La Fondation Roi Baudouin publie un deuxième baromètre du secteur

Fondation Roi Baudouin-100915Pour la deuxième année consécutive, il semble qu’en Belgique, les associations souffrent des effets de la crise. Une association sur cinq constate encore et toujours une baisse de ses ressources. Et les petites connaissent plus de problèmes que les grandes.

Une explication importante de la situation financière précaire que connaissent de nombreuses organisations est la diminution des subsides publics. Les effets de cette politique sont davantage sensibles en Flandre qu’en Communauté française et ils touchent aussi plus les associations actives dans les secteurs de l’environnement et de la culture que celles d’autres secteurs.

Pour ce qui est de l’avenir, de nombreuses associations ne voient pas vraiment d’amélioration survenir au cours des douze prochains mois. Elles n’attendent pas de nouvelle chute, ni de remontée, mais plutôt une stabilisation à un niveau assez bas.

La Fondation Roi Baudouin a demandé au début de cette année au bureau d’études IPSOS de donner une suite au baromètre de la situation financière des associations publié pour la première fois l’an dernier à la même époque.

Selon la Banque Carrefour des entreprises, 124.000 associations sont enregistrées en Belgique. Environ 70.000 d’entre elles sont vraiment actives. La Fondation considère qu’il est de sa mission de soutenir ce secteur. En 2010, elle a accordé un soutien à pas moins de 1.100 associations, à travers des appels à projets. A côté de cela, il est aussi important de pouvoir disposer de données exactes, utilisables par les associations elles-mêmes, mais aussi par les pouvoirs publics.

Pour l’enquête de cette année, le nombre d’associations interrogées est passé à 500. Davantage de responsables ont été interviewés dans le secteur social, dans ceux de l’environnement et de la culture. Ceci a permis d’obtenir une base de comparaison encore meilleure par rapport à 2009. Le secteur de la santé et celui de la coopération au développement ont également été impliqués.

Principaux enseignements

– Les associations souffrent toujours des effets de la crise. 47% d’entre elles n’ont pas constaté d’amélioration de leur situation financière au cours des douze derniers mois. Il est donc ici question d’une stabilisation à un bas niveau. 17% des associations interrogées ont encore constaté une poursuite de la baisse pendant la même période, alors que 34% ont vu leurs revenus augmenter. A noter que les prévisions de l’an dernier se sont révélées très correctes : lors du précédent baromètre, 18% des associations interrogées disaient s’attendre à une diminution de leurs revenus, ce qui s’est confirmé puisque 17% d’entre elles en ont effectivement enregistré une.
Il est aussi frappant que les grandes associations, celles dont les ressources dépassent 500.000 euros, ont vu davantage leurs revenus augmenter que les organisations plus petites, celles qui doivent se débrouiller avec moins de 500.000 euros par an.

– Lorsque les associations sont à nouveau interrogées sur leurs attentes pour les 12 prochains mois, c’est surtout en Belgique francophone qu’elles prévoient peu de changement (61%). En Flandre, 45% s’attendent à une situation stable et 33% voient leurs revenus légèrement augmenter, de 1 à 5 %. En Communauté française, 21% seulement s’attendent à une légère augmentation.

– La situation financière difficile des associations doit en partie être attribuée à une baisse des subsides. Là où 1 association sur 5 avait vu ses subsides diminuer en 2009, cette proportion est montée à 1 sur 4 en 2010.
La différence entre les deux Communautés est ici très grande. En Belgique francophone, 14% des organisations ont vu leurs subsides diminuer, alors qu’en Flandre, la baisse a touché 34% d’entre elles.

– Lorsque l’on regarde par secteurs, les organisations actives dans l’environnement et la culture sont plus durement touchées que les autres champs de la vie associative. Dans le premier secteur, ce sont 37% qui ont constaté une baisse des subsides, contre 26% l’année précédente. Dans le secteur culturel, le constat touche 33% contre 44% .

– En Flandre, les mesures d’économie et les changements intervenus dans la politique sont très lisibles dans les chiffres, où l’on constate un recul des subsides structurels et une augmentation des subsides liés à des appels à projets.

Les mesures prises par les associations

– Pour réagir à ce recul financier, de nombreuses associations ont été contraintes de diversifier leurs sources de revenus. Un certain nombre ont essayé de mieux faire fructifier leur patrimoine, d’autres ont plutôt cherché du soutien auprès du monde des entreprises et/ou ont cherché à accroître leurs revenus commerciaux.

– Et puis, il faut aussi tenter de réduire la colonne des dépenses… Dans 4 associations sur 10, la version papier du rapport annuel et son envoi par courrier ont été victimes d’une mesure d’économie. Mais dans 3 sur 10, c’est au poste du personnel que l’on a dû toucher. Là encore, une différence est manifeste entre les Communautés. On a dû intervenir plus durement en Flandre, où 5 associations sur 10 ont dû tailler dans leurs dépenses de personnel, ce qu’ont dû faire 3 sur 10 en Belgique francophone. Cela a conduit à davantage utiliser de volontaires, ce qui a été le cas pour 47% d’associations en Flandre et 33% en Communauté française.

– Un message positif, enfin : le constat qu’une association sur deux recommence à investir dans les actions pour lesquelles elles ont été créées, leur core business donc. C’est sans aucun doute le résultat des économies et des rationalisations qu’elles se sont imposées.

Le baromètre dans son intégralité peut être consulté sur le site de la Fondation Roi Baudouin.

Contact

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