Du 31 janvier au 4 février 2011

Organisées par le Service de la Diffusion de la Communauté française de Belgique, les journées « EntreVues » étaient ouvertes aux programmateurs professionnels belges et étrangers. Au cours de cette édition 2011, 29 projets artistiques de la Communauté française ainsi que 6 venus d’ailleurs vous ont été présentés au Botanique, du 31 janvier au 4 février. De la danse, du théâtre, des arts forains, du cirque, de la musique du monde, de la musique urbaine, de la chanson française, du jazz : 35 extraits de spectacles qui feront, nous l’espérons, les beaux soirs de la prochaine saison.

En partenariat avec AssProPro (Association des Programmateurs Professionnels) et en collaboration avec WBI (Wallonie-Bruxelles International), WBM (Wallonie-Bruxelles Musique), WBT/D (Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse), le Service de l’audiovisuel de la Province de Namur, l’asbl Voix-Voies et le Centre culturel Wallonie-Bruxelles Le Botanique.

La Concertation des Centres culturels bruxellois a interviewé Isabelle Deleu, la coordinatrice du Festival :

1.    Que sont les rencontres « EntreVues », quand ont-elles été créées, à quelle initiative et dans quel objectif ?

Les Rencontres « EntreVues » ont été créées en 1990, à l’initiative des Tournées « Art & Vie » dans l’objectif de diffuser les productions artistiques en Communauté française. Cette année 2011 s’est donc ouverte sur la 21ème édition.

Le Festival a pour principal partenaire l’association des programmateurs professionnels (AssProPro). Après l’évènement, une douzaine de tournées sont organisées par cette association, afin de soutenir la démarche du Service de la Diffusion de la Communauté française.

Mais au-delà des spectacles, « EntreVues » apparaît comme un véritable lieu de rencontres, un moment de dialogues et d’échanges sur les pratiques culturelles de notre pays et d’ailleurs.

2.    Y a-t-il eu des changements et évolutions caractéristiques quant aux objectifs et/ou à l’organisation du Festival depuis sa création ?

Après leur création, les Tournées « Art & Vie » ont bien sûr évolué, jusqu’à ce que, dans les années 80, une véritable volonté de ciblage de l’offre culturelle se fasse ressentir… Et avec elle, la nécessité d’en valoriser les protagonistes, c’est-à-dire les artistes !

C’est alors que Christine Guillaume a initié, en 1990, la toute première édition des Rencontres « EntreVues ». Il s’agissait d’un événement innovant, déployé sur une journée unique et axé sur une seule discipline artistique : la chanson. Aujourd’hui, l’évènement s’étend sur une semaine complète, du lundi au vendredi, et propose des spectacles issus de toutes catégories, mis à part la musique classique, le rock et le jeune public, qui bénéficient d’événements leur étant spécifiquement dédiés.

Il y a encore 3 ans, les disciplines artistiques s’entrecroisaient tout au long du Festival. En 2010, afin de toucher davantage de programmateurs spécialisés (encore fort peu représentés aux « EntreVues »), les organisateurs ont décidé de trier les spectacles en les classant par catégorie, selon des tranches horaires précises. En effet, il est préférable pour un spécialiste d’avoir un accès direct et exhaustif à l’offre qui l’intéresse sans devoir revenir chaque jour. Quant aux programmateurs généralistes que sont les directeurs des Centres culturels, ils participent souvent au Festival dans son ensemble, puisque qu’ils font généralement l’écho à toutes les formes d’arts dans leur programmation saisonnière.

Evidemment, cette classification n’a pas été mise en œuvre au détriment de la diversité artistique : les arts de la scène sont tout autant représentés que la musique, et avec toutes les sous-catégories qui leur incombent (danse, théâtre, arts forains, chanson, musique du monde, jazz, etc.).

Une autre avancée concerne le prolongement du temps de prestation alloué au théâtre, à la danse et aux arts forains : on est passé de 30 minutes à une heure complète afin de donner aux programmateurs une idée plus précise du spectacle proposé. Au final, la programmation compte donc moins de spectacles, mais ceux-ci profitent d’une meilleure visibilité.

3.    Comment la sélection des spectacles s’effectue-t-elle ? Combien de candidatures de la part d’artistes avez-vous reçues cette année ? Ce chiffre est-il en progression ?

La sélection s’effectue par un jury composé de programmateurs professionnels (généralistes et spécialistes), de journalistes et d’agents de l’administration. Celui-ci est subdivisé selon deux axes prioritaires : le premier s’occupe des arts forains, de la danse et du théâtre ; le second se concentre sur la musique.

En ce qui concerne la procédure d’inscription, les artistes transmettent leur candidature via une plate-forme mise à disposition sur Internet, à laquelle le jury a accès. Ce    dernier peut dès lors facilement évaluer les différentes fiches des candidats. De plus, il est demandé aux artistes de proposer plusieurs dates de prestations afin qu’au moins un des membres du jury ait pu voir le spectacle avant de procéder à la sélection.

Une fois les avis du jury rendus, une réunion est organisée entre AssProPro (Association des Programmateurs professionnels), le Service de la diffusion et l’équipe technique afin de clôturer la procédure de sélection. Différents critères sont mis en regard les uns par rapport aux autres : la qualité artistique, la représentativité, l’originalité (la nouveauté), les aspects techniques, le potentiel de diffusion notamment au niveau international, etc.

Cette année, les « EntreVues » ont reçu 277 candidatures spontanées et à l’issue de cette procédure, 29 spectacles issus de la Communauté française ont été sélectionnés pour l’édition 2011. Quant aux spectacles en provenance de l’étranger, ils ne sont pas soumis au même système de sélection, mais directement choisis par AssProPro, en fonction des coups de cœur de ses membres. Chaque année, six spectacles étrangers sont retenus pour participer aux « EntreVues ».

4.    Certains artistes sont-ils programmés aux « EntreVues » sans passer par la procédure de sélection, comme par exemple le lauréat d’un concours tel que « Musique à la française » ?

Contre toute idée reçue, aucun accord n’a été conclu pour programmer d’office un artiste, un groupe ou une compagnie qui aurait gagné un concours ou reçu un prix lors d’un autre Festival. Les artistes doivent tous passer par la procédure de sélection pour être programmés aux « EntreVues » !

5.    Et concernant les inscriptions des professionnels, quelle évolution avez-vous pu observer ?

Depuis 2 ou 3 ans, le nombre d’inscriptions de professionnels a fortement augmenté. Cette année, près de 600 inscriptions ont été dénombrées sur les 5 jours ! Parmi celles-ci étaient comptés une majorité de programmateurs, mais également des artistes et des pouvoirs subsidiants.

6.    Quels sont la place occupée et le rôle joué par les Centres culturels lors d’un tel événement ?

Depuis le départ, les Centres culturels constituent le public principal des « EntreVues ». En effet, 70% des programmateurs présents lors du Festival sont issus des Centres culturels. Ceux-ci sont également solidement représentés au sein du jury de sélection des spectacles.

7.    Quelles perspectives et évolutions envisagez-vous pour les Rencontres «EntreVues» ?

Tous les ans, des changements et/ou des améliorations sont apposés à la formule du festival (configuration, thématiques, publics ciblés, etc.) Après chaque édition, une évaluation est menée auprès des différents participants afin que soient pris en compte les besoins et attentes de chaque type d’intervenant.

Contact

Coordination : Isabelle Deleu

Communauté française
Service de la Diffusion des Arts de la Scène
Boulevard Léopold II, 44
1080 Bruxelles
+ 32 (0) 2 413 35 74
isabelle.deleu@cfwb.be