De nombreux artistes s’unissent le 1er avril à Anvers pour pousser un cri d’alarme.

A quelques semaines des élections, les artistes se rassemblent pour dénoncer les coupes budgétaires drastiques opérées dans la majorité des pays de l’Union européenne. Une pétition – www.pasennotrenom.be, qui a déjà réuni plus de 3 000 signataires – transmet leur appel : « Sauvez la culture ! »).

Le 1er avril, une grande soirée de solidarité ouverte au public est organisée au Toneelhuis à Anvers réunissant des dizaines d’artistes – Caroline Lamarche, Jacques Delcuvellerie, Josse De Pauw, Mourade Zeguendi, Daan…

Triste constat

Les artistes dénoncent l’« hécatombe«  partout en Europe : «  La Grèce ne compte plus que 2 000 gardiens de musées pour un total de 19 000 sites archéologiques »«  L’Unesco rappelle à l’ordre l’Italie qui n’administre plus le site de Pompéi et y tolère des bâtiments illégaux . » Non seulement les budgets des compagnies et des institutions culturelles contemporaines sont souvent sabrés, mais la « simple » préservation du patrimoine, extrêmement précieux, n’est plus possible. « Trop d’austérité tue » , explique l’écrivaine Caroline Lamarche. A ce triste constat s’ajoute leur frayeur face au « Livre vert sur les industries culturelles et créatrices » de la Commission européenne qui commence ainsi : «  Si l’Europe veut rester compétitive, elle doit mettre en place des conditions permettant à la créativité et à l’innovation de s’épanouir dans une nouvelle culture entrepreneuriale. » Les spectateurs, lecteurs, auditeurs ne seraient donc plus que des consommateurs, souligne Caroline Lamarche, et «  les artistes se métamorphoseront en producteurs de marchandises. La culture et les arts seront réduits à des articles de commerce «  . «  Dans ce livre vert, pas une seule fois ne figure le mot ‘art« , remarque l’écrivaine. «  On n’emploie plus ce terme devenu un gros mot « , ajoute Philippe Sireuil, metteur en scène.

Identité européenne ?

Comment construire un sentiment de cohésion au sein de l’Union sans communication, sans arts, sans culture ? Les frontières existent bel et bien puisque la mobilité des artistes est considérablement réduite, explique le collectif. «  Les artistes rapportent de l’argent mais ce n’est pas la raison de leur existence « , rappelle Caroline Lamarche. En effet, « c’est à la culture qu’on reconnaît le degré de civilisation«  .

Auteur: Camille de Marcilly
Source: La Libre (mis en ligne le 27/03/2014)