Le problème de la dette est résolu. Le Wiels peut repartir de plus belle.

Guy Duplat / Mis en ligne le 09/07/2011

Le centre d’art contemporain Wiels connaît un beau succès public et critique. Les expos Luc Tuymans, Ann Veronica Janssens, Francis Alÿs et David Claerbout furent de très beaux moments. Et l’implication sociale du Wiels dans ce quartier de Forest tient fort à cœur à Charles Picqué, le ministre-Président, soucieux comme il le dit d’« assurer la pérennité du processus de rénovation urbaine entamé par la reprise du bâtiment Blomme ». Mais un gros problème restait : une dette de près de 3 millions d’euros, liée à la rénovation du bâtiment et au refus de l’inspection des Finances d’autoriser le fonds fédéral Beliris de le payer.

Longtemps on a craint que les créanciers fassent fermer ce centre reconnu sur la scène internationale, mais ce vendredi, le vice-président du Wiels, Pierre Iserbyt, son directeur Dirk Snauwaert et Charles Picqué ont longuement expliqué la solution trouvée. La présence de Picqué était un signe de l’implication de la Région dans l’avenir de ce bâtiment (qui d’ailleurs lui appartient) et de ses activités.

Après l’’expo en cours sur Charlotte Beaudry, le Wiels présente en septembre, une vaste rétrospective de l’artiste polonaise Alina Szapocznikow, une expo déjà réclamée à l’étranger.

Il fallait donc 3 millions d’euros (les 2,75 millions promis mais non payés par Beliris, les intérêts de retard et les dépassements de budgets). La Région a accepté d’être garante d’un emprunt de 1,5 million sur 25 ans, conclu avec Dexia. Ce qui implique un remboursement annuel de 100 000 euros au Wiels. Les créanciers (ING, CIT Blaton, Art and build, etc.) ont accepté de céder un tiers de leurs créances (préférant récupérer les deux tiers plutôt que de risquer de tout perdre). La TVA, qui faisait partie des créanciers (il y a eu un contentieux sur le niveau de taxation des travaux), a aussi accepté un étalement des remboursements.

Il restait encore un million d’euros à rembourser à CIT Blaton qui a accepté d’étaler cette dette sur dix ans, sans intérêts. Ce qui signifie aussi une charge annuelle de 100 000 euros pour Wiels.

Bref, le centre d’art devra, pour apurer sa dette, payer 200 000 euros par an, pendant dix ans et ensuite 100 000 euros pendant quinze ans, ce qui, selon Pierre Iserbyt, ne mettra pas en péril le fonctionnement du Wiels. Même si les subventions restent nettement en deçà des espérances. La Communauté flamande paie 600 000 euros par an et la Communauté française, 150 000 euros. Le Wiels espère aussi que la Région bruxelloise, qui a déjà fait un gros effort sur le bâtiment, dégagera encore de moyens pour l’emploi et le rayonnement de Bruxelles.

Les 2,75 millions promis par Beliris mais bloqués restent acquis au Wiels, a promis la ministre Laurette Onkelinx, chargée de Beliris, mais pour de nouveaux projets, qui seront exécutés sous l’étroite surveillance de Beliris. Ces projets portent sur l’amélioration de l’accueil (aménagement d’un auditorium, la demande existe, amélioration de l’accueil au dernier étage et sur le toit, ainsi qu’aux ateliers d’enfants). Ce budget servira aussi à optimiser le bilan énergétique du bâtiment.

Enfin, signe des bonnes relations avec la Région, celle-ci a prolongé le bail emphytéotique avec le Wiels de 27 ans supplémentaires (jusqu’au-delà de 2055 !).