Les associations pèsent de plus en plus lourd dans l’économie Une croissance plus rapide que les autres secteurs

Les associations jouent un rôle de plus en plus important dans l’économie belge. Ce secteur a crû les 10 dernières années de manière plus forte que le reste de l’économie. Cette évolution s’est traduite notamment par une croissance régulière de l’emploi : plus d’un salarié sur dix – 11.5% – est actif dans une association, soit 431.700 personnes.

Le secteur associatif a contribué à créer plus de 119.000 emplois nets supplémentaires sur l’ensemble de la période 2000-2008, alors que le reste de l’économie générait environ 212.000 emplois nets supplémentaires. L’apport des associations au PIB a lui aussi augmenté : il se chiffre aujourd’hui à près de 5.1%.


Telles sont quelques-unes des conclusions révélées dans l’étude « Le Poids économique des associations en Belgique ». Une analyse quantitative que la Fondation Roi Baudouin et la Banque Nationale ont rendu publique ce 6 avril 2011.

Pour réaliser cette étude, les auteurs de la Banque Nationale se sont basés sur les chiffres du « compte satellite des institutions sans but lucratif (ISBL), des tableaux établis par l’Institut des comptes nationaux.  Cette étude porte sur la période de 2000 à 2008. Elle permet donc de dégager des tendances significatives.

Sous le terme de « compte satellite des ISBL », l’analyse de la BNB couvre toutes les asbl, les fondations, les ministres des cultes, les associations professionnelles, les organisations d’employeurs et les partis politiques. Les organisations soumises au contrôle des pouvoirs publics ne sont pas reprises. Les ISBL ne correspondent donc pas au secteur non-marchand (lequel reprend notamment les services publics) ou à celui de l’économie sociale (laquelle inclut des formes d’organisations comme certaines coopératives, les mutuelles et les sociétés à finalité sociale qui ne respectent pas strictement le critère de finalité non lucrative qui s’applique aux ISBL).

En outre, pour des raisons de disponibilité de données, seules les ISBL employant des travailleurs salariés sont prises en compte.

Quelques-unes des conclusions les plus marquantes:

• Le compte satellite des isbl en Belgique couvre 17.800 associations, dont la production totale s’élève à plus de 28,5 milliards d’euro. Les ISBL constituent donc un acteur appréciable du paysage économique. Ainsi, avec une part s’élevant à plus de 5% du PIB en 2008, le secteur des ISBL rivalise en poids avec d’autres secteurs d’activité importants tels que le secteur de la construction ou le secteur financier.

• Entre 2000 et 2008, la valeur ajoutée brute du secteur des ISBL a augmenté en moyenne de 6,8 p.c. sur base annuelle, alors que la croissance annuelle moyenne du PIB était de 4,0 p.c. Cette plus forte hausse de la valeur ajoutée des ISBL par rapport au PIB a induit une progression continue du poids des ISBL dans l’économie nationale. C’est ainsi que la part des ISBL dans le PIB est passée de 4,1 p.c. à  5,1 p.c.  entre 2000 et  2008.

Lorsque la variable de l’emploi est considérée, l’écart de croissance entre le secteur associatif et l’économie dans son ensemble est encore plus prononcé. En effet, sur la période 2000-2008, la croissance annuelle moyenne de l’emploi dans le secteur des ISBL a été de 4,2 p.c. contre 1,1 p.c. dans l’économie totale. Cette évolution témoigne à nouveau du rôle important joué par les ISBL sur le terrain de l’emploi : la part de l’emploi des ISBL dans l’emploi total dépasse largement les 11 p.c. en 2008 contre seulement quelque 9 p.c. en 2001.

• Les ISBL actives dans la branche de la santé contribuent pour près de 40 p.c. à la valeur ajoutée totale du secteur des ISBL, alors qu’elles ne représentent que 4 p.c. des institutions couvertes par le compte satellite des ISBL. Les ISBL reprises dans la branche de l’action sociale (centres d’accueil et de protection pour personnes en difficulté, les services d’assistance aux réfugiés, les activités de visites aux personnes âgées ou malades ou encore les organismes d’action sociale à compétence spécialisée tels que la Croix-Rouge et Médecins sans frontières) représentent 29 p.c. de la valeur ajoutée du secteur des ISBL.

• Si on examine l’apport des ISBL par branche d’activité, on constate que l’apport des ISBL en termes de valeur ajoutée est considérable dans la branche de l’action sociale, se chiffrant à 72 p.c. de la valeur ajoutée totale de cette branche. Cette contribution a par ailleurs progressé de près de 6 points depuis 2000. Une autre branche dans laquelle le poids des ISBL est en progression est celle de la santé puisqu’il y est passé de 41 à 45 p.c. entre 2000 et 2008. La place importante occupée par les ISBL dans les domaines de l’action sociale et de la santé doit être mise en relation avec le fait que l’on y retrouve beaucoup d’institutions offrant des services largement financés par les pouvoirs publics.

• Cette forte dynamique au niveau des ISBL se traduit par des créations nettes d’emplois ininterrompues sur la période analysée et ce, même lorsque le reste de l’économie subissait des destructions nettes d’emplois (en 2002 et 2003). Le secteur associatif a contribué à créer plus de 119.000 emplois nets supplémentaires sur l’ensemble de la période 2000-2008 (soit une moyenne de quelque 15.000 emplois créés par an), alors que le reste de l’économie générait environ 212.000 emplois nets supplémentaires. Globalement, le secteur des ISBL a donc concouru pour près de 36 p.c. à la création d’emplois entre 2000 et 2008.

• L’emploi salarié dans les ISBL a augmenté de 38 p.c. entre 2000 et 2008, contre une hausse cumulée de 7 p.c. dans le reste de l’économie.

• Ce phénomène de création d’emplois est généralisé à toutes les branches d’activité des ISBL. C’est dans les branches de la santé et de l’action sociale que l’emploi est le plus important en 2008 avec respectivement 144 600 et 153 500 salariés occupés dans des ISBL. Ces deux branches réunies totalisent ainsi près de 70 p.c. de l’emploi salarié total des ISBL

Vous trouverez ici les tableaux qui résument ces données-clefs.

L’étude peut être téléchargée gratuitement sur ce site ou commandée au 070-233.728.

Plus d’informations :  kristin.bosman@nbb.be, Banque Nationale, 02 221 46 28