Culture et Démocratie s’associe au mouvement de protestation lancé par l’artiste Bernard Villers lors de la fermeture sine die du Musée d’art moderne. Ce mouvement auquel participent artistes, enseignants, intellectuels, amateurs, citoyens au sens large, s’est donné pour objectif de mettre en question cette décision unilatérale de fermeture et plus largement, une politique muséale trop inféodée à l’événement et aux séductions trompeuses du marketing culturel.

Car la question déborde largement le sort des collections d’art moderne. Toute la collection (art ancien et art moderne) des Musées royaux des beaux-arts fait les frais, depuis plusieurs années, d’une politique de dévitalisation sourde et continue qui soustrait au public une très grande partie des œuvres désormais confinées dans les réserves.

S’agissant d’une institution publique fédérale, dont la mission est tout à la fois de conserver, de développer et de diffuser les collections, nous nous élevons avec force contre ce qui constitue à nos yeux – et particulièrement pour ce qui est de l’art moderne – une véritable confiscation de patrimoine. Qu’il y ait, simultanément, une réflexion sur un éventuel projet de musée d’art moderne dont on sait qu’il ne peut voir le jour avant plusieurs années ne dispense pas l’institution de revenir sur la décision de mise au placard de la collection d’art moderne.

Familiers ou non des beaux-arts, tous les citoyens de ce pays et singulièrement les jeunes sont les détenteurs ultimes du capital culturel et artistique conservé dans ce musée.
Les touristes qui visitent Bruxelles et son musée des Beaux-arts ont certainement une curiosité susceptible de déborder l’œuvre de Magritte et un ensemble, même exceptionnel, « fin de siècle » qui se trouverait plus judicieusement exposé aux Musées du Cinquantenaire.
A défaut, il appartient à la Direction du musée, par l’étendue de ses choix et l’intérêt de ses propositions, de la stimuler ! Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Donner à tous l’accès – matériel et cognitif – à l’ensemble de la collection, faire une place significative aux œuvres du XX° et du XXI° siècle, réaliser cela avec une ambition démocratique et une inventivité comparables à celles des grands musées d’Europe et du monde, voilà très concrètement ce que nous demandons à la Direction des Musées royaux des Beaux-arts de Belgique et aux responsables politiques.

Nous vous proposons de vous associer à ce mouvement dont les actions ont retenu l’attention de la presse en signant massivement la pétition qui vous est proposée par le collectif musée sans musée et en ralliant le rassemblement des protestataires qui a lieu chaque premier mercredi du mois à 13h00 dans le hall du musée. Venez-y en force !

Sabine de Ville

A lire : l’article très éclairant de Colette Dubois et une interview de Michel Draguet, directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique dans Flux News, n° 55, p 12-13. A lire également l’article de Raymond Balau dans L’Art même (une revue de la Communauté française).

Informations et signature de la pétition via le site.
Adresse de contact : museesansmusee@skynet.be