La ministre de la Culture comprend l’inquiétude, mais n’entend pas se faire dicter l’agenda.

La prochaine remise à plat de toutes les aides publiques aux arts de la scène (les centaines de dossiers doivent être introduits avant mardi) crée une inquiétude que la ministre de la Culture, Alda Greoli, dit comprendre. On a vu un directeur de théâtre (le Public) appeler à manifester lundi devant son cabinet contre les économies imposées au secteur et les compagnies théâtrales réclamer un rééquilibrage des moyens en leur faveur par rapport aux moyens pour les théâtres.

La ministre ne veut pas se laisser dicter son agenda et fera sa rentrée le 3 février à la salle Rockerill de Charleroi, en guise de clôture après deux ans de l’opération « Bouger les lignes ». Mais elle a répondu mercredi à des questions parlementaires sur ces sujets et sera ce jeudi en commission pour donner son avis sur le rapport Kurt Salmon, qui étudie les chiffres économiques des théâtres.

On peut résumer ses prises de positions comme suit. A propos des économies 2017 dans le secteur, le 1 % de moins est la simple prolongation de celui décidé en 2015, il n’y a pas cumul. Et la non-indexation des subsides prendra fin dès 2018 avec les nouveaux contrats-programmes. Elle annonce qu’elle se battra lors de l’ajustement budgétaire pour obtenir cette réindexation dès 2017.

Refus des fusions

On sait aussi que l’octroi unilatéral, alors qu’on est en pleine remise à plat, d’un million supplémentaire à Charleroi et d’un million et demi à Mons, avait suscité beaucoup d’émoi. Alda Greoli assume ses choix, mais elle a précisé que pour Charleroi le montant pérenne serait étudié comme le reste par les commissions d’avis et qu’il n’y aurait pas de passe-droit. Et pour Mons, ce n’est pas un montant pour l’ex-Manège, mais pour des projets en 2017 qui concerneront toute la Communauté française et prolongeront l’impact de Mons 2015.

Enfin, pour la ministre, le rapport Salmon a utilement insisté, dans la ligne du décret, sur les mutualisations possibles comme pistes d’économies, et les projets reçus sont nombreux à en tenir compte. Par contre, elle a toujours dit qu’elle refusait les fusions imposées d’institutions, piste ébauchée par Kurt Salmon, étant farouchement attachée à la liberté d’association.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 12/01/2017)

On trouvera ci-joint le texte complet de l’audit demandé par le Conseil communal de Mons à la Fédération Wallonie -Bruxelles en février dernier, après l’annonce de 19 licenciements au Manège.Mons.

Cet audit terminé en août dernier n’avait jusqu’ici pas encore « fuit ». Vendredi matin, le journal « La Province » relayé par Belga, annonçait que Mauro Del Borello et Yves Vasseur, respectivement ancien directeur général et ancien administrateur général de Mons 2015, représentaient un coût de 20.000 euros par mois pour chacun d’eux, sans tenir compte de leur voiture de société. Si l’audit estime que c’est logique dans le cas d’Yves Vasseur, qui était commissaire général de la capitale européenne de la culture, il fustige les émoluments de Mauro Del Borrello. « Le coût annuel de l’administrateur général atteignait à lui seul quasi l’équivalent de la subvention annuelle de deux centres culturels locaux », souligne l’audit.

On lira ci-dessous que ce n’est qu’un des éléments, certes « choc », de l’audit et qui, de plus, avait déjà été révélé en janvier dernier. La lecture de l’audit montre comment la nécessité de Mons 2015 -une bonne chose-a entraîné des structures et des coûts qui seront aussi la cause des déboires futurs. Depuis janvier, le Manège a licencié » 20 personnes, a coupé ses liens avec Maubeuge et s’est transformé en une nouvelle structure avec le nouveau nom de « Mars » , dirigée par Philippe Degeneffe, tirant déjà les conséquences de bien des remarques de l’audit.

Retrouvez le texte complet de l’audit ici.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 16/12/2016)

BPS22, musée de la photo, théâtre de l’Ancre et salle Rockerill, sont fortement augmentés.

Ce vendredi n’était pas le jour de Saint-Nicolas, mais ce fut néanmoins l’heure des cadeaux justifiés pour quatre grandes institutions culturelles de Charleroi. La ministre de la Culture Alda Greoli (CDH), accompagnée du bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS) a annoncé la bonne nouvelle dans les salles du BPS 22, le centre d’art contemporain.

Dans le cadre du plan de redéploiement de la ville qui mise en particulier sur la culture comme vecteur d’émancipation sociale, la ministre refinance fortement, dès 2017, les quatre institutions phares que Magnette avait mises en avant :

-Le BPS22 était sans moyens suffisants dans son nouveau et très beau bâtiment. Il demandait que sa subvention de la Communauté augmente de 300000 euros. Il les obtient et ce sera pérenne.

-Idem pour le le beau Musée de la photographie qui avait dû, faute de moyens, réduire sa programmation à deux expos par an. Il reçoit 200000 euros de plus et la possibilité de se remettre à niveau.

-Le Théâtre de l’Ancre qui va recevoir d’ici trois ans une toute nouvelle salle de 400 places dans un nouveau bâtiment devait avoir davantage de moyens pour s’y préparer. Ses subsides de 800000 euros par an sont augmentés de 300000 euros dès 2017 et cet apport reste acquis pour les futurs contrats-programme.

