RENCONTRE DU 30/9 A DINANT :

« LES CENTRES CULTURELS ET LA CONSTRUCTION PARTAGEE DU TERRITOIRE »

PROPOSITION de texte de base pour l’INTRODUCTION de la journée

Vous le savez, un nouveau cadre légal se prépare pour notre secteur. Un groupe de travail constitué de représentants désignés par la 3C, de responsables de Centres culturels et de représentants de l’Administration est mis en place pour établir et développer les axes de la réforme – l’ASTRAC y est représenté par Vincent Bertholet. Parmi les questions à l’étude : la (re)définition des missions ou du métier « de base » des Centres culturels, la problématique des territoires de référence, l’encadrement des missions spécifiques ou les spécialisations développées par certaines structures.

Un concept important qui sous-tend les travaux est celui du « rôle d’ensemblier » des Centres culturels. Un rôle que nos décideurs souhaitent activer, renforcer ou accompagner davantage.

« Ensemblier », c’est mettre ensemble, relier, établir des liens. Entre des pratiques et/ou des stratégies culturelles, ou afférentes. Pour contribuer à un décloisonnement et une mise en cohérence des politiques culturelles au sens large tout en en amplifiant leurs incidences.

C’est une évidence : l’action culturelle touche à tous les domaines de la société. Le travail des Centres culturels est donc souvent conçu et conduit en complémentarité ou en synergie avec d’autres opérateurs.

Ces collaborations, qui peuvent avoir lieu soit dans un contexte territorial soit autour d’une certaine thématique, question, discipline, sont parfois des vraies réussites et nos décideurs et financeurs n’ont pas manqué de le remarquer.

Les invitations (voire excitations) au partenariat se sont multipliées ces dernières années. L’attente étant de pouvoir générer – dans un contexte budgétaire contraignant – des plus-values de nature qualitative (du neuf, de l’innovation) ou quantitative (des « économies d’échelle »).

Le décret 1992 toutefois n’entrevoyait pas nécessairement cette évolution et les pratiques de concertation, de partenariat, de mise en réseau des Centres culturels ont donc fini par éclater les contours fixés par ce décret pour l’évolution de notre secteur.

Pour retracer rapidement ces contours, quatre notions-clefs sont à rappeler :

(1)  territoire : l’action des Centres culturels est territoriale, elle couvre un territoire bien précis qui est celui d’un arrondissement pour les régionaux ou d’une commune pour les locaux, très rarement de plusieurs communes associées – en tout cas, un territoire figé, considéré de façon administrative ;

(2)  généralisme: les Centres culturels développent une action polyvalente, leurs missions sont multiples et diverses et tous les Centres Culturels poursuivent ces mêmes missions, même si l’amplitude est différente selon leur catégorie ;

(3)  isolement ou dissociation, car la coopération entre Centres culturels n’est inscrite que dans les missions des régionaux qui dans la pratique ne jouent pas tous ce rôle ;

(4)  cloisonnement ou sectorisation puisque il n’est pas prévu que les Centres culturels participent à ou soient impliqués dans les politiques mises en place par les autres secteurs du Ministère de la Culture (à part les arts de la scène via les tournées Art et vie), ni par les autres Ministères de la Communauté, et encore moins dans les politiques de la Région ou du Gouvernement fédéral.

Il est clair que ces notions-clefs, ces contours de notre cadre légal sont au moins en partie dépassés par les réalités du terrain. Que ces réalités nous invitent à les repenser, à les reformuler.

Il est clair aussi que (même s’il est vrai que nous vivons à l’heure de la collaboration…) dans notre travail sur le terrain tous les jours ces collaborations ne sont pas toujours aisées.

Elles chamboulent notre cadre réglementaire, elles peuvent chambouler également le fonctionnement quotidien.

Comment concevoir alors notre « rôle d’ensemblier » ?

Avec qui se lier ?

Dans quel contexte territorial, autour de quel projet thématique ?

Pourquoi ?

Pour produire quoi ?

