Près de 600 signataires au 23 décembre !

L’appel au dialogue lancé à l’initiative de Culture et Démocratie a été bien accueilli. Près de 600 signataires ont répondu à l’appel, en quelques jours seulement.

Publié par Le Soir le 21 décembre, en première page et sur toute la page 15, annoncé sur le site de La Libre et de l’agence Alter, l’appel a fait l’objet, sur la Première RTBf ce 22 décembre, d’une heure de débat dans l’émission de Fabienne Van de Meersch, de 12 à 13 heures. Gabriel Ringlet, Gérard Cobut, Frédérique Van Leuven, Bernard Devos, Alain Van Crutgen, y ont fait part de leurs points de vue personnels, de leurs raisons d’avoir adhéré à l’appel, de leurs espoirs.

Vous retrouverez ci-après le texte de l’appel, accompagné des noms des quelque 600 premiers signataires. Il est bon, en effet – les journaux ne peuvent généralement pas les publier – que les signataires d’un tel appel se connaissent…

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PRIVILÉGIER LE DIALOGUE, REFUSER LE NATIONALISME !

Un appel à l’initiative de Culture et Démocratie

Notre pays traverse une des plus graves crises de son histoire. Elle n’est pas seulement politique : elle est aussi culturelle et démocratique. Nombre de citoyennes et de citoyens s’en inquiètent.

Il y a quelques semaines, deux cents artistes et intellectuels flamands publiaient un appel contre le nationalisme (Solidariteit maakt een cultuur groot) . Ils sont aujourd’hui plus de 1.500 à l’avoir signé. Nous nous réjouissons de cette prise de position : elle confirme qu’il existe en Flandre un courant d’opinion qui se démarque clairement du mouvement nationaliste.

La culture déborde les frontières et défie les logiques de repli. De longue date, les écrits des auteurs flamands, leurs créations théâtrales et visuelles, leurs films, leur manière de chanter et de danser nous ont nourris et enrichis, nous francophones. Et la réciproque est vraie.

Nos cultures se sont construites sur l’échange de ces influences. Plus que jamais, nos identités individuelles et collectives – sont multiples. Le nationalisme nie ces échanges et ces enrichissements. Le populisme les combat aux Pays-Bas, en France, en Italie, en Suisse, en Hongrie… Mais ni le nationalisme, ni la démagogie, ni le populisme ne sont en mesure de relever les grands défis de notre temps.

Quelle que soit l’issue des négociations actuelles sur la réforme de l’Etat, nous attendons des responsables politiques qu’ils dégagent une solution respectant la dignité des uns et des autres. Qu’ils adoptent un cadre légal pour l’exercice effectif des droits culturels de chaque habitant. Même en cas de séparation, nos communautés auront plus que jamais besoin de s’ouvrir et de dialoguer l’une avec l’autre.

Nous attendons que la réforme de l’Etat apporte également des réponses justes aux défis économiques et sociaux. La crise belge n’échappe pas aux conséquences d’une économie mondiale à la dérive: l’explosion des inégalités au cœur de nos sociétés, la mise en cause des systèmes de solidarité sociale, l’écart croissant entre les pays riches et les pays pauvres de la planète, la destruction des ressources vitales constituent autant d’enjeux politiques, culturels et démocratiques. Les profits considérables réalisés par ceux-là mêmes qui ont provoqué la crise nous scandalisent et nous indignent. Ici comme ailleurs, nous avons besoin de réponses démocratiques fondées sur une culture réaffirmée de la solidarité.

Le vingt-et-unième siècle a besoin de créativité et d’audace, de solidarité et d’empathie. Ces valeurs, l’art et la culture nous les proposent de la plus belle manière qui soit. A condition de ne pas être instrumentalisés, à condition de ne pas être outils d’exclusion.

C’est pourquoi nous lançons un appel :
– à dénoncer toute utilisation abusive de l’identité culturelle des populations à des fins partisanes ;
– à développer une action culturelle libérée des préoccupations identitaires ;
– à encourager toutes les formes de dialogue entre nos artistes et nos communautés;
– à inventer des pratiques nouvelles de solidarités, à l’échelon local comme à l’échelle internationale ;
– à un investissement massif des Etats et de l’Union européenne dans le développement de la culture et de l’éducation ;
– à stimuler pensée critique et créativité afin de dégager progressivement des solutions pour répondre aux défis urgents auxquels doit faire face la planète.

Téléchargez l’appel ici.

Les signataires

Pour signer l’appel, il suffit d’envoyer un courriel à appel@cultureetdemocratie.be

Consultez la liste complète des signataires, le 22-12-10, à 16h30

(Vous avez signé et pourtant vous ne vous trouvez pas ? Rien de grave ! Envoyez un courriel à appel@cultureetdemocratie.be et nous rectifierons la situation le plus vite possible)