Jeudi, le 4e prix “Arts Libre”a été attribué à l’unanimité à Emmanuel Bayon.

C’est devenu une excellente habitude. Jeudi soir, Albert Baronian, président du jury, a remis le prix « Jeune artiste Arts Libre 2012-2013 » au jeune Français Emmanuel Bayon, né en 1988, habitant Tournai, lors d’une réception à la Médiatine, à Bruxelles, où tous les travaux sélectionnés seront exposés jusqu’au dimanche 26 mai et où sera organisée plus tard, une exposition monographique autour du lauréat.

« Arts Libre » est, on le sait, associé depuis deux ans à la Médiatine (le centre culturel Wolubilis de Woluwe-Saint-Lambert), dynamique centre d’art bruxellois dirigé par Solange Wonner, situé au milieu d’un parc très agréable.

Le jury, cette année, avait à choisir entre dix jeunes artistes sélectionnés par quatre de nos critiques : Jean-Marc Bodson, Camille de Marcilly, Claude Lorent et Roger Pierre Turine. Le jury était composé du galeriste Albert Baronian, de Xavier Canonne, directeur du musée de la Photographie de Charleroi, de Rodolphe Janssen, galeriste, de Nancy Casielles, curatrice au BPS22 à Charleroi, d’Alain Servais, collectionneur, de Solange Wonner, directrice de la Médiatine à Woluwe-Saint-Lambert et de Jean-Pierre Lambert, responsable graphique à « La Libre Belgique ».

Les trois dernières années, le prix organisé par « La Libre Belgique » avait couronné, Julien Dubuisson en 2010, Beata Szparagowska en 2011 et Hamza Halloubi en 2012. Le lauréat du prix « Arts Libre » 2012 pourra exposer en solo à la Médiatine en novembre 2014 et une monographie sur son travail sera alors éditée par le centre culturel Wolubilis.

La sélection, cette année, présentée dans « Arts Libre » comprenait : Emmanuel Bayon, Mélanie Geray, Zaza Bertrand, Aurélie Gravas, Romain Cadilhon, Annabelle Milon, Delphine Deguislage, Cédric van Turtelboom, Morgane Deffense et Thomas Vanden Driessche. Remarquons que la moitié d’entre eux, un hasard, sont des Français résidant chez nous ! « Il est vrai que c’est un vrai phénomène , explique Albert Baronian. Dans plusieurs grandes académies belges, la majorité des étudiants sont français. Cela montre le caractère cosmopolite de Bruxelles et, sans doute, ces Français s’inscrivent-ils plus aux concours pour montrer leur intégration. » Les candidats avaient travaillé toutes les catégories : photographie, peinture, sculpture, installation, interventions dans l’espace public, dessins, porcelaine. Rappelons quels étaient les critères de sélection : pas d’appel à candidature, avoir moins de 35 ans, être Belge ou vivre en Belgique, être « l’auteur d’un univers construit, d’une œuvre aboutie et de qualité« .

« Le choix du jury a été très rapide et unanime, nous dit Albert Baronian, en faveur d’Emmanuel Bayon. C’était le travail le plus original, le plus abouti. Il y a chez lui un côté intervention dans la ville, humaniste. » Emmanuel Bayon intervient partout où l’espace public présente des blessures, des manques, des cicatrices non refermées, des trous, des structures cassées. « Il agit à la manière d’un secouriste de la Croix-Rouge. Dans une sorte d’esthétique de l’urgence » , explique Claude Lorent.  » On a aimé aussi chez lui l’utilisation du rouge, référence au sang de la ville, continue Albert Baronian. Son côté interventionniste qui montre du doigt ce qui ne va pas dans notre quotidien, dans notre urbanisme. On a aimé ce rapport à la ville, un peu comme – en inverse – ce que faisait Gordon Matta-Clarck. Et il y a sa manière de référencer par la photographie et la vidéo. Je ne pourrai plus traverser la ville et voir du rouge sur mon environnement sans penser à ses interventions. »

Auteur: Guy Duplat
Source: La Libre 

Exposition à la Médiatine, allée Pierre Levie, 1 (anciennement : chaussée de Stockel, 45), Woluwe-Saint-Lambert, gratuit, ouvert les vendredis, samedis et dimanches, de 14 à 18h. Jusqu’au 26 mai.