-Enfin, la salle Rockerill sur le site des anciennes forges de la Providence est une scène de musique alternative et de résidences d’artistes. Elle reçoit aussi 200000 euros de plus.

Rééquilibrage

Au total, Charleroi reçoit donc un million d’euros de plus pour sa culture de la part de la ministre de la Culture. « J’ai travaillé, nous dit-elle, en étroite symbiose avec le ministre-président Rudy Demotte (PS). J’ai eu la chance de voir mon budget culture augmenter de 3 % pour 2017. Peu de ministres de la culture en Europe peuvent avoir cette chance. Et j’utilise une partie de cela pour répondre dès 2017 aux besoins de Charleroi. Cet argent n’est donc repris à personne. Je ne voulais pas non plus saupoudrer cette somme et préférais de vrais choix en répondant à un plan de redéploiement qui s’adresse aussi aux jeunes, au public autour de Charleroi et qui aide les institutions de Charleroi à se produire hors des frontières ».

C’est la ville qui a fait le choix de ces quatre institutions et n’y pas mis par exemple Charleroi/Danses ou le PBA/Eden.

On peut voir aussi dans cette annonce un effet du rééquilibrage demandé par rapport à Mons 2015 mais aussi par rapport aux budgets culturels alloués à des villes comme Liège et La Louvière.

Pierre-Olivier Rollin du BPS22, Xavier Canonne du musée de la photographie et Jean-Michel Van den Eeyden du théâtre de l’Ancre avaient trouvé un relais chez Paul Magnette, le président du gouvernement wallon mais aussi le bourgmestre en titre de Charleroi pour remettre à plat ces aspects régionaux de la politique culturelle, surtout dans le contexte de l’après Mons 2015 et des moyens qui pourraient ainsi se dégager.

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre (mis en ligne le 25/11/2016)

Le centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne s’avoue pas vaincu.

Suite à la décision du conseil communal de la Ville de Bruxelles prise lundi soir, à huis clos, majorité contre opposition (majorité socialiste libérale – 24 pour et opposition CDH, Ecolo, Défi, N-VA – 15 contre), d’attribuer la concession du Cirque royal à partir du 30 juin 2017 à Brussels Expo, le centre culturel du Botanique a décidé d’entrer une requête en suspension d’extrême urgence auprès du Conseil d’Etat. L’action vise à priver d’effet la décision qui a été prise et à empêcher toute conclusion de contrat en faveur de Brussels Expo. Pour rappel, le Cirque royal est géré, depuis 1999, par le Botanique, centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles – qui n’a pas démérité, produisant 600 groupes par an et 250 concerts.

En 2015, la Ville, propriétaire de la salle et désireuse de la reprendre dans son giron, résilie le contrat d’exploitation. Avant d’être obligée, en raison d’un recours du Botanique, de lancer un appel à projets. Le Botanique et la société Sportpaleis (en initiative conjointe), d’une part, Brussels Expo, de l’autre, y répondent. Cette dernière est retenue. Sans grande surprise peut-on dire, puisqu’il s’agit d’une ASBL de la Ville – dont le président du CA est l’échevin Philippe Close.

Deux causes principales sont invoquées (parmi de nombreuses autres répertoriées) par le Botanique. La première concerne un conflit d’intérêt. Il vise le bourgmestre Yvan Mayeur et un échevin, Philippe Close, respectivement membre et président du conseil d’administration de l’association qui a été choisie – Brussels Expo. La seconde concerne des points évoqués lors de l’appel d’offres. Alors que dans un premier temps, il aurait été question de faire de Bruxelles une capitale musicale, les termes auraient été requalifiés en « développements pluridisciplinaires ». Les critères auraient-ils été changés en cours de procédure ? C’est la question que se pose le Botanique, qui parle d’« injustice » ainsi que de confusion entre le rôle d’un exercice de gestion de la cité et la reprise d’activité à un opérateur, le Botanique, qui semble avoir fait ses preuves. Affaire à suivre. Encore et toujours.

Auteur: Marie-Anne Georges
Source: La Libre (mis en ligne le 22/11/2016)

Un an après les attentats de Paris, les différentes institutions culturelles bruxelloises n’ont toujours pas retrouvé les mêmes niveaux de fréquentation qu’avant les attaques, selon la ministre de la Culture, Alda Greoli.

Interrogée mercredi en plénière du Parlement par le député Dimitri Legasse (PS) sur le sujet, la ministre centriste a indiqué que les attentats de Paris, le « lock down » qui a suivi à Bruxelles et le climat de peur générale qui a suivi ont entraîné une réduction moyenne de 40% des rentrées pour les institutions culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le phénomène a touché autant les cinémas que les théâtres ou les musées.

Un an plus tard, si le secteur culturel a globalement retrouvé ses niveaux de fréquentation pré-attentats en Wallonie, la situation reste toutefois toujours difficile dans la capitale, a-t-elle reconnu.

Interrogée sur le soutien que la Fédération pouvait apporter à ce secteur meurtri, Mme Greoli a répondu ne pas être compétente pour l’octroi d’une aide financière directe. Elle a toutefois dit étudier d’autres voies pour soutenir le secteur.

Auteur: Agence Belga
Source: La Libre (mis en ligne le 16/11/2016)