Par quelle méthode ?

Par quelle organisation du partenariat ?

Voilà quelques questions « fil rouge » des quatre rencontres thématiques de notre projet « Les Centres culturels au cœur de la culture ? ».

Un projet qui a pour but de repérer les relations et partenariats des Centres culturels, d’en identifier les critères de réussite et de se pencher sur les questions encore à résoudre.

Un projet qui est mené en parallèle aux travaux réalisés ailleurs pour préparer un nouveau décret et qui vise à favoriser la prise en compte de la réalité du terrain dans ces travaux.

L’ASTRAC vous invite donc à participer ou à vous faire entendre, en tant que professionnel du secteur, dans ce débat public.

Plus concrètement quatre rencontres thématiques sont prévus cet automne, chacune avec un thème qui interroge une des quatre notions-clefs évoquées tantôt :

(1)  territoire – Les Centres culturels et la construction partagée du territoire, aujourd’hui à Dinant

(2)  généralisme – Les relations des Centres culturels pour une action spécialisée ou une concertation thématique , le mardi 12 octobre à Huy

(3)  isolement – Les Centres culturels et les plans culture, le vendredi 22 octobre à La Louvière

(4)  sectorisation – Les partenariats hors champ pour un décloisonnement de la culture, le mardi 9 octobre à Ottignies.

Notre rencontre d’aujourd’hui, la première des quatre, est consacrée au(x) territoire(s) des Centres culturels.

Le territoire : une réalité inéluctable, mais une notion complexe, en mouvement et donc assez floue.

Contestée et jugée arbitraire par certains, exaltée et qualifiée comme étant naturelle et évidente par certains autres, empreinte d’émotions et de symboles.

Le rapport avec l’espace s’impose, mais n’est jamais évident.

Comme évoqué, le décret de 1992 part d’une définition administrative du territoire du Centre culturel ; ce territoire est celui de l’entité communale ou de l’arrondissement sur lequel le centre se situe.

Dans la réalité du travail, la zone de chalandise, d’influence et d’action d’un Centre culturel n’est jamais limitée strictement à l’arrondissement ou à la commune sur laquelle il se trouve. D’autres critères économiques, sociaux, de mobilité, politiques, culturels, humains, … sont souvent bien plus déterminants.

Quels sont les critères pertinents pour définir le territoire d’un Centre Culturel ?

La question est importante, puisque ces facteurs – objectifs ou subjectifs – qui sont à la base de la délimitation, de la définition de notre territoire de « couverture » peuvent nous aider par la suite à l’analyser, à le saisir et à mieux fonder ou à mieux orienter notre action, nos différents projets.

Ce travail d’appréhension, d’analyse du territoire, de diagnostic territorial se fait – a été réalisé – à plusieurs endroits.

En adoptant des méthodes et des outils différents, plus ou moins élaborés.

Très souvent dans le cadre d’un travail concerté – d’où la notion de « diagnostic partagé ».

Quels sont les acteurs qui ont été associés à ce travail ?

Quels méthodes et outils ont-ils appliqués ?

A quoi leur travail, a t’il servi ?

Quelles difficultés ont-ils rencontrées ?

Les témoignages de Culture.Wapi, de Prospect 15 et du Centre culturel de Walcourt qui nous occuperons durant la demi-heure qui suit nous livreront déjà quelques premières réponses.

Nous travaillerons ensuite ensemble pour livrer, comparer, structurer et synthétiser nos différentes expériences et en déduire, si possible, quelques propositions concrètes pour le nouveau décret.

Notre animateur sera Patrick Hullebroeck, directeur de la Ligne de l’Enseignement et de l’Education permanente.

Patrick Hullebroeck est formateur en animation socioculturelle, conception, organisation, mise en oeuvre et évaluation de projets, conduite de réunion et négociation. Il est chargé, dans le courant de l’automne 2010, d’animer une formation « Construire et animer un partenariat » pour l’APEF.

Liesbeth Vandersteene, ASTRAC

30 septembre 2010