puis 6,1 qui ont endommagé tous les bâtiments mais sans faire de victime, le 26 octobre.

Dans les décombres de l’église Saint-François, une quarantaine de personnes armées de gants et de casques – jeunes volontaires, experts en art, fonctionnaires du ministère de la Culture, pompiers, membres de la Protection civile et carabiniers des casques bleus – tentent d’extraire délicatement les pièces qui ornèrent ce joyau du Moyen Age.

« C’était l’église la plus ancienne de la région des Marches, une région avec des trésors inestimables et qui comptait pas moins de 483 églises » , explique le responsable du chantier, Pierluigi Morricone, historien d’art qui travaille pour l’unité de crise mise en place par le ministère de la Culture. « Nous sauvons environ six cents œuvres d’art par jour. Soit au moins cinq mille au cours des dernières semaines » , précise-t-il avec fierté.

Libye, Syrie, Irak…

Créé en février 2016 en partenariat avec l’Unesco, le corps compte désormais trente carabiniers spécialisés et trente experts prêts à intervenir dans les zones de catastrophes ou de conflits.

La formation de quarante autres casques bleus culturels doit commencer dans quelques mois et l’Italie assure que de nombreux pays souhaitent lui emboîter le pas.

« Nous sommes préparés pour travailler dans n’importe quel pays. En Libye, en Syrie, en Irak, nous avons beaucoup d’expérience dans le domaine de la protection des biens culturels « , explique le capitaine Montorsi.

« Les carabiniers italiens comptent la sauvegarde du patrimoine parmi leurs prérogatives depuis 1969 et ont déjà formé des policiers de nombreux pays », ajoute-t-il, tout en coordonnant le départ de camions chargés de trésors en partance pour des entrepôts dont l’emplacement restera secret.

Auteur: A.Lo. (avec AFP)
Source: La Libre (mis en ligne le 01/04/2017)